1. Hervé Hamon, écrivain : « On sait mieux hisser les élèves d’origine modeste vers les filières courtes »
Décryptage

Hervé Hamon, écrivain : « On sait mieux hisser les élèves d’origine modeste vers les filières courtes »

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Il existe en France des filières où l’ascenseur social fonctionne encore, où il est possible à un jeune d’origine modeste de progresser. Ces formations, inscrites dans le paysage éducatif depuis longtemps, concernent des milliers d’élèves chaque année. Et leur mérite est tout aussi appréciable que les dispositifs d’égalité des chances créés par Sciences po Paris, Henri-IV ou l’ESSEC. Reportage dans ces filières cachées de la diversité.

Hervé Hamon était membre du Haut conseil de l’évaluation de l’école jusqu’en 2005.

"Aujourd’hui, un fils d’ouvrier ne peut plus faire Normale sup comme je l’ai fait moi-même à l’époque. Ces filières d’excellence sont réservées à l’élite, il n’y a plus aucune passerelle pour les classes modestes. Les grandes écoles s’ouvrent à la discrimination positive, mais avec des dispositifs alibis…

Pour trouver des filières où l’ascenseur social fonctionne encore, il faut regarder du côté de l’enseignement professionnel, qui a considérablement changé depuis 25 ans. Ces filières ont longtemps été des parkings à chômeurs, comme je l’avais constaté dans mon livre à l’époque (1). Aujourd’hui, elles ont de l’argent et dispensent des formations réellement qualifiantes, qui attirent les élèves modestes… Surtout les garçons, car les filles s’autocensurent encore beaucoup.

Le constat est le même pour les STS [sections de techniciens supérieurs] et les IUT [instituts universitaires de technologie] : on sait mieux hisser qu’autrefois les élèves d’origine modeste vers ces filières courtes, de qualité. Mais elles restent trop peu nombreuses en France, et sont surtout connues trop tard par les élèves."


(1) "Tant qu’il y aura des profs" (Seuil, 1984) et "Tant qu’il y aura des élèves", (Seuil, 2004). Dernier ouvrage paru : "Toute la mer va vers la ville" (Stock, 2009).

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