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Écoles d’ingénieurs : 4 bonnes raisons de préparer un double diplôme

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ENSM-SE et l'université Jean-Monnet à Saint-Étienne permettent notamment de préparer le double diplôme médecin-ingénieur. // © T. Chassepoux / ENSM-SE
ENSM-SE et l'université Jean-Monnet à Saint-Étienne permettent notamment de préparer le double diplôme médecin-ingénieur. // © T. Chassepoux / ENSM-SE

Ingénieur-manager, ingénieur-architecte… ou même ingénieur-médecin, les écoles d’ingénieurs proposent de plus en plus des doubles diplômes. Des cursus prisés des étudiants, qui y voient un choix stratégique… pour au moins 4 raisons.

Aujourd'hui, plus de la moitié des écoles d'ingénieurs proposent des cursus à doubles diplômes en partenariat avec d'autres établissements. Une offre variée qui permet de suivre différents parcours. Ainsi, Chimie ParisTech propose 4 doubles diplômes français avec des écoles d'ingénieurs spécialisées (AgroParisTech, IFP School, Polytechnique), des universités (Paris 5 et son master pharmacie, Paris-Dauphine et le master journalisme de l'IPJ (Institut pratique du journalisme), ou encore l'ENS (École nationale supérieure) Cachan.

"Cette offre permet de compléter la formation des étudiants qui souhaitent développer des compétences transversales et qui hésitent à aller vers d'autres domaines", précise Anne Varenne, responsable des doubles diplômes français à Chimie ParisTech. "Les double-diplômés de l'IPJ peuvent par exemple se tourner vers les métiers de la communication dans une entreprise d'industrie chimique", illustre-t-elle.

Raison #1 - Pour se spécialiser

La spécialisation est ce qui pousse la plupart des étudiants à opter pour un double diplôme. C'est le cas d'Édouard, triple diplômé de Polytechnique, Sciences po et l'ENSAE (École nationale de la statistique et de l'administration économique). "J'ai suivi deux années à l'IEP (institut d'études politiques), en parallèle de ma troisième et de ma dernière année. Je voulais avoir un point de vue plus ouvert sur l'économie et des outils en recherche pour savoir prendre du recul. Cela m'a été utile pour ma thèse", souligne-t-il. La dernière année à Polytechnique s'effectuant obligatoirement dans une autre école, Édouard a choisi l'ENSAE, l'école des administrateurs de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Il finit aujourd'hui sa thèse sur la macroéconomie financière de Polytechnique, en occupant un poste de jeune chercheur à l'INSEE qui lui permet de se consacrer entièrement à ses travaux. "Il faut profiter le plus possible du temps d'études, car les doubles diplômes permettent une complémentarité et une spécialisation toujours valorisables", conseille-t-il.

Lauren Carron avait, quant à elle, déjà choisi de se spécialiser dans la finance, mais sans savoir à quel métier cela la mènerait. En cinquième année à l'ESILV (École supérieure d'ingénieurs Léonard-de-Vinci), elle vient de commencer un double diplôme ingénieur-actuaire à l'ISUP (Institut de statistique – Université Pierre-et-Marie-Curie). "Un professeur commun aux deux écoles nous avait parlé du métier d'actuaire, et je me voyais davantage dans les statistiques plutôt que dans les salles de marché, j'ai donc voulu suivre cette formation pour avoir un stage dans le milieu et me mettre en avant ensuite sur le marché du travail", espère Lauren.

Raison #2 - Pour se réorienter

Pour certains, le double diplôme est surtout l'opportunité de se réorienter. Comme Benoît, 23 ans : "J'avais l'impression qu'en restant dans une filière scientifique ma curiosité serait limitée, j'avais besoin d'une ouverture intellectuelle", confie cet ancien élève de Chimie ParisTech. Sa formation à l'IPJ s'est faite en deux ans, la première année aménagée en alternance avec la troisième année de son école d'ingénieurs. Aujourd'hui il est journaliste pigiste pour plusieurs radios. "Mon niveau de vie est beaucoup moins élevé que si j'étais devenu ingénieur, mais je ne regrette pas", affirme-t-il.


Léo, diplômé d'ISEN (Institut supérieur de l'électronique et du numérique) et de l'école de commerce Kedge Business School, s'ennuyait aussi dans sa formation : "Je ne me voyais pas faire que du développement toute ma vie, j'ai donc décidé de bifurquer en ajoutant une année de plus à mon cursus." Aujourd'hui, il est ingénieur d'affaires au cabinet de conseil Nexton Consulting, et s'occupe des choix technologiques, où ses connaissances techniques sont aussi sollicitées.

Raison #3 - Par curiosité

"On ne sait pas encore trop vers quel domaine se diriger quand on arrive dans une grande école...", admet Nicolas. Curieux, il a choisi de suivre la formation Centrale Nantes – Audencia, pour "découvrir d'autres cours me permettant de compléter ma formation d'ingénieur : finances, ressources humaines... des matières changeant des sciences dures que l'on a déjà au programme en prépa". Ce qui l'a amené à devenir aujourd'hui auditeur manager à Londres.

Les hasards des parcours et la découverte de nouveaux enseignements, mais aussi d'autres manières d'enseigner, peuvent mener au choix du double diplôme. Après une année aux États-Unis, où il a pu effectuer de la recherche expérimentale en chimie, Thomas a un déclic et décide de continuer dans cette voie. "Je voulais continuer l'enseignement par la recherche et dans la chimie organique", déclare-t-il. L'élève d'HEI (Hautes études d'ingénieur) décide alors de suivre, en parallèle de sa dernière année, un master conception du médicament à Lille 2. Il continue sur sa lancée avec un doctorat et est aujourd'hui ingénieur recherche chez Novasep Synthesis.

Raison #4 - Par stratégie

D'autres savent très bien ce qu'ils veulent faire... et s'en donnent les moyens. Édouard est le premier à suivre le parcours médecin-ingénieur de deux établissements stéphanois : l'École des mines et l'université Jean-Monnet. "Je voulais faire de la recherche, des statistiques, dans le domaine médical, il me fallait pour cela un double cursus dans les sciences, j'ai donc commencé par valider un DEUG [une L2, NDLR] de mathématiques par correspondance, en parallèle à mes études de médecine, puis j'ai interrompu mes études médicales pendant deux ans pour suivre les cours en école d'ingénieurs", se souvient-il. Le futur médecin avait à cœur d'avoir cette double compétence, car "c'est un atout important pour comprendre les données sur lesquelles on travaille, et collaborer avec le personnel médical".

La stratégie se pose parfois plus en termes d'insertion professionnelle... "J'avais envie de tester, pour m'offrir aussi plus de choix à la sortie des études", justifie Camille, diplômée de l'école d'architecture Paris-la-Villette et de l'ESTP (École spéciale des travaux publics). "Au début, le rythme était difficile à gérer, mais pour ceux que cela effraie, on peut aussi décider d'arrêter le double diplôme en cours de route". Un demi-tour que n'a pas fait l'étudiante qui s'est accrochée et qui est loin de le regretter !

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