1. Passeport Avenir : soutien et tutorat pour élèves de prépa ou d’écoles

Passeport Avenir : soutien et tutorat pour élèves de prépa ou d’écoles

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Favoriser l’accès des jeunes issus de milieux populaires aux filières d’excellence : tel est l’enjeu du dispositif Passeport Avenir qui propose un accompagnement d’élèves de classes préparatoires et d’écoles d’ingénieurs. Et s’attache aussi à sensibiliser les lycéens à l’existence de ces filières.

Le principe

Créé en 2005 par SFR, le dispositif Passeport Avenir a été conçu - à l’origine, sous le nom Passeport Télécom - pour diversifier le profil des ingénieurs télécom et prévenir une éventuelle pénurie du secteur en favorisant le recrutement de jeunes issus de milieux défavorisés, avant de s’attacher plus largement à promouvoir la diversité sociale dans les grandes écoles.


Ainsi, d’abord spécifiquement destiné aux élèves inscrits en classe préparatoire ATS (Adaptation technicien supérieur), Passeport Avenir s’adresse désormais aussi aux TSI (Technologies et sciences industrielles) et ECT (Economique et commerciale option technologique). 57 classes prépa font aujourd’hui partie du dispositif, ainsi que 41 écoles d’ingénieurs et de management.

Tutorat et soutien en anglais
Repérés par leurs enseignants, 711 élèves (458 en deuxième année de classe prépa, 253 en école) boursiers ou venant de milieux populaires bénéficient en 2010-2011 d’un tutorat individuel par un salarié d’une des entreprises partenaires (SFR, Alcatel-Lucent, Accenture, Cap Gemini, Ericsson….). L’objectif : les aider dans leur orientation et dans la construction de leur projet professionnel, notamment en leur donnant confiance en soi et en leur faisant mieux connaître le monde de l’entreprise et ses codes. Un élève qui entre dans le dispositif a la garantie d’être tutoré, s’il le souhaite, jusqu’à son insertion professionnelle.

Passeport Avenir travaille aussi en amont, en organisant des ateliers collectifs dans une trentaine de lycées pour informer les élèves de première et terminale technologique de l’existence des classes préparatoires qui leur sont ouvertes et éviter ainsi le phénomène – fréquent – d’autocensure. L’association estime que « 3.200 élèves vont cette année rencontrer Passeport Avenir » dans ce cadre.

Un soutien, enfin, peut être apporté aux étudiants pour améliorer leur anglais : accès gratuit à une plateforme d’e-learning axé sur la compréhension orale en classe prépa, mise en place de cours de conversation par téléphone en école.

Les aides matérielles
En deuxième année de prépa, les élèves peuvent demander une aide financière, d’un montant maximum de 150 € (unitaires), afin de couvrir les frais d’inscription aux concours, mais aussi des dépenses annexes liées au déplacement et à la restauration quand les oraux ont lieu loin de chez eux. Ils peuvent également bénéficier d’une ou deux nuits gratuites dans un Etap’Hôtel-Formule 1, la chaîne étant partenaire de Passeport Avenir.


Pour préparer la scolarité en école, des « ateliers de financement » sont organisés dans les classes préparatoires afin de présenter les différentes solutions qui peuvent permettre de financer ses études (bourses, aide au logement, cursus en apprentissage…). En outre, Passeport Avenir a mis en place une aide spécifique, sous la forme d’un prêt sans caution parentale auprès du Crédit mutuel : de 15.000 € maximum, ce prêt est proposé au taux le plus bas pratiqué par la banque dans la région concernée, et avec la possibilité de ne commencer le remboursement qu’à partir du moment où le diplômé a trouvé un emploi. Passeport Avenir rembourse les 200 € du dépôt de garantie.

Les résultats

Les taux de réussite aux concours sont légèrement plus élevés que la moyenne française pour les classes préparatoires technologiques : 92 %, contre 90 %. Les écoles intégrées sont globalement « de bonnes écoles de province », selon l'un des responsables du programme. Pilote du dispositif, l’ENSEA a recruté 40 étudiants en 2010-2011; 13 autres ont rejoint Telecom SudParis, 11 les Arts et Métiers ParisTech… Côté écoles de management, 14 élèves ont intégré l’ESC Dijon, 12 Telecom Management.


Les entreprises partenaires diffusent par ailleurs des offres de stage, d’apprentissage et d’emploi afin de faciliter l’insertion professionnelle des étudiants. Au total, le dispositif compte 77 diplômés depuis 2 ans. Certains jeunes, 7 à ce jour, choisissent de poursuivre en thèse. Les autres entrent dans la vie active : recrutés pour certains par les entreprises partenaires (sur les deux dernières promotions, 5 jeunes sont entrés chez SFR et 2 chez Alcatel-Lucent), ils peuvent aussi intégrer des entreprises comme EDF, Hutchinson, Alter, BNP Paribas, SNCF…

Points forts/points faibles

(+)
Le tutorat permet un bon encadrement et un réel suivi individuel. A condition, cependant, que le courant passe bien, d’où l’importance de pouvoir changer de tuteur au sein du dispositif.
Par ailleurs, le développement de compétences en anglais est apprécié et utile pour les études, et constitue par la suite un réel atout sur le plan professionnel.
(-)
Malgré les ateliers organisés pour sensibiliser les jeunes, le financement des études pourrait être amélioré, non pas à travers une aide directe car ce n’est pas l’objectif de l’association, mais en apportant davantage d’informations sur les dispositifs existants (bourses, assistantes sociales…). Le prêt bancaire sans caution parentale est finalement peu utilisé par les étudiants. Autre difficulté en Île-de-France, il n’y a pas de logements spécifiques disponibles pour accueillir des jeunes qui habitent souvent loin des écoles.


Enfin, une fois sortis du dispositif, les anciens ne sont plus impliqués dans le dispositif : l’existence d’un réseau pourrait permettre de rétablir des connexions, et de générer un vrai sentiment d’appartenance au Passeport Avenir.

Et si c ‘était à refaire ? - Mathieu :  « Le tutorat ne s’arrête pas à la sortie de l’école »

Mathieu, 25 ans, est passé par Passeport Avenir

Après son bac STI, Mathieu opte pour un BTS en génie électronique et, au vu de ses bons résultats en 2e année, ses enseignants le poussent à « tenter l’aventure » des concours. En septembre 2005, il entre donc en classe préparatoire ATS (Adaptation technicien supérieur), et fait alors partie de la première promotion d’élèves de ce qui s’appelait alors le « Passeport Telecom ». Cependant, les échanges avec son tuteur sont assez limités cette année-là : « Nous n’avions pas spécialement d’affinités », raconte Mathieu qui se concentre alors sur la préparation des concours. Objectif atteint : le jeune homme intègre l’ENSEA, et demande à changer de tuteur. Cette fois, « le contact est tout de suite très bien passé ! Mon tuteur m’a donné d’emblée des conseils et astuces pour commencer à construire mon réseau. Il m’a aussi aidé à trouver mon premier stage. Sans lui, j’aurais vraiment eu du mal à trouver… »


Après l’ENSEA, Mathieu se dirige vers un mastère aux Arts et Métiers ParisTech, pour lequel son tuteur lui fait une lettre de recommandation. Et le suivi ne s’arrête pas là : aujourd’hui en emploi dans un cabinet de conseil, Mathieu garde des relations avec son tuteur : « malgré son agenda chargé, il continue à me suivre, je dirais même qu’il est devenu un ami ».
Et si c’était à refaire ? Aucune hésitation : « Je referais la même chose !, affirme Mathieu, J’essaierais peut-être de mieux profiter de tous les avantages du dispositif, notamment les cours d’anglais que je n’ai pas pris le temps de suivre… Mais je n’ai vraiment rien à regretter ! »

Sophie Blitman
Mars 2011


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Sommaire du dossier
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