Clément Huber, l'ex-étudiant ingénieur futur Thomas Pesquet ?

Par Cécile Marchand-Ménard, publié le 15 Decembre 2021
6 min

Depuis mars, l’Agence spatiale européenne recrute les astronautes de demain. Clément Huber, diplômé de l’ENSTA-Paris, figure parmi les 1.500 profils encore en lice sur près de 23.000. Avec une préparation sérieuse, il espère bien marcher dans les pas de Thomas Pesquet.

Enfant déjà, Clément Huber rêvait de voyager dans l’espace. "Dans le ciel noir", comme il se souvient l’avoir expliqué à un ami écolier. Désormais âgé de 29 ans, le Grenoblois touche du bout des doigts son rêve d’étoiles, après avoir franchi le 9 décembre dernier la deuxième étape du très sélectif recrutement de l’Agence spatiale européenne (ESA).

"Astronaute, c'est un métier exaltant et diversifié. Je suis curieux. J’aime apprendre de nouvelles choses et sortir de ma zone de confort. Candidater tombait sous le sens", assure Clément Huber. Comme lui, 1.500 recrues – parmi les quelque 23.000 enregistrées en juin – sont encore en lice pour occuper un des six postes d’astronautes et vingt postes de réservistes proposés par l’ESA.

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Un profil complet, qui pourrait séduire l’ESA

"J’avais mis ce rêve de côté le pensant irréalisable, explique Clément Huber. En revanche, je suis resté attaché à ce qui me passionnait dans le métier d’astronaute". Fasciné par le vol, l’espace et l’aventure, l’aspirant spationaute passe notamment son brevet de pilote au lycée, pratique le parapente ou la plongée.

Surtout, en 2012, après une prépa scientifique, il intègre l’ENSTA Paris, une des 204 écoles d'ingénieurs françaises, avec la volonté de se rendre utile et de faire avancer la science. Il y étudie spécifiquement la robotique et intègre en deuxième année de master, l’Isae-Supaéro de Toulouse... tout comme un certain Thomas Pesquet, recruté lors de la dernière campagne de l’ESA en 2008.

"Clément fait partie des étudiants qui m’ont marqué. Il est très enthousiaste et tourné vers les autres", commente Thomas Loiseleux, directeur adjoint de la formation et de la recherche à l’ENSTA-Paris. Pour lui, le Grenoblois a toutes ses chances : "Il a un intérêt marqué pour l’aéronautique, est vif dans sa prise de décision, sportif et endurant". Son profil complet, entre scientifique chevronné et sportif aguerri aux situations extrêmes pourrait bien séduire l’Agence spatiale européenne.

Au sortir de l’ENSTA-Paris et après quatre ans comme salarié dans une start-up consacrée au développement de véhicules autonomes, Clément Huber amorce en effet un virage surprenant. "J’avais besoin de nouveaux défis, de concret, de me dépasser et de revenir aux sources." Il s’engage alors comme élève officier au sein de l’académie militaire Saint-Cyr Coëtquidan.

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Une préparation digne des plus grands marathons

À l’annonce de l’ouverture des recrutements en mars 2021, Clément Huber décide finalement de se consacrer à la préparation du concours d’une vie. Après une première phase de sélection sur CV et lettre de motivation, il est convoqué le 9 décembre dernier pour une série de tests psychotechniques à Hambourg. "On a testé mes capacités cognitives, ma mémoire, mon acuité visuelle. Tout s’est très bien passé", assure-t-il.

Afin de réussir ces épreuves, il renoue avec un rythme de travail éprouvé durant ses études : "L’abnégation est la même qu’en prépa. Depuis que j’ai reçu ma convocation, je me suis mis dans une bulle". Pilotest, site web où s’entrainent les futurs pilotes cadets d’Air France est devenu son meilleur allié, l’Astronaut selection test book du britannique Tim Peak, son livre de chevet. "Il y présente des mises en situation qui pourront m’être utiles si je passe à la phase suivante", espère l’ancien étudiant de l’ENSTA-Paris.

Clément Huber l’assure, dans ce marathon pour intégrer l’ESA, il est nécessaire d’avoir une longueur d’avance. Une anticipation que tout bon spationaute s’impose : "Le quotidien d’un astronaute est jalonné de projets scientifiques concrets mais aussi de beaucoup de préparation en vue de missions."

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D'instagram à la station spatiale internationale ?

Entre chaque épreuve, pas question de perdre le rythme. Le candidat s’entraîne à la plongée, au pilotage mais aussi à l’apprentissage du russe, que doivent maitriser les membres de l’ESA. Un quotidien bien chargé -en plus d’un emploi comme ingénieur pour Diabeloop- qu’il documente sur Instagram, sous le pseudonyme "Spatioclem". Un goût pour les réseaux sociaux qui rappelle une nouvelle fois les pérégrinations de Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale (ISS) suivies par 2,5 millions de fidèles sur Instagram. "Il a un rôle d’ambassadeur incroyable et a ravivé l’intérêt pour le spatial", admire Clément Huber.

Le Grenoblois s’amuse d’ailleurs de la comparaison récurrente avec le spationaute à la renommée internationale. "Il me tire vers le haut, mais il est impensable de me comparer à lui", souligne-t-il. Pourtant, comme quelques Français et Françaises encore en lice, Clément Huber pourrait bien le rejoindre dans les rangs de l’ESA dès octobre 2022 et réaliser un rêve d’enfant.

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