1. Supérieur
  2. Ecoles de commerce
  3. Concours d'entrée aux écoles de commerce : l'épreuve de mathématiques HEC ne sera pas annulée
Décryptage

Concours d'entrée aux écoles de commerce : l'épreuve de mathématiques HEC ne sera pas annulée

Envoyer cet article à un ami
Une enquête est toujours en cours au sein de la BCE. // © smolaw11 / Adobe Stock
Une enquête est toujours en cours au sein de la BCE. // © smolaw11 / Adobe Stock

Après avoir passé des concours dans des conditions exceptionnelles à cause de la crise sanitaire, les candidats à la BCE ne sont pas au bout de leur peine. Des étudiants ont eu la surprise de découvrir un sujet de mathématiques S sur lequel ils avaient déjà planché pour préparer le concours des prestigieuses HEC, ESSEC et ESCP BS. Un "incident regrettable" qui ne remet pas en cause l’épreuve en elle-même selon la BCE.

C’est un couac "regrettable" qui suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Une partie du sujet de mathématiques S pour intégrer HEC, ESSEC et ESCP Business School avait déjà été proposée lors du concours 2018, comme sujet de secours. S’il aurait dû être détruit, ce sujet a été soumis en concours blanc dans au moins une prépa – selon nos informations, il s’agirait du lycée Notre-Dame du Grandchamps à Versailles (78) – en mars 2019, ce qui concernerait moins de cinq candidats "cube".

Pas d'annulation de l'épreuve de mathématiques HEC

Le lendemain de l’épreuve, deux enseignants ont informé la BCE d’un problème sur cette épreuve. "Ils avaient été alertés par deux anciens élèves, qui ont passé les concours en 2019, qui se souvenaient avoir travaillé sur des questions similaires à certaines figurant dans l’épreuve mathématiques HEC de la filière S de cette année", relate Christian Chenel, directeur des admissions et concours qui opère les concours BCE.

Après avoir lancé une enquête début juillet – toujours en cours -, la cellule de crise de la BCE reconnait l’incident, l'estime "regrettable" mais considère qu’il n’y avait pas lieu de reprogrammer ou de neutraliser l’épreuve". La solution trouvée sera celle d’une modulation du barème.

L’enquête confirme qu’un concours blanc a bien eu lieu dans une prépa en mars 2019 reprenant une partie du sujet du concours de 2018 mais le nombre de candidats cubes concernés est "inférieur à cinq".

Lire aussi : Ecole de commerce : comment les candidats ont vécu les épreuves écrites ?

Cependant, un collectif d’étudiants de prépa HEC considère qu’un concours blanc "se transmet entre préparationnaires et qu’il ne s’est pas cantonné à la prépa d’origine". Ainsi selon ce collectif, le nombre de candidats qui ont été au contact de certaines questions de l’épreuve est "incalculable" ce qui "rompt simplement et proprement l’égalité des chances".

"Aucun candidat n’a eu vent à l’avance du sujet qui allait tomber. Il n’y a pas eu de fuite en amont. Donc si nous reconnaissons cet incident et le regrettons, il n’y a pas de raison de pénaliser l’immense majorité des candidats et d’annuler cette épreuve", estime de son côté le directeur des admissions et concours.

Par ailleurs, il rappelle que, cette année, les délais sont vraiment serrés en raison de la crise sanitaire. Les concours ont été repoussés et les délais de correction sont réduits. "C’est impossible d’annuler cette épreuve. La meilleure solution c’est la modulation du barème compte tenu de la situation", affirme-t-il encore.

Lire aussi : Concours : les tendances 2020 des meilleures écoles de commerce post-prépa

Aucune anomalie détectable

L’enquête lancée porte aussi sur la correction des copies. "Après l’examen des premières copies, il n’y a aucune anomalie détectable concernant le traitement des questions des parties 2 et 4 concernés par le problème par rapport au traitement des parties 1 et 3", estime la BCE.

De fait, les questions qui ont été reprises dans le concours 2020 comprennent des questions relativement faciles, et d’autres difficiles qui nécessite de faire des calculs poussés et qui ne s’improvisent pas du tout. C’est notamment sur cette dernière partie que des candidats ont pu être favorisés parce qu’ils l’avaient déjà faite. Mais selon la BCE, "les questions similaires de la 4e partie n’ont pas pu être traitées par les candidats". L’épreuve est "calibrée pour ne pas aller au bout", précise Christian Chenel, estimant donc que très peu de candidats ont pu avoir un avantage vis-à-vis des autres.

L’enquête est toujours en cours au sein de la BCE et elle se réserve la "possibilité d’engager des poursuites si une fraude délibérée était avérée".

Lire aussi : Intégrer une école de commerce après une prépa : focus sur la BCE

Des garde-fous prévus

Pour éviter que ce type d’erreur se reproduise à l’avenir, la BCE souhaite amender les textes régissant le concours pour rendre "l’usage d’un sujet non officiel constitutif d’une fraude". Par ailleurs, tout sujet qui a été acheminé aux concours, même s’il n’a pas été utilisé, ne devra plus être repris en tout ou partie.

En attendant, il n’est pas à exclure des recours pour voir cette épreuve annulée… Affaire à suivre donc.

La mise "sous loge" d’étudiants pose question

Un autre "couac" a ébranlé le déroulement des épreuves de la BCE. En effet, avec la reprogrammation des écrits, certains concours – de commerce et d’ingénieurs – ont été contraints de programmer des épreuves le samedi. Face à cette situation, des candidats et le grand rabbin de France ont demandé au ministère de trouver une solution pour que les étudiants de confession juive puissent composer le dimanche en lieu et place du samedi.

35 candidats – dont la liste a été remontée par une association juive – ont été mis "sous loge" le samedi pour ne pas être en contact avec l’extérieur. Ce dispositif existe déjà pour les étudiants ultramarins, il est donc "sécurisé", selon Christian Chenel.

Cependant, des candidats et des enseignants ont critiqué non seulement le fait que tous les étudiants n’ont pas été au courant de ce dispositif et n’ont pas pu en bénéficier, mais aussi le motif religieux. "Le ministère nous a fortement incité à le faire, nous l’avons donc fait comme nous étions dans une situation tout à fait exceptionnelle. Nous ferons autrement les prochaines années, c’est certain", précise Christian Chenel.