1. Les Bachelors des ESC : dans la cour des grands
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Les Bachelors des ESC : dans la cour des grands

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Sur les bancs de Grenoble École de Management, 75 nationalités sont représentées. // © GEM
Sur les bancs de Grenoble École de Management, 75 nationalités sont représentées. // © GEM

Les ESC (écoles supérieures de commerce) ont développé ces dernières années des Bachelors en 3 ans. Des “petites sœurs” qui s’inspirent de plus en plus des ingrédients du programme des grandes écoles.

Dans le paysage des formations bac+3, les Bachelors des ESC sont la garantie d'une formation de qualité : elles sont reconnues par l'État et les deux tiers sont visées par le ministère. L'intérêt ? Profiter de l'effet groupe et du rayonnement de la marque à des tarifs moins élevés que ceux de la grande école : il faut compter entre 4.500 et 8.000 € par an pour un Bachelor, contre 7.500 à 13.500 € pour un programme grande école.

Une ouverture internationale

Choisir le Bachelor d'une ESC, c'est d'abord profiter d'un corps professoral de haut niveau. Mais aussi d'une forte ouverture internationale, qu'il s'agisse des étudiants, des professeurs, des accréditations ou des partenaires internationaux. La plupart de ces Bachelors imposent désormais une expérience à l'étranger.

À l'EM Normandie, les étudiants doivent cumuler au minimum 2 mois de stage à l'étranger et 2 semestres dans l'une des 25 universités partenaires (Allemagne, Canada, Mexique, Norvège, etc.). Dans certaines écoles, les Bachelors peuvent profiter des implantations à l'étranger du groupe.

À TBS (Toulouse Business School), ils ont par exemple la possibilité d'opter dès la première année pour le campus de Barcelone. Plus de la moitié des Bachelors d'ESC proposent aux étudiants motivés des doubles diplômes.

En troisième année du Bachelor ESIAME (qui dépend de l'ESSCA), à Angers (49) et Cholet (49), Floriane (voir son témoignage) a été acceptée dans une université danoise sur un programme 100 % en anglais : "Je tenais à partir une année complète : c'est mieux pour l'apprentissage de la langue, et avoir un double diplôme est un petit bonus sur le CV", précise l'étudiante qui rêve de travailler à l'étranger.

Plusieurs Bachelors ont aussi récemment revu leurs maquettes pour offrir davantage d'enseignements en anglais. L'IPAG Business School et l'ESC Dijon proposent un parcours 100 % en anglais dès la première année.

Une vraie vie de campus

Opter pour un Bachelor adossé à une ESC, c'est aussi profiter d'une vraie vie de campus. "Sup de co La Rochelle ne compte pas moins de 40 associations, c'est l'occasion pour les étudiants de faire des expériences managériales variées, de participer à des événements d'envergure et de se tisser un réseau", insiste Lucile Ouvrard, directrice du Bachelor Business. Tous les jeudis après-midi, les élèves de l'école se mélangent dans le cadre du module associatif.

Une formation généraliste ou spécialisée

La plupart des "petites sœurs" offrent une formation généraliste à la gestion et au commerce, avec 1 ou 2 options "métier" en troisième année, définies en lien avec les entreprises de la région.

À Kedge, les étudiants ont le choix parmi une quinzaine de spécialisations, dont plusieurs en anglais : transport international et logistique maritime à Marseille, marketing et supply chain à Bordeaux, project management in international cooperation and humanitarian action à Dakar... Une "coloration" qui permet d'approfondir une fonction ou un secteur.

Commerce international à Grenoble École de management, affaires internationales à l'EM Strasbourg, management du sport à l'EDC... Les étudiants qui ont déjà une idée précise du secteur vers lequel ils souhaitent s'orienter pourront opter pour un Bachelor spécialisé.

Après un passage en DUT (institut universitaire de technologie) SRC (services et réseaux de communication, aujourd'hui MMI, métiers du multimédia et de l'Internet), Grégoire a intégré le Bachelor management du tourisme de l'ESC Troyes (10) : "Une formation assez polyvalente qui permet, à la fin, de travailler dans différentes branches", décrit-il. "Des cours, en passant par les échanges universitaires ou les stages en entreprise, nos étudiants sont immergés dans le milieu du tourisme", précise Marc Gibiat, directeur de l'école de tourisme du groupe Sup de co La Rochelle.

Mener à bien des projets

Au cours de leur scolarité, les élèves choisissent une spécialisation sectorielle (management de l'hôtellerie, du sport...) et une spécialité fonctionnelle (ressources humaines, e-tourisme, entrepreneuriat...). En troisième année, ils travaillent sur un projet de création d'entreprise. "Dans ce secteur en pleine ébullition, on pousse nos étudiants à développer leur fibre entrepreneuriale, poursuit Marc Gibiat. Une élève planche, par exemple, sur un projet d'agence de voyages pour étudiants, qu'elle compte bien développer une fois son diplôme en poche."

Autre exemple, le Bachelor In Retail Management (ex-ECAL) de Néoma Business School est une référence dans le milieu de la distribution. En prise directe avec les évolutions du secteur (e-business, marketing stratégique...), il affiche un taux d'insertion de 100 % : "La pénurie est telle que la difficulté est plutôt de garder nos étudiants jusqu'au diplôme", assure Céline Davesne, directrice générale adjointe de l'école de commerce. Recrutés comme chefs de rayon ou chefs de secteur, ils évoluent vite vers des postes à responsabilités.

Le plus "insertion"

Quel que soit le type de Bachelor, l'ESC est un plus en termes d'employabilité : services carrières étoffés, forums nombreux et vaste réseau d'entreprises et d'alumni présents à travers le monde vous accompagneront tout au long de votre cursus. Et même après. Les écoles revendiquent d'excellents taux d'insertion (autour de 90 %) en sortie de Bachelor et un salaire brut moyen de 27.800 € (sans les primes).

"Nos diplômés commencent avec des responsabilités d'équipes, de produits ou de marchés. Après 1 à 3 ans et selon les secteurs et les profils, ils prennent du galon", assure Victor Gervasoni, directeur des programmes à TBS. L'international n'est plus interdit aux Bachelors. À l'INSEEC, 37 % des diplômés démarrent leur carrière à l'étranger.

Une étape avant d'intégrer un bac+5

Peur d'entrer dans la vie professionnelle, envie de s'assurer un poste à responsabilités et un meilleur salaire... Chez les "petites sœurs", plus qu'ailleurs encore, la tendance est à la poursuite d'études.

À Novancia, plus de 8 diplômés sur 10 poursuivent leurs études vers un bac+5.

"Il y a 15 ans, elle concernait 30 % d'une promotion, aujourd'hui, on est à plus de 70 %", remarque Christian Chenel, directeur des programmes et de la scolarité à Novancia Business School et délégué général d'Atout+3.


Dans les Bachelors de l'IPAG Business School, de l'ESC Clermont ou de l'ESC Dijon, 9 étudiants sur 10 continuent leurs études en master.

Beaucoup d'ESC proposent à leurs diplômés de Bachelor des passerelles pour intégrer un bac+5 du groupe. Son Bachelor de l'ESGCI en poche, Louis-Paul a pu poursuivre dans le programme marketing et relations internationales de son école, qui recrute à bac+3. À TBS, ceux qui souhaitent postuler à un des MSc [mastères en sciences ou Master of Science] accèdent directement à l'entretien de motivation.

Un programme grande école verrouillé

Plus prestigieux et donc beaucoup plus sélectifs, les PGE (programmes grande école) ne sont accessibles que sur concours. Dans le "meilleur" des cas, il s'agira d'une version "light", comme à l'ESC Clermont, où les candidats issus du Bachelor sont dispensés du Tage Mage (test d'aptitude aux études de gestion) et, éventuellement, après étude du dossier, des épreuves écrites.

Le plus souvent, les candidats doivent emprunter la voie classique des admissions parallèles (Passerelle, Tremplin...), avec des résultats variables. Ainsi, à Kedge, en 2015, aucun des 185 diplômés de Bachelor n'a continué dans le PGE de l'école, tandis qu'à l'ICN Business School, ils étaient 30 sur 185 à poursuivre dans le programme master "maison" (soit 16,2 %).

De nombreux étudiants continuent leurs études dans d'autres ESC (PGE ou MSc) ou à l'université. "À TBS, 90 % de diplômés qui prolongent leurs études intègrent l'une des 10 plus grandes écoles de France ou de très bons masters internationaux, telle l'université Concordia à Montréal", affirme Victor Gervasoni.

Changer d'école ? Selon plusieurs directeurs de Bachelors, c'est une bonne option, qui permet de "découvrir de nouvelles façons de travailler et d'élargir son réseau".

Sommaire du dossier
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