1. Ma vie d’étudiante à GEM : Aurélia, testeuse de nouveau parcours en école de commerce
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Ma vie d’étudiante à GEM : Aurélia, testeuse de nouveau parcours en école de commerce

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"La promotion précédente, du parcours Ulysse, était reclue dans un bâtiment à part, heureusement ce n'est plus le cas maintenant", explique Aurélia. // © Delphine Dauvergne
"La promotion précédente, du parcours Ulysse, était reclue dans un bâtiment à part, heureusement ce n'est plus le cas maintenant", explique Aurélia. // © Delphine Dauvergne

Aurélia, 20 ans, a choisi de suivre le parcours Ulysse de GEM (Grenoble École de Management). Pendant cette première année du programme grande école, elle sert de "cobaye" pour tester de nouvelles méthodes pédagogiques.

"J'ai choisi Grenoble École de Management (GEM) car c'est une école jeune, innovante, spécialisée dans le management de la technologie et la géopolitique, des domaines où je souhaite me spécialiser plus tard", justifie Aurélia, 20 ans, en première année du programme grande école de GEM. Elle souhaitait également quitter Nantes, après sa prépa effectuée au lycée Externat des Enfants Nantais, pour découvrir une nouvelle ville.

Parmi les parcours proposés à GEM, Aurélia a choisi "Ulysse". Lancé en septembre 2013, celui-ci a pour ambition d'offrir aux étudiants de première année de nouvelles méthodes pédagogiques. "Nous sommes moins nombreux, seulement 23 étudiants contre 35-40 pour les autres classes. Je préfère étudier dans un groupe réduit, il y a davantage de solidarité", constate Aurélia. Ses frais de scolarité s'élèvent à 10.787 € par an. L'étudiante a souscrit un prêt étudiant et bénéficie de l'aide de ses parents (700 € par mois).

Un début d'année très concret

Les étudiants qui ont choisi le parcours Ulysse commencent leur formation avec un séminaire d'intégration de quatre jours dans le Vercors. "Juste après la rentrée, cela permet de se connaître très vite. Utile pour travailler ensuite en groupe", estime Aurélia. Activités de montagne, jeux de pistes, mais aussi yoga et exercices pour avoir une meilleure connaissance de soi, ces quatre jours sont intensifs. Les étudiants passent une sorte de test de personnalité. Certains y croient, d'autres pas. Pour Aurélia l'expérience a été concluante : "Je suis persévérante, j'aime discuter les opinions et j'ai du mal à être contredite : c'est tout moi !"

En octobre, les étudiants enchaînent ensuite pendant un mois avec "un stage d'étonnement", pour découvrir le monde du travail. Aurélia a effectué le sien au Crédit agricole. "J'ai eu de la chance car mon maître de stage était un ancien de GEM. Il m'a prise sous son aile et m'a fait découvrir de nombreux postes dans des agences différentes, ainsi qu'au siège", raconte Aurélia. Elle admet que cela "revient à un stage ouvrier et que même si le 'rapport d'étonnement' demandé met l'accent sur les a priori en entreprise, il reste un rapport de stage classique."

Apprendre avec des problèmes

Par conséquent, les cours ne débutent qu'en novembre. Seul souci : "cela nous empêche de suivre une langue vivante 3, car les enseignants ne veulent pas que l'on commence avec autant de retard dans l'année", regrette Aurélia. En cours de langues, les étudiants sont, en effet, mélangés à ceux des autres parcours.

Aurélia passe sa soutenance de Live Business Case, en proposant avec ses camarades des solutions pour l’éditeur de logiciels de calligraphie arable eMashq.com.
Aurélia passe sa soutenance de "Live Business Case", en proposant avec ses camarades des solutions pour améliorer la visibilité de l’éditeur de logiciels de calligraphie arable eMashq.com. // © Delphine Dauvergne

Pendant leur année, les étudiants ont plusieurs périodes de "Live Business Cases". Durant cinq à six semaines, ils s'attaquent à des problèmes réels d'entreprises, qu'ils doivent résoudre en groupe. "Les responsabilités face à l'entreprise, l'oral, les présentations en anglais... : c'est beaucoup de stress", confie Aurélia. Pour elle, la plus grande difficulté a été "de travailler en équipe aussi longtemps". Mais l'étudiante a gagné en autonomie.

La méthode "apprendre par problème" a des avantages, mais aussi quelques inconvénients. "Nous manquons de cadrage de la part des professeurs. Ils ne nous disent pas forcément ce qui est bien dans ce qu'on fait, ce qu'il faut améliorer, ou quelles notions sont plus importantes à maîtriser que d'autres. Les examens écrits ne sont, également, pas assez nombreux", regrette Aurélia.

Dans le parcours Ulysse, certaines matières sont évaluées comme en cursus classique. C'est le cas, par exemple, du contrôle de gestion ou du droit des contrats. Mais l'accent est surtout mis sur les notions clés, pour ne pas désavantager les étudiants au parcours plus pratique. Globalement, Ulysse n'est pas de tout repos. Aurélia compte ainsi "20h de cours et 10h de travail personnel par semaine".

Engagée dans l'entrepreneuriat social

À cela s'ajoute également un investissement dans l'une des associations de l'école. Pour sa part, Aurélia a rejoint ImpAct, sur la thématique du développement durable. L'étudiante est responsable de projets d'entrepreneuriat social, au sein de l'équipe Enactus de l'association. Parmi les trois dossiers qu'elle gère, Handi'CAPermis, un site Internet d'informations pour les handicapés. "Nous essayons d'améliorer les projets d'année en année. J'aime les chapeauter en gardant une vision entrepreneuriale et sociale", explique Aurélia. Son engagement associatif lui prend au moins deux heures par semaine, mais l'école essaie de laisser aux étudiants leur jeudi après-midi libre pour cette activité.

Autre casquette pour Aurélia, celle de trésorière de l'une des huit listes BDE (bureau des élèves), "Far West". "Nous faisons la campagne des élections seulement pour nous amuser à créer des événements. Mais être trésorière me permet d'appliquer ce que je vois en cours. J'ai un budget de 15.000 € à gérer", raconte Aurélia.

Difficile de sortir de GEM...

L'étudiante concède que la plus grande partie de sa vie étudiante se passe à GEM. "Parfois, j'ai envie de sortir de l'école pour rencontrer d'autres personnes, me balader à Grenoble, aller au marché..." Aurélia habite dans un studio situé à deux minutes à pied de l'école, à proximité de la gare. Cela lui coûte 450 € par mois (mais elle perçoit 150 € d'aide au logement) et lui permet de rentrer chez elle parfois pour déjeuner. Les autres jours, elle prend un sandwich à la cafétéria de l'école ou se rend dans un fast-food. Aurélia s'était inscrite pour faire du handball au début de l'année, mais elle avoue "n'avoir pu y aller qu'une fois depuis la rentrée".

L'année prochaine, Aurélia aimerait suivre le MBI (Master in International business) de GEM sur le campus de Londres. À terme, elle envisage de "travailler dans l'audit de conseil, analyser, faire des études de cas en lien avec la géopolitique". Comme les deux tiers des étudiants du parcours Ulysse, elle ne rejoindra pas un cursus "classique" en deuxième année. Son projet : se tourner vers l'étranger, pour continuer d'explorer encore et encore.