FBS : plongée au cœur d’un "Talent Day"

Par Cécile Peltier, publié le 15 Juin 2013
9 min

France Business School organise encore d’ici la fin de l’année une cinquantaine de « Talent Days » pour tenter de recruter les 1.300 étudiants qui rentreront dans l'école de commerce en septembre 2013 ou en janvier 2014. Juliette, Quentin et Vincent ont testé pour vous ces épreuves orales qui ressemblent plus à un entretien d’embauche qu’à un concours classique. Suivez le guide.

Pour Quentin, 20 ans, en 2e année à l’Insa (institut national des sciences appliquées) de Lyon, la journée de sélection avait mal commencé : un peu malade, il a fait 3 fois le tour du pâté de maison avant de trouver les locaux du Training Day, où la 1re épreuve, une mise en situation de 45 minutes centrée sur l’entrepreneuriat et l’initiative, avait déjà commencé. Autour de la table, 5 autres étudiants et une mission : faire la promotion d’un événement culturel. Pas sa tasse de thé… "Je suis arrivé un peu stressé, je n’avais pas entendu les consignes données par le jury, des DRH et des profs de FBS, c’était compliqué…", raconte-t-il. Heureusement, les autres épreuves se sont bien passées et, en ce début d’après-midi, il est content d’avoir fait le déplacement.

 
24 candidats inscrits à la journée de sélection

 

Locaux agréables, personnel avenant, croissants et café à volonté..., FBS a fait son maximum pour mettre à l’aise les 24 candidats inscrits à cette journée de sélection parisienne, organisée en ce samedi 25 mai. Titulaires au moins d’un bac + 2 – le minimum requis pour passer la sélection – et souvent d’un bac + 3, les étudiants viennent d’horizons divers : STS (section de technicien supérieur), IUT (institut universitaire de technologie), école d’ingénieurs, université, et, dans une moindre mesure, de classe préparatoire… "L’ambiance est conviviale, témoigne Juliette, 19 ans, en 2e année d’IUT technique de communication à Angers. On n’est pas perdu dans la masse, et 3 étudiants de FBS sont là en permanence pour nous aiguiller."

 
5 épreuves d'évaluation semblables à celles des cabinets de recrutement

 

Inscrite dans une prépa privée pour entrer dans une école de commerce en admission parallèle, Juliette a décidé de tenter FBS contre l’avis de son entourage : "À la prépa, les autres m’ont dit ‘la fusion [de 4 écoles de commerce, en 2013] s’est fait très vite, on ne sait rien de cette école !’ Quant au directeur, il nous conseillait de ne pas le passer !", raconte-t-elle. Même expérience pour Vincent, en 2e année de prépa ECE à Cergy-Pontoise (95) : "Quand j’ai dit que je passais FBS, les autres m’ont regardé avec de grands yeux." Outre la nouveauté du projet, Quentin met ces critiques sur le compte du mode de sélection, ouvert à tous les profils : "On peut comprendre que ceux qui se sont embêtés à faire 2 années de prépa aient un peu le sentiment de se faire avoir… "

La procédure de sélection de FBS inspirée des méthodes d’évaluation des cabinets de recrutement et des entreprises est différente des concours classiques. Ici, pas de plans en 2 parties ni d’écrits, pas plus que de classement. Les 5 épreuves doivent avant tout permettre d’évaluer les compétences humaines des candidats : agilité intellectuelle, prise de risques, sens de la responsabilité, fibre entrepreneuriale.

 
2 mises en situation en groupe : "Il faut savoir soutenir des idées"

 

Deux mises en situation de 45 minutes – la première sur l’entrepreneuriat et la seconde sur l’imagination et la créativité – doivent permettre de mesurer la capacité à interagir au sein d’un groupe, réagir à un événement imprévu ou gérer son stress sur la base d’une situation donnée. "Pour l’épreuve centrée sur l’entrepreneuriat, nous devions déplacer une infrastructure publique affectée par un événement climatique, raconte Juliette.  Nous avons eu 10 minutes pour lire le dossier, puis le jury nous a dit qu’il n’interviendrait pas pendant l’oral, c’est un peu déstabilisant…" "Au début on ne sait pas trop qui va prendre la parole, mais finalement on a 45 minutes et, au fur et à mesure, on se détend.  Il faut savoir soutenir des idées tout en sachant faire des concessions et prendre la parole sans écraser le groupe." "Comme on ne connaît pas les compétences demandées par le jury, on est plutôt obligé d’être soi-même », analyse Quentin.

 
L'épreuve d'anglais : "Avoir une aisance de communicant"

 

L’épreuve d’anglais, un débat de 15 minutes avec un autre candidat sur un sujet d’actualité, une thématique de fond ou un support media (photo, etc.), donne sa chance à ceux qui osent parler : "Une aisance et des qualités de communicant pèseront plus lourds qu’une parfaite maîtrise de la syntaxe !", assure Benoît Anger, directeur de la communication et du développement de FBS. Un exercice assez banal pour Quentin : "J’avais déjà passé ce genre d’entretien et avec mon colocataire, j’ai l’habitude de parler anglais…"

 
Le test de logique : "C'est une question d'entraînement"

 

On ne peut pas en dire autant du test de logique, l’épreuve la plus redoutée des candidats. Ils ont 1 heure pour répondre aux questions divisées en 3 catégories distinctes et rangées par ordre de difficulté croissante : "Je sais bien qu’il n’est pas possible de répondre à toutes les questions dans le temps imparti, se console Juliette, encore toute dépitée, mais il m’aurait fallu 3 fois plus de temps."C’est d’abord une question d’entraînement", remarque Quentin, qui conseille de "faire attention aux petites subtilités, même si en apparence les questions peuvent avoir l’air facile".  "Je m’étais entraîné avec ceux [les tests de logique] de l’ESSEC et, franchement, je trouve que les tests de FBS les valent", renchérit Vincent.

 
L'entretien-bilan devant le jury : "À la recherche de profils innovants"

 

L’entretien-bilan (45 minutes) qui clôture la journée – plus classique à en croire les participants – permet de faire le point avec le jury sur les résultats des différentes épreuves de la journée. C’est aussi l’occasion de revenir sur ses études (meilleure copie pour un élève de prépa), ses engagements et sa motivation. "Les examinateurs cherchent à voir ce qu’il y a d’original, d’innovant dans notre parcours, si nous avons des expériences à l’international", raconte Quentin. Juliette, attirée par le luxe, a le sentiment d’avoir mal défendu son bifteck : "Les examinateurs m’ont dit que je ne connaissais pas assez bien le secteur. J’aurais dû être capable de citer plein de noms d’entreprises…"

 
Talent Days : un recrutement de 1.300 étudiants à la prochaine rentrée

 

Malgré quelques ratés, les candidats sortent avec le sentiment d’avoir vécu une expérience intéressante. "Cela sort des sentiers battus du cursus de la prépa du type écrit-oral, c’est vraiment intéressant !", lance Vincent. Il a notamment apprécié le mélange des candidats et la présence de professionnels dans les jurys.

Séduits par la formation, par le voyage et par l'orientation pratique et internationale vendue dans la plaquette de l'école, les candidats gardent la tête froide : "FBS se démarque vraiment des autres écoles en termes de sélection, va-t-elle réussir à faire de même en matière de formation ?", s’interroge Quentin, qui envisage sérieusement une reconversion en école de commerce afin de concrétiser son projet de création d’entreprise. Vincent et Juliette voient davantage la journée comme un tour de chauffe avant les oraux des autres banques d’épreuves. Quitte à tenter l’aventure s’ils n’étaient pas pris dans une ESC qui leur plaît. "Le concept FBS est différent, c’est un risque à prendre, mais ça se tente !", lance Juliette. "Parfois en prépa, on raisonne beaucoup avec les classements, c’est important, mais ce n’est pas l’essentiel, la dimension novatrice rentre aussi en ligne de compte", conclut Vincent.

L’école qui propose 1.300 places pour les deux rentrées prochaines (septembre 2013 et janvier 2014), n’a pas encore assez de recul pour savoir si elle fera le plein. "On devrait y voir plus clair d’ici un mois et demi, quand les résultats des autres banques d’épreuves seront tombés", explique l’école. Les sélections sont en effet loin d’être finies !


FBS a déposé un nouveau dossier auprès de la CGE
La CGE (Conférence des grandes écoles) a choisi Twitter le 3 juin 2013 pour annoncer l’exclusion des 4 ESC à l’origine de FBS. Une formalité liée à leur changement de statut juridique, explique l’organisation. Par cette décision, les écoles composant FBS perdent immédiatement toutes leurs accréditations CGE : mastères spécialisés (MS), Mastères en Science (MSc) ou Badge. Afin de "ne pas pénaliser les étudiants, en cours de formation", la Conférence les autorise néanmoins à délivrer leur diplôme aux étudiants inscrits cette année universitaire dans les formations accréditées. FBS, qui voit dans cette décision une procédure classique, est en train de déposer un nouveau dossier auprès de la CGE, pour l’école dans son ensemble, cette fois.
Bonne nouvelle pour FBS, l’organisme d’accréditation AACSB, lui, a décidé de maintenir pour un an son label octroyé au campus de Tours-Poitiers (ex-Escem) et de Clermont-Ferrand (ex-ESC). "Un premier pas" vers une accréditation globale, assure l’établissement qui s’est lancé dans un nouveau processus d’accréditation avec en vue une obtention vers 2016-2017.Mais tout le monde attend avec impatience l’avis de la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et diplômes de gestion) sur la possibilité ou pas pour l'école de délivrer le grade master…

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