Ouverture sociale : où en sont les écoles de commerce ?

Par Simon Mauvieux, publié le 29 Novembre 2021
4 min

Plusieurs écoles de commerce prennent à bras le corps les questions d’ouverture sociale. Si plusieurs années sont nécessaires pour observer des résultats, les années scolaires 2021 et 2022 marquent l’arrivée de nouveaux dispositifs.

Avec 12% d’étudiants boursiers, les écoles de commerce figurent en dernière position des établissements post-bac sur le plan de l'ouverture sociale. Un problème de mixité sociale, dû en grande partie au coût des études, qui s’élève en moyenne à 11.635 euros par année. Si toutes les écoles ne sont pas engagées au même niveau, certaines tentent de mettre en place des dispositifs inédits.

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Des frais de scolarité pondérés

C’était une nouveauté pour la rentrée 2021, l’Essca et Toulouse Business School ont mis en place une modulation des frais de scolarité en fonction des revenus de la famille. Si plusieurs écoles disposent de modulation en fonction de critères Crous, comme Neoma, HEC, l’IMT BS, l’ESCP ou l’ESC Clermont Business School, entre autres, l’Essca et Toulouse Business School vont plus loin.

"On ne souhaitait pas se consacrer uniquement aux boursiers, mais aussi aux classes moyennes. On a une dizaine de tranches qui permettent de moduler les frais de scolarité", explique Jean Charroin, directeur général de l’Essca. En 2021, dans la tranche la plus basse, un étudiant inscrit dans un programme de management peut payer 3.000 euros l’année contre 12.000 auparavant. Pour la rentrée 2022, l’Essca indique que la tranche la plus modeste aura des frais de scolarité entièrement gratuits.

Car ces réductions comptent beaucoup dans le budget d’un étudiant. Adam Barhi, qui faisait partie des 50 premiers boursiers lors du concours d’entrée à la Burgundy Business School, a bénéficié de la gratuité des frais de scolarité pour sa première année de master. Un soulagement pour cet étudiant qui devait souscrire à des prêts bancaires à chaque rentrée scolaire. "J’avais déjà pris un prêt pour cette année, mais j’ai pu bloquer le capital et l’utiliser pour partir en échange à l’étranger et louer un appartement quand je suis rentré", témoigne-t-il.

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Des concours adaptés pour favoriser la diversité

Au-delà des frais de scolarité, plusieurs écoles se sont aperçues que les concours d’entrée pouvaient aussi constituer un frein important à la diversité sociale. À HEC, pour la rentrée 2022, les élèves boursiers qui repasseront le concours pour la seconde fois (en cube) bénéficieront de points bonus. "On a constaté une grosse différence de performance entre les boursiers et les non-boursiers. Un boursier a deux fois moins de chances de réussir qu’un non-boursier lors du premier concours. En cube, la différence se réduit", précise Hélène Bermond, déléguée à l’égalité des chances à HEC.

L’Essec, qui va aussi mettre en place les points bonus en 2022, va plus loin. Dès la rentrée prochaine, 40 étudiants boursiers en dessous de la barre d’admissibilité pourront passer un deuxième oral. "À l’oral, ils viendront nous parler de leurs expériences, de leur parcours et de leur personnalité et s’ils nous scotchent, c’est que ce sont des étudiants dont on a besoin pour inventer le monde de demain", explique Chantal Dardelet, directrice du centre "Égalité des chances" de l’Essec. "La diversité, c'est une solution, un objet de performance pour tout le monde et il faut forcer le destin pour y arriver", croit-elle.

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