1. Optim : révéler des potentiels « scientifiques »

Optim : révéler des potentiels « scientifiques »

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Inciter les jeunes de milieux défavorisés à poursuivre des études scientifiques et technologiques, tout en favorisant l’ouverture sociale dans le supérieur : voilà l’objectif du dispositif Optim, mis en place par les Arts et Métiers ParisTech, en partenariat avec des IUT. Au programme : soutien scolaire, aides financières, mais aussi découverte du monde de l’entreprise.

Le principe 

Créé en octobre 2005 par les Arts et Métiers ParisTech, et mis en place par ses centres de Paris et de Cluny, le dispositif Optim s’adresse à des élèves de première ou de terminale inscrits dans l’un des 20 lycées partenaires, situés en ZEP (Zone d’éducation prioritaire) ou ZUS (Zone urbaine sensible), en Ile-de-France et dans les académies de Lyon et Dijon, afin de les préparer au bac et de les informer sur les études supérieures scientifiques et technologiques.

L’objectif est de les préparer au concours d’écoles d’ingénieurs après un DUT : s’il permet d’accéder aux écoles, ce diplôme en 2 ans constitue en effet un premier pallier pour des élèves qui n’envisagent pas, du moins au départ, de s’engager dans des études longues.
Aujourd’hui, le centre de Paris rassemble la plupart des élèves (59 lycéens et 12 étudiants à l’IUT soit 71 jeunes suivis en 2009-2010), mais le dispositif vise à prendre de l’ampleur dans d’autres régions.

Accompagnement et aides matérielles
Seuls les boursiers peuvent intégrer le dispositif. Mais au-delà des critères sociaux, les Arts et métiers ParisTech sélectionnent les élèves à partir de tests de logique et d’un entretien de motivation, de manière à détecter l’envie et le potentiel scientifique des jeunes. Une fois entrés dans le dispositif, les lycéens sont suivis individuellement par un élève des Arts et métiers ParisTech qui les aide à préparer le bac. Outre ce soutien scolaire, ce tuteur référent a aussi pour mission d’apporter des informations sur les études supérieures.

Après le bac, les jeunes qui intègrent l’un des 3 IUT partenaires (Ville d’Avray, Villeurbanne, Le Creusot) continuent à bénéficier d’un suivi sur le plan scolaire, mais aussi professionnel, puisque sont organisés des visites d’entreprises ainsi que des repas avec des anciens élèves des Arts et métiers ParisTech entrés dans la vie active.
De plus, Optim prévoit des aides matérielles en Ile-de-France, en plus de celles de la Caisse d’allocations familiales (APL, ALS, etc...) : 200 € par mois pour aider à financer un loyer à la résidence universitaire de Nanterre, loyer qui s’élève au total à 450 € environ.

Les résultats

Environ 30 à 40 % des élèves Optim intègrent un IUT. Parmi eux, près de la moitié abandonne cependant à la fin de la première année. Les autres poursuivent et, chaque année, ils sont quelques-uns à intégrer une école d’ingénieurs, éventuellement en apprentissage : 3 en 2008, 6 en 2009 (dont 4 les Arts et Métiers ParisTech), 3 en 2010 (dont 1 les Arts et Métiers ParisTech) pour les étudiants de l’IUT de Ville d’Avray.
Des résultats qui ne sont pas spectaculaires en soi, mais s’expliquent par le fait que le principe d’Optim repose sur l’absence de discrimination positive : les étudiants passent exactement les mêmes concours que l’ensemble des candidats.

Points forts/points faibles

(+)
- Le recrutement, non pas sur dossier mais à partir de tests de logique, permet de détecter les aptitudes scientifiques des élèves.
- Une fois à l’IUT, les étudiants se retrouvent en petit groupe, un aspect qui peut être rassurant pour eux.
- Enfin, les repas organisés avec des élèves et anciens élèves permet aux jeunes Optim de nouer des liens informels avec des étudiants et des ingénieurs, et de discuter librement, dans un cadre détendu, du métier d’ingénieur, des entreprises et aussi de se créer un carnet d’adresses qui pourra éventuellement les aider plus tard pour trouver un stage, un emploi…

(-)
- Comme souvent dans ce genre de dispositif, le suivi dépend de l’investissement, inégal selon les personnes, des tuteurs d’Arts et Métiers ParisTech. Mobiliser davantage d’élèves permettrait de renforcer l’encadrement et le suivi de tous les élèves, et d’éviter la démotivation de certains. Conséquence du nombre insuffisant de tuteurs, le soutien n’est pas toujours assez individualisé, les cours portant sur les difficultés rencontrées par la majorité des étudiants.
- Côté pratique, on compte peu d’IUT partenaires, notamment en Ile-de-France, ce qui oblige les élèves à se déplacer souvent loin de chez eux pour se rendre à Ville d’Avray, et même pour les étudiants en résidence universitaire à Nanterre, le trajet reste long. C’est pourquoi Optim cherche à nouer de nouveaux partenariats, peut-être avec l’IUT d’Ivry.

Et si c ‘était à refaire ? - Sonia : « C’est vraiment intéressant de pouvoir discuter avec des ingénieurs »

Sonia, 21 ans, est passée par Optim

Sonia est en terminale S en Argenteuil quand elle entre dans le dispositif Optim : « Au-delà du DUT, c’est surtout l’école des Arts et Métiers qui m’intéressait », raconte la jeune femme qui a effectivement réussi à intégrer l’école en juin 2010, à l’issue de son DUT de génie mécanique. « Avec Optim, on avait beaucoup de cours de soutien à l’IUT, mais ça ne m’a pas empêchée de redoubler ma première année car j’avais des problèmes dans les matières technologiques. Au lycée, on n’avait vraiment fait que du théorique », explique celle qui est plutôt à l’aise en mathématiques, contrairement à la plupart de ses camarades Optim. « Du coup, les tuteurs mettaient l’accent sur les matières scientifiques, mais pas sur la fabrication, l’électricité ou la fonderie », regrette un peu Sonia.


Qu’à cela ne tienne ! L’étudiante se débrouille toute seule. Une façon aussi pour elle de se prouver qu’elle en était capable. « Si c’était à refaire, j’irais plus souvent en soutien malgré tout, car il y a toujours des choses à apprendre, dit-elle aujourd’hui. Et j’aurais peut-être pu intégrer l’école en cursus initial, plutôt qu’en apprentissage ». Cependant, pour des raisons financières, l’alternance lui convient finalement très bien, lui permettant de payer un loyer parisien. Surtout, Sonia profite des occasions qui lui sont offertes par Optim de discuter avec d’anciens élèves devenus ingénieurs : « On peut communiquer avec eux, poser des questions sur le métier d’ingénieur… C’est vraiment bien car, même une fois à l’école, on ne sait pas toujours quelle spécialité on veut faire ni dans quelle entreprise on veut travailler. Et cela peut nous être utile plus tard pour notre carnet d’adresses. »

Sophie  Blitman
Mars 2011


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Sommaire du dossier
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