1. Quand des étudiants en management s'initient au théâtre au Cours Florent
Reportage

Quand des étudiants en management s'initient au théâtre au Cours Florent

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Séance d'improvisation au Cours Florent pour les étudiants en management du bachelor ESG // © Cécile Peltier
Séance d'improvisation au Cours Florent pour les étudiants en management du bachelor ESG // © Cécile Peltier

Pour la première fois en 2015, 300 étudiants du Bachelor ESG testent les “Sharing Weeks” : une plongée de deux fois une semaine dans l’une des 25 autres écoles du réseau Studialis, à la découverte de nouveaux domaines comme le théâtre. Reportage sur les planches du Cours Florent.

“On augmente l’énergie de 100 % ! Allez-y !” lance Marie-Alix Costé de Bagneaux, professeur d’art dramatique au Cours Florent à la quinzaine de jeunes qui s’échangent un ballon imaginaire avec un naturel déconcertant. Qui a dit que les commerciaux n’étaient pas créatifs ? Étudiants de première, deuxième ou troisième année de Bachelor commerce, ressources humaines ou finance du groupe ESG (ESGCI, ESGF, ESGRH), ils ont opté pour le théâtre parmi la trentaine d’électifs proposés (comme journalisme à l’ICP-Paris, initiation au design à Strate, e-réputation et personal branding à l’IESA-Multimédia à Paris…) dans le cadre de cette seconde semaine de “Sharing Week”. Au programme : une initiation à l’impro, aux jeux théâtral et cinématographique, des rencontres avec un réalisateur et un metteur en scène…

Trouver sa voie 

L’objectif ? Découvrir l’une des autres écoles du groupe Studialis, rencontrer d’autres étudiants, mûrir son orientation... “Beaucoup d’élèves de première année n’ont pas d’idée précise de ce qu’ils veulent faire plus tard”, note Olivier Sercq, le chef de projet “Sharing Weeks”. C’est aussi et surtout l’occasion de travailler son savoir-être, les fameuses “soft skills”, mises en avant par les recruteurs : confiance en soi, prise de parole en public, travail en équipe… Et à la clé : 2 ECTS (European Credits Transfer System) sur les 60 à valider par an. 

Oublier ses complexes

Après une session d’échauffement, “un petit exercice de base du clown” pour apprendre à “décentrer son point moteur” (les hanches normalement) dans une autre partie du corps : les cheveux, le coude ou l’oreille… Effet comique garanti. D’abord hésitants, les étudiants passent à tour de rôle sous les projecteurs, oubliant leurs complexes. “Avec le théâtre, on apprend à ne pas vivre le regard extérieur comme une violence, mais à s’appuyer dessus pour travailler”, analyse Marie-Alix Costé de Bagneaux.

Puiser dans sa propre expérience

Après les exercices, le travail des scènes amorcé la veille peut continuer. Par petits groupes, les comédiens en herbe interprètent des histoires d’amour, de rupture ou de suicide au travail, pour la plupart signées Joël Pommerat. Sur les planches, Karina annonce à un Thomas médusé qu’elle le quitte. 

Karina et Thomas, deux étudiants du bachelor ESG, en pleine rupture sur scène // Cécile Peltier

“Mets le feu à cette salle, Thomas ! Rattrape-là, tu dois la récupérer”, lance l’enseignante, invitant les élèves à puiser l’émotion dans leur propre expérience. Un frisson parcourt la salle. “On dirait qu’ils sont vraiment ensemble”, murmure une étudiante.

Une expérience pas si éloignée du commerce

À la pause déjeuner, secoués par ces deux heures trente de travail intense, les élèves sont fatigués mais contents. “C’est une concentration différente des cours. On n’est pas là pour acquérir des connaissances et les restituer. On doit se les approprier et les retranscrire selon notre personnalité”, s’enthousiasme Marie, étudiante en première année à Aix. “Cela nous apprend à parler en public”, estime de son côté Josh, en première année à Montpellier. “Mais aussi à avoir confiance en nous”, ajoute Sarah, également à Aix.

Des compétences utiles dans leur scolarité, et leur futur métier. “Le commerce, c’est un peu du théâtre”, poursuit Marie. Mégane, en deuxième année de Bachelor international à Aix, a appris qu’il fallait qu’elle parle “moins vite, plus fort, en ressortant les épaules. Il faudrait qu’on ait des cours de théâtre en école de commerce, c’est très utile !”