Raphaëlle, étudiante à l'UTT : “Harpiste, j’ai choisi de faire mon stage dans un labo d’acoustique musicale”

Par Sarah Kanga, publié le 19 Avril 2013
3 min

Profitant de sa double formation d’ingénieur et de musicienne, Raphaëlle, 24 ans, étudiante ingénieur en matériaux à l’Université de technologie de Troyes, a réussi à décrocher un stage de six mois dans un laboratoire d’acoustique musicale.

Comment elle a trouvé son stage

 

“J'ai trouvé ce stage un peu par hasard. Une amie m'a parlé d'un laboratoire d'acoustique musicale qui faisait des études sur la harpe. Bien sûr, en tant que harpiste, ça m'a tout de suite intéressée. Elle m'a donné le contact d'une personne y travaillant et j'ai postulé en expliquant ma double formation d'ingénieur et de musicienne.

Cela tombait à pic car ils avaient justement un poste de stagiaire à pourvoir. J'ai donc rapidement pu rejoindre l'équipe LAM (lutheries-acoustique-musique) de l'institut Jean-le-Rond-d'Alembert. Elle est constituée d'une quinzaine de membres permanents et d'une dizaine de thésards. Tous sont des scientifiques qui s'intéressent à la musique et certains sont des musiciens de haut niveau.

Avant d'accepter ce stage j'avais obtenu un stage de pré-embauche dans le secteur de la construction. J'ai refusé cette proposition suite à mon entretien au LAM.

 

Quelle était sa mission ?

 

Ce laboratoire s'intéresse, entre autres, à l'interaction entre le musicien et l'instrument. Dans le cas de la harpe, la phase de pincement de la corde est étudiée afin de comprendre l'influence du geste du musicien sur le son produit. Pour cela, les chercheurs du LAM ont créé un doigt robotisé pinceur de corde.

Le développement d'une telle plateforme robotique, qui fait actuellement l'objet d'une thèse, doit permettre d'étudier de façon systématique et paramétrable les instruments à cordes libres (harpe, guitare, piano) en condition de jeu. J'ai travaillé dans le cadre du développement de ce robot.

Les deux objectifs de mon stage étaient en accord avec ma formation d'ingénieur. Le premier était de trouver un matériau mou de substitution à la pulpe du doigt afin d'obtenir un pincement de la corde réaliste. Le second était d'étudier une méthode de mesure de l'effort de pincement."

 
Comment s'est déroulé son stage ?

 

“Je travaillais au laboratoire de 9h à 18h30. J'y effectuais des tâches variées incluant des recherches sur les matériaux, des remises à niveau dans certains domaines techniques, de la modélisation d'éléments finis, de la programmation, des calculs et des manipulations diverses. Par exemple, la fabrication de bouts de doigt artificiels en polyuréthane et la validation de ce matériau me prenaient parfois des journées entières. Il m'arrivait également d'être en contact avec des fournisseurs de matériaux.

À la fin du stage, j'ai pu tester les résultats obtenus sur l'instrument. Ce travail aurait pu être réalisé par un non-musicien mais ma passion pour la harpe m'a apporté un surplus de motivation ainsi qu'une certaine sensibilité."

 
Ce qu'elle garde de cette expérience

 

“Les compétences acquises durant ce stage complètent ma formation d'ingénieur, tant du point de vue technique et scientifique que du point de vue des relations humaines. La recherche est une activité nécessitant une grande rigueur et une capacité d'écoute et de communication.

Ce stage m'a également permis de préciser mon projet professionnel. J'avais envisagé d'effectuer une thèse de recherche suite à l'obtention de mon diplôme d'ingénieur, mais je voudrais à présent me lancer dans une carrière musicaleHumainement, c'était une très belle expérience."

 
Son conseil

 

“II faut mettre en avant sa passion !

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