Rentrée 2020 : les écoles de commerce renforcent leurs dispositifs pour mieux accueillir les nouveaux bacheliers

Par Dahvia Ouadia, publié le 22 Juillet 2020
6 min

#Rentrée2020. Avec la crise sanitaire, les écoles de commerce post-bac se préparent à vivre une rentrée sans précédent. L’accueil des jeunes bacheliers est au centre de leurs préoccupations : les lycéens ont eu des cours à distance pendant quatre mois et ne sont pas retournés dans leur établissement depuis le confinement. Résultat, les établissements vont devoir renforcer leur accompagnement et les mises à niveau…

C’est historique, le taux de réussite au bac n’a jamais été aussi élevé et l’année n’a jamais été aussi particulière. S’ils ont bien eu des cours en ligne, les lycéens ne sont pas retournés dans leur établissement depuis mars 2020. Ils n'ont par ailleurs pas passé les concours d'entrée aux écoles de commerce post-bac. Dans ce contexte, ces dernières se préparent à accueillir leurs nouveaux étudiants en renforçant les dispositifs qu'elles mettent traditionnellement en place.

Découvrir son futur campus

Crise sanitaire oblige, la très grande majorité des nouveaux bacheliers n'ont pu visiter le campus de leur future école. "Nous avons mis en place un dispositif pour que nos futurs étudiants, qui n’ont pas pu voir le campus avant le confinement, puissent le visiter et rencontrer les équipes de manière individuelle", explique Jacques Boulay, directeur des opérations à l’ESSCA.

L’IESEG prévoit aussi de nouveaux formats d’intégration avec une partie virtuelle pour que les étudiants qui n’ont pas pu découvrir les locaux faute d’oraux puissent s’approprier les lieux. "Il y a une attente particulière des étudiants par rapport à ces questions et il y a un enjeu de créer ce sentiment d’appartenance à une école et à une communauté", estime Caroline Roussel, la directrice adjointe.

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Accompagner la transition du lycée vers le supérieur

Mais au-delà de la découverte de son futur campus, les écoles renforcent les actions qu’elles proposent depuis longtemps pour faciliter la transition du lycée vers l’enseignement supérieur. "Le lycée s’est terminé de manière brutale. Nous avons un rôle à jouer dans l’intégration de nos étudiants avec des formats différents pour leur apporter un socle solide", estime Caroline Roussel. Pendant son mois d’intégration, qui démarre le 24 août, l’établissement va revenir sur un certain nombre de prérequis dans différentes disciplines comme les mathématiques, la bureautique ou encore les statistiques.

Quant à l’ESSCA, elle organise un séminaire d’accueil avec le centre d’accompagnement pédagogique. "La différence cette année c’est que nous ajoutons des méthodes de travail pour mieux s’organiser quand on étudie en hybride et à distance", précise Jacques Boulay.

Patrice Houdayer, vice-doyen de Skema note aussi cette "rupture pédagogique entre le secondaire et le supérieur", pour les étudiants français du BBA. "Dans le supérieur, il y a une importante autonomie des étudiants dans l’organisation et la préparation des travaux. Nous devons accompagner les nouveaux bacheliers sur un nouveau rythme d’apprentissage", précise-t-il.

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Du tutorat et des cours de soutien

Skema fonde son approche sur du tutorat pour les étudiants qui arrivent en première année du BBA. "Ce système permet aux nouveaux entrants d’être accompagnés sur le rythme des apprentissages, l’autonomie, etc. par leurs pairs", précise Patrice Houdayer.

Dans la même veine, l’IESEG propose le dispositif "manager in vivo" qui permet à des étudiants de master de manager un groupe de quatre ou cinq étudiants du Programme grande école (PGE) ou de bachelor. "Pour l’étudiant de master, c’est une véritable expérience de manager. Pour les nouveaux arrivants, ils bénéficient du partage d’expérience des 'anciens' et auront des informations sur des thématiques clés comme bien s’alimenter, bien vivre sa vie étudiante et sa vie académique, etc.", indique Caroline Roussel.

L’ESSCA, de son côté, organise un système de cours de soutien académique avec "une armée de moniteurs" composée d’étudiants des années supérieures et du tutorat réalisé par le corps professoral. "Nous avons prévu cette personnalisation à distance et en présentiel. Mais nous renforcerons la personnalisation si nous devons opter pour plus de cours à distance dans le contexte de crise sanitaire", souligne Jacques Boulay.

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Une intégration hybride

Rompues à l’exercice de l'accueil de jeunes bacheliers, l’ESSCA et l’IESEG proposent un florilège d’actions pour mieux intégrer leurs étudiants. L’école angevine organise une semaine d’accueil avec des parties imposées – présentation des programmes, etc. – et des parties libres. Pour cette rentrée atypique, la semaine de bienvenue sera raccourcie avec un accueil par "grappe".

L'IESEG propose une partie "développement personnel" dans son dispositif d’intégration avec pour vocation d’analyser les modes d’apprentissage et le mode de fonctionnement nécessaire pour intégrer l’enseignement supérieur. "Nous organisons des ateliers de sensibilisation sur les conduites à risque, mais aussi sur comment vivre en groupe en période de Covid-19", indique Caroline Roussel. Particularité de cette année : toutes les réunions de rentrée se passent en virtuel. "Seul l’accueil en séminaire se fera en présentiel pour les premières années", souligne la directrice adjointe de l’école lilloise.

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Skema accompagne, de son côté, ses nouveaux entrants à l’échelle des apprentissages mais aussi l’échelle personnelle avec des vidéos de conseil pour les accompagner dans leur intégration du supérieur. Pour cette année particulière, l’école s’engage à avoir pour tous ses programmes 50% de face à face avec évidemment la possibilité de basculer tout de suite à distance, si besoin.

Un travail est aussi mené au quotidien avec les associations étudiantes pour accompagner les nouveaux entrants et les accueillir comme il se doit malgré la distanciation sociale.

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