Photo appliquée ou artistique, les deux façons d'exercer le métier de photographe

Par Simon Mauvieux, publié le 11 Juillet 2022
4 min

Depuis le 4 juillet, Arles accueille les rencontres de la photographie, le rendez-vous incontournable des professionnels et des amateurs de la photo. Focus sur ce secteur qui demande une bonne organisation et une grande capacité d’adaptation. Car pour faire carrière, il faut savoir jongler entre plusieurs spécialités.

En photographie, deux grands domaines sont à discerner : d'un côté, la photographie appliquée, soit le portrait, le reportage, les photos de mariages, d’animaux, et tous les types de photos effectuées pour un prestataire. Des commandes qu'il est possible de réaliser en ayant acquis des bases techniques après un BTS audiovisuel ou photographie, une école de journalisme, ou une école comme l’ENS Louis Lumière.

De l'autre, une photographie plus spécialisée, à savoir la photo artistique, documentaire ou scientifique. Les écoles supérieures d’art sous tutelle du ministère de la Culture comme l’ENSP (école nationale supérieure de la photographie) à Arles offre ce type de formation. Moins techniques, ces cursus permettent aux étudiants de réfléchir au rôle de l’image et d’aller vers la recherche ou le monde de l’art.

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Photographie appliquée, savoir jongler entre les commandes

Teresa Suarez, photographe de 29 ans, avec huit ans d’expérience dans ce milieu, alterne entre reportage pour la presse, photographies d’entreprises ou commandes pour des associations. Si ses débuts n’ont pas été très rentables, elle s’est accrochée et a fini par développer son carnet d’adresses. "Au début, ça peut être du bénévolat, pour des associations ou dans des groupes d’étudiants en photos. Et puis petit à petit, mes rencontres ont fait qu’on m’a rappelée pour des commandes, mon nom a circulé et j’ai pu travailler pour plusieurs clients", explique-t-elle.

Des portraits pour des maisons d’édition, aux reportages pour la presse, en passant par des photos d’événements comme des mariages ou des manifestations, Teresa ne s’est jamais cantonnée à un seul domaine : "Je trouve ça bien de tester au maximum différentes choses", conseille-t-elle.

Pour elle, les contrats les plus rémunérateurs, ce sont les photos "corpo", soit des commandes d’entreprises ou d’associations, qui s’apparent davantage à de la communication. "Le corpo, c’est une erreur de passer à côté. Ce sont de grosses journées et il faut assurer techniquement, mais c’est ça qui m’a permis de partir en reportage ensuite et de faire ce que j’aime." Son dernier conseil pour percer : toujours penser à développer son style personnel pour être identifiable au premier coup d'œil.

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Photojournaliste dans les années 1990, Giles Saussier ne trouvait plus de sens à travailler pour la presse. Aujourd’hui artiste et professeur à l’ENSP d’Arles, il forme des étudiants à "penser la photographie". "Nos élèves peuvent devenir commissaires d’exposition, attachés de conservation, travailler dans la médiation culturelle ou artistique", détaille-t-il.

À l'instar de la photographie appliquée, il estime que de nombreuses voies permettent de gagner sa vie dans la photographie artistique. "Il y a toujours des commandes, mais aussi la vente d’œuvre ou de tirages, l’enseignement, la recherche grâce à des bourses ou encore le montage d’expositions et enfin, des compétences vraiment techniques comme la retouche numérique", énumère-t-il.

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