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Coaching

Grandes écoles : pourquoi pas vous ?

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Gros plan sur le programme de l’une des plus prestigieuses écoles de management françaises, l’ESSEC, qui a mis en place depuis 2003 un programme d’ouverture sociale destiné aux élèves issus de milieux défavorisés.

« Les grandes écoles, je ne savais même pas que ça existait ! » Ainsi parle Terry M’Vunda, 20 ans, originaire d’Argenteuil (95) et aujourd’hui étudiante dans une grande école de commerce, Reims Management School (51). « Quand j’étais en seconde, c’est ma prof de sport qui m’a parlé du programme "Une grande école, pourquoi pas moi ?". J’ai dit oui sans trop savoir ce qui m’attendait, je pensais que c’était une forme d’aide aux devoirs. En réalité l’objectif est, pendant nos trois années de lycée, de nous ouvrir à la culture, d’étudier les codes sociaux pour être à l’aise dans tous les milieux, de nous emmener à des expos, au théâtre, de nous apprendre à bien s’exprimer à l’oral, etc. A la fin de la première année du programme, nous avons même été invité à la Garden Party de l’Elysée ! Un grand moment ! ».

 

Lutter contre l'autocensure 

 

L’ESSEC a été la première des grandes écoles a mettre au point un tel programme, qui propose de coacher des élèves issus de lycées situés en Zone d’éducation prioritaire ou en zone urbaine sensible. L’objectif affiché est clair : ouvrir les établissements de prestige que sont les grandes écoles de management et d’ingénieurs à tous les jeunes, et pas seulement aux enfants d’enseignants ou de cadres. Car les chiffres sont rudes : aujourd’hui, 55% (*) des inscrits en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) sont des enfants de cadres ou professions libérales, et seulement 16% sont des enfants d’ouvriers ou d'employés.

« L’objectif n’est pas de formater ces jeunes pour qu’ils intègrent ensuite notre école tient à préciser Chantal Dardelet, la responsable du programme à l’ESSEC. Mais il s’agit de leur transmettre tout le capital social et culturel qui leur manque pour développer leur esprit critique et leur confiance en eux, et leur donner les clés pour bien choisir leur orientation ». L’autocensure fait en effet des ravages chez les jeunes issus de milieux populaires : de très bons élèves n’osent pas s’inscrire en prépa ou viser de grandes écoles parce qu’ils pensent que ce n’est pas pour eux, ou que c’est trop cher. A 7000 euros l’année en moyenne, on peut les comprendre ! « Mais notre travail consiste aussi à faire entendre à ces élèves qu’emprunter de l’argent pour payer son école, c’est un investissement rentable » ajoute Chantal Dardelet. 

 

Un effet boule de neige

 

Depuis 5 ans, le programme de l’ESSEC a eu le temps de faire des petits : sur 180 écoles membres de la CGE (Conférence des Grandes écoles), un peu plus d’une centaine propose désormais des dispositifs d’ouverture sociale. Les jeunes qui ont bénéficié de ce tutorat pas comme les autres sont les meilleurs ambassadeurs de cette bonne parole : « Nous les sollicitons régulièrement pour qu’ils aillent raconter leur expérience à d’autres lycéens, et booster leur ambition » raconte Chantal Dardelet.

Pour Terry, le bilan est positif. Son bac en poche, elle a intégré une classe préparatoire réputée, « et ce contre l’avis du conseiller d’orientation qui a osé me dire qu’un BTS ou un DUT, c’était déjà assez bien pour moi !» . Aujourd’hui, elle est fière de son parcours : « Le principal intérêt de ce programme, c’est de nous prouver qu’il y a des gens qui croient en nos capacités malgré notre origine sociale, ce qui nous permet ensuite de croire en nous ». CQFD.   

 

* Source : Ministère de l'éducation nationale - Direction de l'évaluation de la prospective et de la performance, suivi après le baccalauréat des élèves entrés en sixième en 1995

Pour aller plus loin : Intégrer une grande école après le bac : ces dispositifs qui vous assurent l’égalité des chances / Egalité des chances : ces filières qui font des miracles / Admission aux grandes écoles de commerce : à chaque candidat sa voie / Grandes écoles de commerce : comment elles vous arment pour demain

Sommaire du dossier
D’autres voies d’accès aux grandes écoles que la prépa Avis d'expert : Pierre Tapie, directeur de l'ESSEC