Le modèle ESSEC : "Une grande école, pourquoi pas moi ?"

Par Emmanuel Vaillant, publié le 17 Decembre 2008
3 min

En moins de dix ans, la plupart des formations supérieures réputées les plus sélectives ont mis en place des dispositifs d’ouverture sociale. Retour sur les principales initiatives existantes et bilan de ces mesures, désormais au coeur des enjeux actuels sur l’égalité des chances ?

La plupart des écoles ont suivi le modèle de l’ESSEC qui, en 2003, a fait un choix fondamentalement différent de Sciences po avec son programme "Une grande école, pourquoi pas moi ?" (PQPM). "Notre politique consiste non pas à proposer une voie d’accès réservée, mais à accompagner depuis le lycée jusqu’à leur insertion professionnelle des élèves méritants issus d’un milieu modeste", déclare Chantal Dardelet, coordinatrice du programme PQPM à l’ESSEC et responsable du pôle ouverture sociale à la Conférence des grandes écoles (CGE). Concrètement, ce programme permet à des élèves repérés dès la classe de seconde dans des lycées partenaires de bénéficier notamment d’un tutorat étudiant et d’une aide à l’orientation.

En janvier dernier, un premier bilan a montré des résultats probants en termes de réussite au bac, et d’ouverture sur des études plus longues notamment des filières sélectives telles que les CPGE. Et surtout, en moins de cinq ans, ce dispositif a fait école auprès d’une centaine d’écoles de commerce et d’ingénieurs. De l’École normale supérieure à l’École polytechnique, des écoles des mines aux INSA, d’Audencia Nantes à Euromed Marseille, toutes ont adopté un modèle inspiré du programme PQPM qui concerne aujourd’hui près de cinq mille élèves. Là encore, chacun de ces établissements peut se targuer d’apporter un accompagnement efficace aux lycéens bénéficiant d’un tutorat.
Mais pas de miracle ! oserait-on dire. À ce jour, aucun élève accédant à ces soutiens n’est parvenu à décrocher une place dans l’une des écoles d’ingénieurs et de commerce les plus prestigieuses telles Polytechnique, Centrale ou HEC. "L’objectif n’est pas de faire intégrer un élève à l’ESSEC à tout prix, prévient Chantal Dardelet. Nous sommes là pour apporter à un lycéen plus d’ambition en lui donnant un bagage et des compétences qui lui permettent d’aller aussi loin que possible en fonction de ses capacités dans la voie qui est la sienne."

Programme ESSEC : des effets clairement positifs


Coordonnée par Annick Soubai, directrice du CIO de Nanterre, une enquête psychosociale menée entre 2005 et 2008 sur les 150 élèves ayant bénéficié dans huit lycées du Val-d’Oise du programme ESSEC permet pour la première fois d’en mesurer les impacts. Les résultats, inédits, sont nettement positifs. À trois ans d’intervalle, les élèves témoignent tous de plus de confiance en eux, de motivation, d’esprit de compétition et de capacité à s’organiser. Et sur tous ces indicateurs, les filles progressent plus que les garçons. Autre constat, ces élèves issus de milieux défavorisés n’avaient, contrairement à une idée reçue, pas moins d’ambition sociale que les autres. "Ils partagent les mêmes représentations sociales de la réussite, rapporte Annick Soubai. Le programme ESSEC leur a juste permis de diversifier leurs choix de métiers."

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