Des élèves ingénieurs imaginent UrbanLoop, le moyen de transport de demain

Par Camille Jourdan, publié le 01 Juin 2021
5 min

Nancy, vendredi 28 mai 2021. Les étudiants de Lorraine INP (Institut national polytechnique) étaient fiers de présenter officiellement leur projet UrbanLoop, des "capsules" électriques, sur rails, alternative à la voiture en ville.

Avec leur allure empruntée aux taxis du Cinquième Élément, les "capsules" d’Urbanloop seront peut-être le moyen de transport de demain. Imaginées par des étudiants ingénieurs de Nancy (54), ces petites cabines aux portes coulissantes roulent sur des rails électrifiés et sont pilotées par une intelligence artificielle.

À la rentrée 2017, lorsque Jean-Philippe Mangeot, professeur d’informatique à l’ENSEM (École nationale supérieure d’électricité et de mécanique), présente ce projet tutoré, "les 186 étudiants de l’amphithéâtre ont levé la main pour se porter volontaires" ! Près de quatre ans plus tard, une centaine d’étudiants de neuf écoles du pôle Lorraine INP a contribué à développer UrbanLoop, qui a déjà bien évolué : des prototypes grandeur nature circulent depuis quelques mois sur un terrain de Tomblaine, à côté de Nancy.

Le UrbanLoop, développé depuis 2017, sera-t-il le transport urbain de demain ?
Le UrbanLoop, développé depuis 2017, sera-t-il le transport urbain de demain ? // © Camille Jourdan

"Les élèves ingénieurs ont besoin de donner du sens à leur futur"

"La dimension environnementale dans les projets des futurs ingénieurs est de plus en plus prégnante, constate Pascal Triboulot, directeur de Lorraine INP, qui a vu ses étudiants changer : "Il y a une quinzaine d’années, leur but était d’avoir une Rolex à 50 ans, schématise-t-il, mais aujourd’hui, ils ont besoin de donner du sens à leur futur et au monde qui sera le leur." Romane, étudiante en 2e année à Mines Nancy, confirme : "À travers ce projet, nous proposons des solutions à des problématiques actuelles fondamentales".

Pour participer à ce projet, Romane a dû "jouer des coudes", car chaque année, des groupes restreints au sein de chaque école impliquée travaillent sur un aspect particulier d’UrbanLoop. Pour sa part, elle a effectué une "étude des sciences du danger" ; avec ses camarades, elle a déterminé les risques technologiques, environnementaux ou encore politiques du futur moyen de transport.

D’autres étudiants ont planché sur la modélisation des rails pour une boucle semi-enterrée, un autre groupe, sur la préparation du record du monde de la plus faible consommation énergétique au kilomètre, d'autres encore, sur un logiciel de suivi des capsules en temps réel… À raison d’un après-midi par semaine, et parfois sur leur temps libre. "Ce ne sont pas des TP tout faits, sourit Christophe Gigant, responsable d’atelier mécanique à l’ENSEM, il faut sans cesse s’adapter."

Au total, près d'une centaine d'étudiants ingénieurs a travaillé sur ce projet innovant.
Au total, près d'une centaine d'étudiants ingénieurs a travaillé sur ce projet innovant. // © Camille Jourdan

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Un projet concret et ambitieux qui permet aussi de rêver

Dans ce projet, le côté "concret" plaît particulièrement aux apprentis ingénieurs. "Ce n’est pas juste une excuse pour nous faire travailler", remarque Benoît, étudiant des Mines. "On pourrait presque assimiler ça à de l’alternance", souligne même Clément. En 1ère année à l’ENSEM, il a décroché un stage cet été au sein de la SAS d’UrbanLoop. Le projet étudiant a en effet pris une autre dimension en 2019 en devenant une entreprise dans laquelle l’université de Lorraine a investi.

Ancien élève en master "design produit" à l’Institut Supérieur d'Ingénierie de la Conception (InSIC), Rodolphe a connu UrbanLoop d’abord en tant qu’étudiant, puis en stage, et il est désormais embauché par l’entreprise. C’est lui qui a conçu le design des premières capsules. Outre les enjeux environnementaux du projet, il estime "gratifiant d’imaginer quelque chose pour Nancy", région dans laquelle il vit.

"L’avantage d’un projet étudiant, c’est qu’on a le droit de rêver et de sortir des sentiers battus", se réjouit François Rousseau, directeur des Mines Nancy. D’ailleurs, selon Jean-Philippe Mangeot, "aucune entreprise n’aurait pris le risque de se lancer là-dedans." L’ambition pédagogique a aujourd’hui pris une toute autre ampleur. "Même si ça ne fonctionne pas, au pire, on aura formé des ingénieurs", sourit l’initiateur d’UrbanLoop.

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