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Décryptage

Les IAE pendant la crise : assurer la continuité pédagogique sans pénaliser les étudiants

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Dès le début du confinement, les IAE ont su s'adapter rapidement pour permettre aux étudiants de ne pas manquer les cours. // © Adobe Stock / insta_photos
Dès le début du confinement, les IAE ont su s'adapter rapidement pour permettre aux étudiants de ne pas manquer les cours. // © Adobe Stock / insta_photos

Alors que la France poursuit le déconfinement et voit les mesures sanitaires s’assouplir, comment les Instituts d'administration des entreprises (IAE) ont traversé la crise ? La plupart d’entre eux ont su s’adapter très vite aux contraintes et mettre en place la fameuse continuité pédagogique.

Alors que peu à peu le retour à la normale semble de mise, l’Etudiant a souhaité faire un bilan sur la manière dont les IAE, les écoles de management universitaires, ont traversé la crise sanitaire et le confinement. A l’instar des business schools, ces écoles ont su réagir très vite.

Une grande réactivité pédagogique

Dès le lendemain de l’annonce du confinement, les IAE de Paris, Rennes et Angers, ont organisé les enseignements à distance pour assurer la continuité pédagogique. "Dès le lundi, les étudiants ont été invités à rester chez eux. Nous avons mis en place des cours à distance et privilégié les classes virtuelles. Nos étudiants ont eu des cours en ayant en face d’eux leurs camarades et les enseignants", raconte Gwenaëlle Poilpot-Rocaboy, directrice de l’IAE de Rennes (35).

Cet établissement qui a amorcé sa transition numérique en 2018 a dû former de manière accélérée ses professeurs et ses intervenants extérieurs. Côté outils, l’IAE de Rennes a privilégié les outils de l’université, comme VIA, mais d’autres outils ont aussi été utilisés, comme Zoom ou Teams.

Même réactivité à l’IAE d’Angers (49) qui a commencé les classes virtuelles dès le lundi 16 mars. "Il n’y a pas eu d’arrêt d’un enseignement à cause de la crise. Nous avons utilisé plusieurs approches pédagogiques : les classes à distance et virtuelles, des études de cas et des dossiers à distance, et la plateforme Moodle pour avoir accès à des ressources, des quiz, etc.", explique François Pantin, directeur de l’IAE d’Angers.

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Les examens réaménagés

Côté examens, le mot d’ordre a été la continuité des évaluations. "Nous avons poursuivi les examens en adaptant le contenu, la durée et les modalités en tenant compte des temps de connexion pour éviter la triche", résume Eric Lamarque, directeur de l’IAE de Paris et président du réseau IAE France.

Néanmoins, ces établissements ont du proposer des évaluations mixtes. "Le premier réflexe a été de modifier les contrôles de connaissances et de transformer les examens sur table par des projets, des études de cas dans un temps limité, etc. Nous avons aussi organisé des QCM via Moodle qui arrivent en ordre aléatoire pour éviter la triche et de manière limitée nous avons fait appel à une entreprise de surveillance à distance", résume Gwenaëlle Poilpot-Rocaboy.

À Angers, l’IAE a fait le choix de réviser les modalités de contrôle de connaissances pour les examens en présentiel. "Nous avons proposé de passer à des modalités asynchrones avec des remises d’activité ou de dossiers afin de ne pas stresser les étudiants et ne pas saturer les outils numériques", précise le directeur.

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Garantir la diplômation

Côté stages, les établissements ont proposé différentes modalités selon le niveau d'études. "Pour nos licences 3 et nos masters 1, quand le télétravail n’était pas possible, nous leur avons donné un travail de substitution en fonction des spécialités", précise Gwenaëlle Poilpot-Rocaboy .

L’IAE d’Angers a de son côté décidé d’annuler les stages des licences 3 et des masters 1. "Nous proposons une évaluation différente avec un mémoire en lien avec l’actualité, par exemple pour comprendre l’impact de la crise sur les RH. Pour ne pas les empêcher, ces étudiants ont pu faire un stage facultatif en parallèle".

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Quel impact sur l'alternance et les stages ?

A l’IAE de Paris, Eric Lamarque estime que la crise aura peu d'impact sur les alternants. "Chez nous le contrat dure deux ans. Aussi l’interruption de trois ou quatre mois ne devrait pas perturber la validation de leur alternance. "Pour ceux qui sont en M2, ils ont pu faire leur rapport normalement. Pour ceux qui sont en M1, ils auront eu en tout trois mois d’interruption", explique-t-il.

Pour les masters 2 qui finissent leurs études par un stage, l'objectif est clair : garantir la diplomation des étudiants. À Rennes comme à Angers, les IAE ont choisi de prolonger l’année universitaire jusqu’à décembre 2020. "Ils peuvent ainsi démarrer un stage dès que les entreprises le permettront. Enfin, si certains ont des difficultés au 31 décembre 2020, nous trouverons des solutions pour garantir leur diplomation", précise la directrice de l'établissement.

"L’idée c’est de ne pas les pénaliser et de les accompagner dans cette période complexe", confirme le directeur de l'IAE d'Angers.