Crise sanitaire : comment les écoles d’ingénieurs inventent l’international à la maison ?

Par Malika Butzbach, publié le 25 Mai 2021
4 min

Si l’expérience à l’international est une partie importante des cursus des écoles d’ingénieurs et une exigence du diplôme, la pandémie a forcé les écoles à faire preuve d’ingéniosité. Comment faire pour maintenir cette condition sans mettre en place une mobilité effective et physique à l’étranger ? Retour sur différentes initiatives.

L'international s'est beaucoup joué à domicile en cette année de crise sanitaire. Beaucoup d’écoles ont mis en place une mobilité virtuelle. À l’Efrei (Paris), certains étudiants ont suivi les cours des universités partenaires à distance depuis la France sur un semestre. Ils ont également pu être supervisés à distance sur des projets de recherche par des enseignants-chercheurs de ces universités.

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Adaptation des cours initiaux pour pallier l'absence de mobilité

L’école Centrale de Lille a imaginé un travail de réflexion pour ses étudiants privés de mobilité. Ceux-ci ont dû consacrer un chapitre de leur mémoire à la déclinaison internationale de leur sujet d’étude. En s’appuyant sur des échanges avec des entreprises étrangères ou des alumni, "l’objectif est de se poser la question de l’adaptation d’une démarche professionnelle dans une région du monde ciblée", souligne le directeur de l’école, Gilles Fleury.

De son côté, l’ESIEA a mis en place une série de conférences sur les points clés de la communication interculturelle assurées par des enseignants des établissements partenaires. "La première conférencière, une experte de l'interculturel venant de notre université partenaire à Helsinki, a pu apporter un éclairage européen et parler des spécificités de la communication interpersonnelle en Finlande", précise Susan Loubet, directrice des relations internationales de l’école.

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Des programmes de substitution aux séjours académiques à l'étranger

D’autres établissements sont allés jusqu’à créer des modules de substitution pour pallier l’absence de mobilité. C’est le cas de l’école de Purpan (Toulouse) qui a imaginé un "global semester" de janvier à mai. "Ce semestre s’articule autour de deux grosses thématiques 'global issues' et 'global business', chacune déclinée en quatre modules", explique Amélie Jouault, responsable de la formation internationale de l’établissement.

Un effort a également été fait sur la pédagogie de ces modules, notamment sur les travaux en autonomie. "Dans le cadre du module sur la sécurité alimentaire, nos étudiants ont travaillé autour de la 'pratique protéine' avec des étudiants de Kuala Lumpur en Malaisie. Ces échanges, même en visio, leur ont permis d’appréhender les enjeux du travail d’équipe au sein d’un groupe multiculturel", ajoute-t-elle.

Au sein du CESI, un programme de substitution a également été mis en place notamment à travers des vidéos. "Les étudiants ont suivi des formations en ligne, sous forme de quatre capsules vidéos qui portent sur des thèmes spécifiques, comme la communication interculturelle", raconte Morgan Saveuse, directeur d’étude de l’établissement. Enfin, ils ont aussi suivi un Mooc sur le management interculturel, mis au point avec l’ESCP, qui donne lieu à une évaluation et une certification.

La plupart de ces initiatives ont vocation à perdurer. Le "global semester" de Purpan pourra être proposé comme alternative à l’expérience internationale par exemple tandis que les capsules du CESI pourront permettre aux étudiants de mieux préparer leur mobilité à venir.

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