« J'hésite entre une prépa et une école d'ingénieurs en 5 ans »

publié le 10 Octobre 2006
6 min

Depuis son plus jeune âge, Émilie, en terminale S européenne, aime étudier et figure en tête de classe. À l'aise dans toutes les matières, le choix de sa filière s'est fait au terme de longues tergiversations.

Aujourd'hui en terminale au lycée polyvalent Gabriel-Voisin à Tournus (71), les projets d'avenir d’Émilie ont mûri sans être encore complètement définis. « J'aimerais beaucoup devenir chercheuse en physique nucléaire. Cela doit être vraiment stimulant de faire des découvertes scientifiques utiles pour l'humanité... Mais je me vois bien aussi concevoir de nouveaux produits en tant qu'ingénieur en bureau d'étude », confie-t-elle.
La jeune fille est très attentive aux répercussions de ses choix sur le long terme. Elle s'est ainsi inscrite dans la filière S option SI (sciences de l'ingénieur) en fonction de ses projets d'études. « J'ai préféré prendre de l'avance ou, du moins, ne pas avoir de retard... », affirme-t-elle.
 

Un emploi du temps bien chargé

 

Pour accroître ses chances de réussite dans des filières élitistes après le bac, Émilie cumule, en plus du cursus classique de terminale, trois options facultatives : le latin, la spécialité mathématiques et la section européenne (cours de physique en anglais). « Au total, j'ai trente-six heures de cours par semaine. J'ai tellement de matières que je ne suis qu'une heure et demie de cours de latin, au lieu de trois... », raconte-t-elle avec le sourire. La jeune fille vise la mention européenne au bac (qui attesterait qu'elle a obtenu au minimum 12/20 en LV1 et 10/20 à une évaluation spécifique). Consciente que les places dans la recherche sont chères, elle envisage sereinement de travailler à l'étranger « aux États-Unis, en Chine, au Japon ou en Suisse au sein du CERN (Centre européen de recherche nucléaire) ».
 

La pression la motive

 

Si elle est une élève studieuse, Émilie prend cependant soin de se ménager du temps pour ses loisirs. « Je ne suis pas tout le temps plongée dans mes bouquins. J'ai même la fâcheuse tendance à faire mes devoirs dans l'urgence, car la pression me motive », déclare-t-elle. Une habitude qu'elle devra perdre si elle veut réussir ses études supérieures. « Je sais que l'an prochain, je ne serai pas la seule à avoir des facilités... Je vais devoir me consacrer exclusivement à mes études, alors j'en profite avant ! »
Après son bac, Émilie hésite entre deux voies effectivement très sélectives : aller en classe prépa en vue d'intégrer une école d'ingénieurs en trois ans, ou entrer directement en école d'ingénieurs.
 

Une attirance pour les écoles renommées…

 

Ces écoles accessibles après bac sont réparties en sept groupements : les INSA (Instituts nationaux des sciences appliquées), la FESIC (Fédération d'écoles supérieures d'ingénieurs et de cadres), les ENI (Écoles nationales d'ingénieurs), les écoles universitaires, les FIP (formations d'ingénieurs en partenariat), les écoles à recrutement propre et les INP (Instituts nationaux polytechniques). Tous ces établissements délivrent un diplôme reconnu par la CTI (Commission des titres d'ingénieurs) et la formation comprend généralement deux ans de cycle préparatoire suivis de trois ans de cycle ingénieur. Beaucoup d'écoles pratiquent une sélection commune. Elle s'effectue en général sur dossier (notes de première, terminale, voire résultats au bac), avec en complément parfois, des épreuves écrites et un entretien de motivation.
 

… et très sélectives

 

Émilie a repéré plus particulièrement les INSA en raison de la spécialisation possible en génie physique à Toulouse (31). Contrairement à d'autres écoles, le choix de la spécialité n'intervient ici qu'en quatrième année, après deux ans de préorientation. Mais la sélection à l'entrée est rude. « Environ 8 000 candidats postulent chaque année après le bac, avec, au final, un peu plus de 1 600 reçus. Les deux tiers des admis ont obtenu la mention bien ou très bien au bac », signale-t-on au service des admissions des INSA. Compte tenu de ses excellents résultats, Émilie a toutes les chances de pouvoir y entrer, mais elle reconnaît être attirée par la renommée des écoles accessibles après une classe prépa scientifique.
 

Repousser ses limites

 

Pas moins de 365 lycées comportent des CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles). Parmi elles, les prépas scientifiques constituent la voie royale pour accéder aux plus grandes écoles d'ingénieurs, sur concours, en fin de seconde année. Le rythme de travail est intense. Il faut faire preuve d'une grande discipline de travail et pouvoir affronter la pression, ce qui n'inquiète pas Émilie outre mesure. « J'ai envie de voir de quoi je suis capable. La prépa est un moyen d'aller au bout de mes capacités. »
Elle a choisi sans hésiter la filière MP-SI (maths, physique-sciences de l'ingénieur) pour ses enseignements très théoriques. En 2004-2005, 22 931 élèves ont été admis en première année de prépa scientifique, dont 8 087 en MP-SI. La filière est très fréquentée, car elle mène à la quasi-totalité des écoles d'ingénieurs dont les plus prestigieuses par le biais des concours communs Centrale-Supélec, e3a, polytechnique, Mines-Ponts...
 

Relever le défi de la sélection

 

En 2004-2005, au lycée du Parc à Lyon (69), convoité par Émilie, 1 800 candidats ont présenté leur dossier pour 132 places. Les résultats du bac ne sont pas pris en compte dans l'admission, mais pour information, sachez que 61,3 % des admis à la rentrée 2005 ont eu la mention très bien et 33,6 % la mention bien. « Nous faisons d'abord un premier classement à partir des notes dans toutes les disciplines. Puis, nous portons notre attention sur les appréciations des professeurs, le niveau de la classe, la position de l'élève par rapport au reste de la classe, l'appréciation générale du proviseur... Les candidats peuvent être départagés par les matières non scientifiques », indique Jean-Alain Hiver, proviseur du lycée du Parc.
 

Du temps pour affiner son projet

 

« Je ne sais pas si j'ai le niveau pour entrer au Parc, mais je pense avoir mes chances dans des lycées moins cotés », estime Émilie. La jeune fille a besoin de temps pour affiner son projet. La prépa lui semble pour l'heure le choix le plus judicieux. « Même si j'aime beaucoup la physique, je ne sais pas encore si je veux vraiment me spécialiser dans le domaine. Je choisirai plutôt mon école en fonction de sa réputation, des stages et de la possibilité de partir à l'étranger. »
 


Émilie commente ses notes
Bac de français : 15/20 à l'écrit, 14/20 à l'oral. J'ai été étonnée par ma note à l'écrit, car je n'avais pas été inspirée.
Maths : 17/20 : J'ai des facilités, j'aime la théorie et je suis assez logique.
Physique-Chimie : 17/20. La physique nucléaire m'intéresse beaucoup.
SI : 16,5/20. J'ai parfois du mal à déduire une loi générale d'après les résultats des expériences.
Philosophie : 14/20. Je préfère les commentaires aux dissertations, car la thèse est déjà développée par l'auteur.
Anglais : 17,5 /20. J'ai beaucoup progressé. J'aime les cours de civilisation.
Espagnol : 16/20. Les textes qu'on étudie ne sont pas très intéressants.
Histoire-géo : 14/20. Pour les commentaires de texte, j'ai du mal à saisir la problématique.

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