1. Fusions des écoles d’ingénieurs : quel impact pour vous, étudiants ?
Décryptage

Fusions des écoles d’ingénieurs : quel impact pour vous, étudiants ?

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L'IFMA, installée sur le campus des Cézeaux à Clermont-Ferrand, a fusionné le 1er janvier 2016 avec sa voisine, l'École nationale supérieure de chimie (ENSCCF).
L'IFMA, installée sur le campus des Cézeaux à Clermont-Ferrand, a fusionné le 1er janvier 2016 avec sa voisine, l'École nationale supérieure de chimie (ENSCCF).

Création de CentraleSupélec, rapprochement de l’École des mines de Nantes et de Télécom Bretagne, de l’IFMA et de Chimie Clermont-Ferrand… Le monde des écoles d’ingénieurs est en pleine fusion. Quelles sont les conséquences de ces regroupements d’établissements pour les étudiants ? Réponse en 5 points.

En route pour un diplôme unique

En fusionnant, les écoles d'ingénieurs subissent une petite révolution : changement de structure administrative, de nom mais aussi évolution des programmes de formation. Les cursus ingénieurs sont progressivement remodelés pour donner lieu, quelques années après la fusion administrative, à un seul et même diplôme. Car la fusion prend du temps et nécessite une période plus ou moins longue de transition. Dès la rentrée 2017, CentraleSupélec, née en 2015 du regroupement de Centrale Paris et de Supélec ne proposera plus qu'un seul cursus ingénieurs. Mais les premiers diplômés concernés sortiront de l'école seulement en 2020.

À LaSalle Beauvais-Esitpa, née en 2016 de la réunion de deux écoles d'ingénieurs dédiées à l'agriculture et aux sciences du vivant (LaSalle Beauvais et l'Esitpa), les élèves de première année du cursus préparatoire intégré (niveau L1) bénéficieront du nouveau programme dès la rentrée 2016. En 2017 ou 2018, les programmes d'approfondissement proposés en M1 et M2 seront mutualisés… pour arriver à un diplôme fusionné en 2021. "Les parcours proposés par les deux écoles étaient assez proches, observe Valérie Leroux, directrice déléguée du campus de l'école de Beauvais. Cette fusion nous permet d'élargir le choix des parcours proposés à nos étudiants."

D'autres écoles décident de conserver les diplômes "historiques" et de les transformer en spécialité. C'est le cas pour Sigma Clermont-Ferrand, né de la fusion entre l'IFMA (Institut de formation en mécanique avancée) et Chimie Clermont-Ferrand. En 2019, les étudiants chimistes obtiendront le diplôme Sigma, spécialité chimie. Quant aux mécaniciens (ex IFMA), ils décrocheront le diplôme avec la spécialité mécanique.
Durant la période de transition, les élèves inscrits au sein des écoles fusionnées peuvent choisir le nom de l'école qu'ils souhaitent voir apparaître sur leur diplôme.

Qui dit nouvelle école, dit nouveau nom

S'il est un point sensible, qui mobilise étudiants, entreprises mais aussi anciens des écoles concernées, c'est bien celui du nom du nouvel établissement. Certaines structures optent pour une conservation des deux marques, à l'image de CentraleSupélec. D'autres optent pour une nouvelle identité. C'est le cas à Clermont-Ferrand. Le premier janvier 2016, l'IFMA (Institut de formation en mécanique avancée) et Chimie Clermont-Ferrand ont donné naissance à Sigma Clermont-Ferrand.

Dans l'Ouest de la France, où l'École des mines de Nantes et Télécom Brest vont fusionner au premier janvier 2017, le nom du futur ensemble est encore à l'étude et devrait être connu dans les prochaines semaines. L'enjeu est de taille : il s'agit de conserver l'identité des écoles tout en gagnant en visibilité, notamment à l'international.

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Un recrutement homogénéisé

Du côté du recrutement, là aussi, la fusion permet aux écoles de rationaliser leur fonctionnement. Recrutant directement après le baccalauréat via le portail Admission-postbac, LaSalle Beauvais et Esitpa ont harmonisé leur procédure dès le mois de décembre, pour pouvoir intégrer sans heurts les élèves dès la rentrée 2016. Le choix s'est porté sur la banque d'épreuves du concours de la Fesic, déjà adoptée par LaSalle Beauvais.

Les différents campus des écoles conservés

Mutualiser les cursus ne veut pas dire regrouper les campus. Au contraire, les écoles conservent toutes leurs implantations : " Nos deux écoles étaient situées à quelques minutes à pieds l'une de l'autre, sur le campus des Cézeaux, sourit Sophie Commereuc, administratrice provisoire de Sigma Clermont-Ferrand. Nous réfléchissons à une réorganisation des surfaces, en installant par exemple les nouveaux services de l'école au cœur des deux bâtiments." Les élèves, comme les enseignants-chercheurs, naviguent donc entre les deux sites.

Cette mobilité n'est pas aussi simple dans le cadre d'autres fusions. La prochaine école née du regroupement de Mines Nantes et Télécom Bretagne est installée à Nantes, Brest et Rennes. "Il n'est pas question de supprimer l'un de ces sites, tient à préciser Anne Beauval, directrice de l'École des mines de Nantes. Les moyens des écoles ont été investis sur ces trois sites et nous contribuons dans ces villes au développement du territoire." Cette organisation impose aux établissements de développer des nouveaux outils de communication, à l'image de cours en ligne, disponibles pour les élèves de tous les campus ou de salles dédiées aux visioconférences.

Une vie associative à réinventer

Le plus souvent impliqués dès le début du projet de fusion, les étudiants doivent se réapproprier la vie associative du nouvel établissement. Deux BDE (bureaux des élèves), deux associations sportives, deux associations de théâtre… "Il faut arriver à un compromis, en prenant le meilleur des deux côtés, résume Raphaël, étudiant en deuxième année à CentraleSupélec, cursus Centrale et ancien président du BDE de l'école. L'organisation de certaines associations est très différente entre Supélec et Centrale. Il faut tout mettre à plat, peser les avantages, les inconvénients de chaque système et recréer une structure plus efficace."
Pour leur permettre d'effectuer ce travail de longue haleine, la direction de Centrale Paris permet à ses élèves-ingénieurs de consacrer leur projet étudiant à cette fusion.

À Sigma, un nouveau BDE a été créé, issu de la fusion des bureaux de l'IFMA et de Chimie. À la tête de la nouvelle structure, deux co-présidents, Louisa et Léo. "Pendant une année, nous avons travaillé à la création des nouveaux statuts, appris à nous connaître, à comprendre nos différences", raconte la jeune fille, étudiante en deuxième année du cursus Chimie. Avant même la fusion administrative des deux écoles, les étudiants organisaient déjà des événements communs, à l'image de la remise des diplômes en novembre 2015. L'objectif étant, pour Léo, en deuxième année du cursus mécanique de Sigma, de réunir le meilleur des deux mondes.