Écoles de commerce : des études coûteuses

Par Jessica Gourdon, publié le 18 Juillet 2014
3 min

Intégrer une école de commerce implique des frais importants, qui varient selon les établissements. Décryptage avec des extraits du guide Admissions parallèles en école de commerce, de Jessica Gourdon, aux éditions l’Etudiant.

Étudier en école de commerce coûte cher : en moyenne, les frais de scolarité d'une seule année s'élèvent à 9.000 €. À multiplier par deux ou trois, selon votre niveau d'entrée dans l'établissement. Certaines écoles sont même encore plus chères : comptez plus de 9.500 € pour l'ISC Paris et plus de 10.000 € pour des écoles comme NEOMA Business School (Rouen, Reims), par an en master ou KEDGE Business School (Bordeaux, Marseille). À l'ESSEC Business School, la scolarité atteint même 15.000 € par an en master.

Si vous partez réaliser un échange dans une université à l'étranger, vous ne paierez généralement aucun frais de scolarité supplémentaire. Toutefois, pour certaines destinations (Grande-Bretagne, Australie, États-Unis), des suppléments peuvent vous être facturés, notamment si vous partez effectuer un double diplôme.

Parmi les 35 écoles de commerce (recrutant au bac ou après prépa) qui délivrent un diplôme de grade "master", c'est-à-dire celles qui appartiennent à la Conférence des grandes écoles, seules deux sont publiques. Leur statut et leur financement leur permettent de demander des frais de scolarité inférieurs. Ainsi, l'EM Strasbourg Business School (école de l'université de Strasbourg) facture sa première année 7.500 €, et Télécom École de Management (école sous tutelle des ministères de l'Économie et des Finances), 5.150 €. Une différence significative !

Des dépenses en hausse

Avec ces frais de scolarité conséquents, on pourrait penser que ces écoles sont largement financées. Pourtant, les business schools estiment que les frais de scolarité des étudiants ne couvrent que 30 à 70 % du coût réel des études. Et si la plupart de ces écoles sont rattachées à une chambre de commerce, cette dernière ne finance qu'une petite partie de leurs dépenses (environ 11 % de leur budget), ainsi que leurs locaux.

Surtout, les dépenses des écoles ont beaucoup augmenté ces dernières années. Depuis les années 2000, les écoles dépensent de plus en plus d'argent pour recruter des professeurs "permanents", à savoir des enseignants à temps plein dont l'école est l'employeur principal, c'est-à-dire qui ne sont pas en poste dans une entreprise ou une université.

Elles développent aussi les activités de recherche (inexistantes dans la plupart des écoles il y a encore dix ans) et embauchent pour cela des professeurs titulaires de doctorats, dont les salaires se sont envolés ces dernières années.

Ces investissements sont en effet devenus des impératifs pour acquérir une reconnaissance internationale, signer des partenariats avec des universités étrangères et, in fine, avoir le droit de délivrer un diplôme de grade "master" et obtenir les fameuses accréditations internationales (EQUIS, AACSB, EPAS...).

D'autres sources de revenus

Si les frais de scolarité ne comblent qu'une partie de leurs dépenses, la différence est compensée de différentes manières.

Tout d'abord, par diverses subventions publiques ou parapubliques : chambres de commerce, conseils généraux, villes ...

Ensuite, par des revenus annexes : formation continue, dons d'entreprises, taxes d'apprentissage, chaires, fondations. Dans ce domaine, HEC est l'école la plus efficace. Sa fondation a par exemple récolté en 2012 près de 16 millions d'euros, dont près de la moitié est issue de dons d'anciens élèves, tandis que l'autre partie provient de fondations d'entreprises.

Comparez le coût des écoles, en consultant notre palmarès des grandes écoles de commerce et notre palmarès des écoles de commerce postbac.

152228POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Admissions parallèles en école de commerce", par Jessica Gourdon.

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