Bizutage, ça dégénère : 2 enquêtes sur des soupçons de viols lors des WEI de l’ESC Grenoble et de l’ICN Nancy

Par Jessica Gourdon, publié le 15 Septembre 2010
3 min
En quelques jours, 2 évènements dramatiques ont braqué les projecteurs sur les WEI (week-ends d’intégration) des écoles de commerce, replaçant ainsi sur le devant de la scène la question des débordements induits par ces rassemblements organisés par les BDE (bureaux des élèves).

Dans la nuit de samedi à dimanche 26 septembre 2010, d’après le site de Nice Matin, une étudiante de l’ICN a été retrouvée inconsciente à Grasse, là où se déroulait des festivités arrosées. "Elle avait de toute évidence absorbé beaucoup d'alcool et les examens pratiqués sur elle par les médecins de l'hôpital Clavary ont confirmé ultérieurement qu'elle avait été violée", affirme le journal. D’après le directeur de l’ICN, la jeune fille, qui entre en dernière année d’école, aurait été victime "de personnes extérieures, qui se sont introduits sur le site de la fête" et qui auraient profité de son état d’ébriété. Une enquête policière a été ouverte.

Aussi grave soit-il, ce cas n’est pas isolé. La semaine précédente, une étudiante de l’ESC Grenoble a porté plainte pour abus d’ordre sexuel, lors d’une soirée du même type à Canet-en-Roussillon. Là encore, une enquête a été ouverte, et quatre étudiants de l’école ont été entendus. "Si ce fait devait être avéré, il serait d’une extrême gravité", commente Jean-François Fiorina, directeur de l’école, sur son blog.

Ces événements inquiètent Marie-France Henry, du Comité national de lutte contre le bizutage. "C’est la 1ère fois que nous entendons parler de cas de ce type. Cela ne veut pas dire que cela n’avait pas lieu avant… Mais nous sommes plus souvent contactés pour des cas de comas éthyliques ou d’humiliations liées à la consommation d’alcool, plutôt que de viol". Elle ajoute : "L’encadrement de ces week-ends n’est absolument pas suffisant, surtout dans des contextes d’open bars".

Dans le cas de Grenoble, aucun personnel de l’école n’était présent sur le terrain. "Nos étudiants sont majeurs. Nous avions payé des formations de secourisme, l’équipe de direction est joignable sur téléphone portable. Pour le reste, nous les laissons organiser", remarque Jean-François Fiorina. Même situation à l’ICN, même si le directeur remarque que "5 vigiles et 6 protections civiles" étaient sur place. Une présence manifestement insuffisante pour prévenir de possibles débordements, dans une fête qui rassemblait environ 500 étudiants.

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