Ecole de commerce : l'année de césure, pour quoi faire ?

Par Camille Jourdan, publié le 04 Janvier 2022
5 min

En école de commerce, vous aurez la possibilité de faire une année de césure dans le cadre de vos études. A quoi sert-elle ? Comment s'organise-t-elle selon les établissements ? L'Etudiant vous donne quelques éléments de réponse.

L'année de césure est une particularité des écoles de commerce. La très grande majorité d'entre elles proposent à leurs étudiants d’en effectuer une dans le cadre de leur cursus. Qu’elle soit dédiée à une expérience professionnelle ou personnelle, cette période "n’est pas une année sabbatique", rappelle Béatrice Nerson, directrice adjointe des programmes de Grenoble École de Management (GEM).

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L'année de césure, une pratique optionnelle mais courante

Hormis quelques exceptions, comme à l’EDHEC où elle est obligatoire, l’année de césure reste une possibilité pour les étudiants. Néanmoins, dans la plupart des écoles de management, la pratique est rentrée dans les mœurs : la quasi-totalité des élèves profitent de cette opportunité, mais pas toujours au même moment.

Dans les faits, la majorité des business schools imposent la période de césure, souvent entre la 2e et la 3e année du programme Grande école (PGE), mais d’autres laissent les étudiants construire leur parcours.

Et concernant les frais, c'est au choix des écoles de commerce qui choisissent de les maintenir ou de les réduire. L’étudiant reste inscrit à l’école, et garde accès aux ressources de celle-ci. Il est généralement suivi par un responsable.

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Suivre un projet personnel ou professionnel en césure

Mais une fois actée la décision de faire une césure, que faire de cette année ? Certaines écoles ne laissent pas le choix, à l’image de GEM, qui imposent deux stages de six mois en entreprise. Objectif : permettre aux étudiants "d’affiner leur projet professionnel", résume Béatrice Nerson.

Alexis, aujourd’hui en 3e année dans cette école, a ainsi réalisé deux stages à des postes en lien avec la responsabilité sociale des entreprises au sein de deux compagnies différentes : "J’avais déjà une idée très définie du secteur dans lequel je voulais travailler, et ça a été une année test", confie-t-il à peine un an après.

Dans d’autres établissements, les options sont plus nombreuses. TBS Education permet des échanges au sein d’une université à l’étranger, Kedge propose des "pro-act nomad" – ou projet-actions nomades – ou encore des engagements associatifs… C'est le cas d'Amélie, diplômée de l’Institut Mines-Telecom Business School, qui a enchaîné six mois d’Erasmus en Estonie et six mois de stage en entreprise en Pologne.

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Marie-Noëlle Koebel, directrice des études à l’ESSEC, cite encore d’autres cas de figure : "Une étudiante qui souhaitait travailler dans l’hôtellerie-restauration a passé un CAP de cuisine afin de mieux connaître ce secteur. L'école de management n’apporte en effet pas toute l’expertise du terrain." Cette formation complémentaire peut aussi viser un domaine de connaissances particulier à travers une année universitaire. "D’autres étudiants choisissent aussi de s’engager en service civique, ou prennent un an de recul en organisant un voyage autour d’une thématique particulière."

De son coté le groupe IGS propose une nouvelle forme de césure encadrée à ses étudiants. Dans ce cadre, ils peuvent travailler sur un projet social au premier semestre et voyager lors du second semestre, en stage, mission humanitaire ou en cours. A l'issue de cette année, ils obtiennent des crédits ECTS.

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Les avantages et inconvénients de la césure

Même si "s’adapter au monde de l’entreprise n’a pas été si facile" selon Alexis, sa césure lui a permis de découvrir le secteur qui l’intéressait et d'avoir une première expérience professionnelle.

De son côté, Amélie a appris à parler anglais couramment, a suivi des cours qu’elle n’aurait "jamais pu suivre ailleurs", et a rencontré des personnes de milieux et cultures très différents. "Mon stage est un plus sur mon CV, et mon expérience à l’étranger montre que je suis une personne ouverte", résume la jeune femme.

Pour Amélie et Alexis, le retour au rythme de l’école après un an de césure n’a toutefois pas été facile : "J’aurais eu un peu de mal à retourner complètement en cours", témoigne Alexis, qui a opté pour une année d’alternance. Après ses six derniers mois de cours, durant lesquels elle a "pris sur [elle]", Amélie a rapidement décroché un emploi.

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