1. Supérieur
  2. Ecoles de commerce
  3. Ouverture sociale des grandes écoles : pourquoi ça ne profite pas assez aux plus concernés
  4. Passerelle ascenseur social : un bon plan pour intégrer une école de commerce

Passerelle ascenseur social : un bon plan pour intégrer une école de commerce

Envoyer cet article à un ami

Le secret est encore bien gardé. Depuis 2009, il est désormais possible d’intégrer 6 grandes écoles de commerce sans passer par une prépa, ni par les admissions parallèles. Le dispositif s’appelle « Passerelle ascenseur social », et permet à n’importe quel lycéen issu d’un milieu social défavorisé de postuler à un concours postbac spécifique. S’il est admis, et sous condition qu’il valide un diplôme de DUT ou de BTS sans redoubler, il entre ensuite dans l’école du dispositif la plus proche de son domicile, sans concours supplémentaire. Explications.

 Le principe

Initiée en 2006 à l’ESC Grenoble, cette procédure a été étendue en 2009 à l’ESC Chambéry, l’EM Strasbourg, l’ESC Clermont, l’ESC Saint-Etienne et l’EM Normandie. « L’idée, c’est d’aller chercher des gens qui, sans ce dispositif, n’auraient pas forcément fait des études jusqu’à bac+5 », explique Jean-François Fiorina, le directeur de l’ESC Grenoble.

Un dossier, un examen écrit et oral
Pour candidater, les lycéens de terminale doivent postuler sur le site dédié au dispositif (entre décembre et février). Être boursier n’est pas une condition sine qua non. L’association qui décide de l’éligibilité des candidats (la fondation Agir contre l’exclusion) examine la situation de la famille, les revenus des parents, le lycée d’origine

Ceux qui sont admis à concourir passent ensuite une série d’épreuves. Au menu : anglais, commentaire d’un fait d’actualité, QCM de culture générale et de logique, puis deux langues vivantes à l’oral, et un entretien de motivation. Les coefficients appliqués varient selon les filières d’origine (bac ES, L, S ou STG).

Un concours accessible
Une chose est sûre : tous les lycéens potentiellement concernés ont intérêt à tenter leur chance. Seuls 104 jeunes se sont portés candidats en 2011 pour toute la France. Le nombre d’admis varie d’une année sur l’autre, mais à titre d’exemple, l’ESC Grenoble en accepte au moins 10 par an. Le concours est donc assez accessible. De plus, le mode d’évaluation laisse une large part à la motivation, au projet personnel, et ne nécessite pas, comme le concours prépa ou Passerelle, une intense préparation en amont.

Une fois admis, l’étudiant passe 2 ans en BTS (management des unités commerciales, commerce international…) ou en IUT (gestion des entreprises et des administrations, techniques de commercialisation…). Il n’a ensuite aucun examen à repasser avant d’intégrer la 1re année de l’ESC (3 ans de scolarité) la plus proche de chez lui.

Les résultats
Des étudiants comme les autres
Ceux qui sont déjà passés par cette voie se sont bien intégrés. Mais le dispositif, encore récent, ne permet pas d’avoir beaucoup de recul : les premiers bénéficiaires de « Passerelle ascenseur social » sont en 2e année à l’ESC Grenoble… Et elles ne sont qu’au nombre de deux !

Une fois à l’intérieur de l’école, le dispositif prévoit un certain nombre d’aides pour financer les frais de scolarité – qui ne sont toutefois pas systématiques. Des bourses payées par des entreprises permettent de réduire les dépenses. Il est également possible de suivre une partie du cursus (2 ou 3 ans) en alternance, et de recevoir ainsi un salaire. De quoi être gagnant sur tous les plans.

Points forts/points faibles
(+)

Une manière d’entrer en grande école sans le stress de la prépa, et sans l’aléatoire des concours d’admissions parallèles. Un concours accessible, qui ne nécessite pas d’intense préparation.

(-)

Les aides financières varient d’une école à l’autre et sont fonction des politiques de bourses et de ses entreprises partenaires : mieux vaut se renseigner auprès de celle que l’on vise.


Et si c ‘était à refaire ? - Maeva : « J’ai eu beaucoup de chance »

Maeva, 21 ans, en 2e année à l’ESC Grenoble, est passée par Passerelle ascenseur social
« Quand j’étais au lycée, faire une grande école n’était vraiment pas dans mes projets. Je visais avant tout un DUT », raconte Maeva. En terminale STG à Echirolles (Isère), elle se rend par hasard à une présentation proposée dans son lycée (Marie-Curie) : des représentants de l’ESC Grenoble y décrivent le dispositif « Passerelle ascenseur social ». Maeva s’inscrit, et décroche sa place. « Pourtant, je n’étais pas vraiment du genre 1re de la classe : j’ai eu le bac sans mention, j’ai frôlé le 12. » Les deux années suivantes, Maeva les passe à l’IUT 2 de l’université Pierre Mendès-France (Grenoble), où elle prépare un DUT techniques de commercialisation.

Puis elle intègre directement l’ESC, sans passer d’épreuves supplémentaires. Au début, Maeva appréhendait un peu. « J’avais peur de pas être au niveau, notamment par rapport aux étudiants qui venaient de prépa », confie-t-elle. « Finalement, ca s’est très bien passé. » Pour sa première année, ses frais de scolarité sont pris en charge intégralement par la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, une des entreprises qui finance le programme. « J’ai eu beaucoup de chance », reconnaît-elle.

Aujourd’hui, Maeva est en deuxième année. Comme de nombreux étudiants, elle réalise sa scolarité en alternance : elle partage ses semaines entre l’école et une agence de la Caisse d’épargne, où elle est conseillère clientèle pour des professionnels. « Je ne paie pas de frais de scolarité, et je touche environ 900 € par mois », détaille Maeva, qui vit toujours chez ses parents. L’année prochaine, elle continuera sa scolarité de cette manière. Et espère, au terme de ce parcours, décrocher un CDI comme conseillère financière.


Jessica Gourdon
Mars 2011

 

À consulter aussi

- Admissions parallèles en ESC : réussir les concours
- Admissions parallèles : réussir l’oral
- Admissions parallèles : réussir les tests Tage-Mage ou Arpège
- Quelle est la meilleure formation pour entrer dans une école via les admissions parallèles ?
- Faire une ESC en apprentissage
Sommaire du dossier
Retour au dossier Ouverture sociale des grandes écoles : où ça coince encore La CPES d’Henri-IV : une « prépa à la prépa » pour les têtes de classe Passerelle ascenseur social : un bon plan pour intégrer une école de commerce « Une grande école : pourquoi pas moi ? (PQPM) » : un tremplin, pas seulement pour les meilleurs CEP : une voie d’admission spéciale à Sciences po Paris PEI : une prépa gratuite pour les lycéens à Sciences po Lille Passeport Avenir : soutien et tutorat pour élèves de prépa ou d’écoles Optim : révéler des potentiels « scientifiques »