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Décryptage

Et vous, avez-vous des « parents hélicoptères » ?

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Craintes sur l’insertion professionnelle de leurs enfants, inquiétudes à propos des séjours à l’étranger ou de l’alcool dans les soirées… Les parents des étudiants sont de plus en plus présents dans la vie des écoles de commerce, surtout celles qui recrutent après le bac. Avec parfois des incompréhensions à la clé.

Chaque année, au mois de mars, l’association Cap ESSCA, du nom de cette école de commerce postbac d’Angers, organise une journée d’ateliers. Au programme : les techniques de recherche de stages, comment choisir son séjour d’études à l’étranger, les astuces pour trouver un logement. Rien d’extraordinaire ? Sauf qu’ici, ces mini-conférences ne s’adressent pas aux étudiants, mais uniquement à leurs parents. À l’origine de ces rencontres, Philippe de Froissard, président de l’association des parents de l’ESSCA. "L’idée, c’est de permettre aux parents de discuter entre eux, explique-t-il. Nous ne voulons pas déresponsabiliser nos enfants, nous voulons être capables de bien les conseiller".

esgDepuis quelques années, les familles sont de plus en plus présentes dans le monde des écoles de commerce : demande de réunions, de rendez-vous, constitution d’associations de parents, comme à l’IPAG, l’ESSCA ou l’ESDES... Aux Etats-Unis, ce phénomène a un nom : les "parents hélicoptères". En France, il est surtout observable dans les écoles qui recrutent au niveau bac. "En prenant nos élèves après 2 ans d’études, nous avions beaucoup moins de contacts avec les familles", témoigne Armand Derhry, directeur de l’ESG, une école devenue "post-bac" en 2005. Même Sciences po a créé une section "parents" sur son site internet.

 
"Se rassurer au maximum"

 
Les raisons de cette nouvelle vigilance sont variées. Pour Bruno Neil, directeur de l’EBS, cette attitude est "caractéristique des parents de la génération Y". "Les étudiants d’aujourd’hui sont moins matures, moins responsables que ceux de la génération précédente. Du coup, les parents veulent suivre davantage leurs enfants."

Le contexte économique et social anxiogène contribue, en partie, au succès de ces formations (+ 70 % de candidats au concours ACCES depuis 2005) réputées pour leurs bons taux d’insertion, mais il n’arrange pas les choses. "Les parents sont très inquiets pour l’avenir professionnel de leurs enfants, et veulent se rassurer au maximum", témoigne Catherine Leblanc, la directrice de l’ESSCA.

En outre, les parcours proposés, qui nécessitent de plus en plus d’arbitrages (choix des stages, du séjour à l’étranger, opportunité de double-diplôme, année de césure…), sont une autre source d’interrogations. "Les parents veulent s’assurer que leur enfant fera le bon choix, qu’il ne tombera pas dans la facilité", explique Marie-Christine Naffah, présidente de l’association des parents d’élèves de l’IPAG. Pour Véronique Casel, mère d’un étudiant en 2ème année du Bachelor Essec, avoir ces informations est d’autant plus nécessaire que la communication avec son fils n’est pas toujours très fluide. Et qu’il est un peu du genre "tête en l’air". "Je ne suis pas sûre qu’il soit au courant de toutes les possibilités qui lui sont offertes", remarque-t-elle. "Il ne faut pas oublier qu’ils sont jeunes ! En 1ère année, ils ont 18, parfois 17 ans !", s’exclame Philippe de Froissard.

Enfin, si les parents sont de plus en plus présents, c’est aussi qu’ils s’inquiètent des comportements de certains étudiants, alors que se multiplient les faits divers autour du "binge drinking" et les week-ends d’intégration trop arrosés. La directrice de l’ESSCA l’a constaté : "Les parents ont des réactions de plus en plus émotionnelles à ce sujet".

Pour aller plus loin : Comment aider vos enfants à réussir à l’école ? / Payer les élèves pour qu’ils aillent en cours ? L’avis d’un pro de la motivation / Les parents tolèrent de moins en moins l’absence non remplacée des enseignants

Sommaire du dossier
Parents : les écoles de commerce aux petits soins Des "parents-hélicoptères" parfois envahissants A l’ESSCA et à l’IPAG, des parents très influents