L'insertion des jeunes ingénieurs a retrouvé son niveau d'avant-Covid

Par Clément Rocher, publié le 20 Septembre 2022
6 min

INFOGRAPHIE. Faible taux de chômage, salaires avantageux : le marché de l'emploi est favorable aux jeunes diplômés d'écoles d'ingénieurs. Mais selon la dernière enquête d'insertion de l'IESF, des inégalités de genres et de secteurs persistent. Le métier fait aussi face à une pénurie aggravée par la réforme du bac.

Les jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs ont retrouvé en 2021 un taux d'emploi comparable à 2019, d'après les résultats de la dernière enquête nationale sur la situation professionnelle des ingénieurs publiée par l'IESF (Ingénieurs et scientifiques de France). Le taux de chômage des ingénieurs en France en 2021 est de 3,2%.

Les jeunes arrivant sur le marché de l'emploi avaient été particulièrement touchés par la crise sanitaire : 27,1% des diplômés en juin 2020 étaient encore à la recherche d'un emploi en décembre de la même année.

La réforme du bac aggrave le manque d'effectif

Autre constat moins positif de l'IESF : on manque encore d'élèves ingénieurs. Si près de 45.000 diplômes ont été délivrés en 2021, le président d'IESF, Marc Rumeau, estime que ce n’est pas encore suffisant et qu’il faudrait former 15.000 ingénieurs en plus chaque année.

Il redoute que cette baisse s'aggrave en raison de la réforme du baccalauréat, notamment parce que les spécialités scientifiques sont délaissées par les lycéens. En effet, 35,9% des élèves de première générale et 62,6% des élèves de terminale n’ont pas choisi la spécialité mathématiques à la rentrée 2021, pourtant indispensable pour entrer en école d'ingénieurs. À titre de comparaison, 51% des candidats au bac générale étaient en filière scientifique en 2019.

Afin de susciter de nouvelles vocations parmi les jeunes, l’IESF souhaite renforcer les activités de promotions des métiers scientifiques dans les collèges et lycées.

Lire aussi

Les entreprises ont des difficultés à recruter

Puisqu'il y a une pénurie d'ingénieurs, ceux-ci trouvent donc facilement un emploi. Pourtant, 50% des recruteurs déclarent avoir eu du mal à embaucher, un niveau inégalé ces huit dernières années. La nature des difficultés varie : absence sur le marché de certains profils d’experts techniques, exigences salariales trop élevées…

Certains secteurs ont davantage la côte que d'autres. L’agriculture est le secteur d’activité qui affiche le taux de chômage le plus élevé, autour de 4% en 2021. À l'inverse, dans le secteur tertiaire, les services informatiques (1,7%) et l’enseignement (1,9%) affichent des taux de chômage historiquement bas.

Les salaires dépendent des secteurs

Cette situation est aussi favorable aux jeunes diplômés concernant les salaires. À la sortie de l’école, un ingénieur débute sa carrière avec 36.000 euros bruts annuels. Les secteurs les plus rémunérateurs sont ceux de la banque et de l'assurance (46.000 euros), des télécommunications (40.079 euros) et du conseil (37.600 euros). Le salaire brut annuel médian en France des ingénieurs, tout âge confondu, est de 60.000 euros.

Lire aussi

Toujours 28% de femmes diplômées

Parmi les autres point d'attention soulignés par l'IESF, le manque persistant de femmes parmi les effectifs étudiants. Si elles sont plus nombreuses que les hommes dans l’enseignement supérieur, elles restent fortement sous-représentées dans les écoles d’ingénieurs. Depuis presque dix ans, la proportion de femmes diplômées stagne autour de 28%.

Une proportion qui dépend des secteurs : elles ne représentent que 13% dans les spécialités du numérique, mais sont majoritaires dans les spécialités liées au vivant, à la chimie, à l’environnement, à l’énergie. Ces spécialités conduisent cependant, en moyenne, à des carrières moins rémunératrices, note l’IESF.

L'enquête montre que 47% des femmes interrogées citent l’image trop masculine du métier d’ingénieur comme un frein pour s’y lancer. Une plus grande difficulté à faire carrière constitue un second obstacle pour 42% d’entre elles.

Lire aussi

Près de la moitié des jeunes ingénieurs veulent travailler à l'étranger

Est-ce une conséquence de la crise sanitaire ? L’enquête de l'IESF montre que de moins en moins d’ingénieurs travaillent à l’étranger. En 2021, 14% des ingénieurs diplômés en France exerçaient dans un autre pays. Un phénomène en baisse de 4,8% en un an.

L'étranger attire pourtant les jeunes, puisque 47% des ingénieurs de moins de 25 ans envisagent sérieusement une carrière internationale. D'ailleurs la grande majorité des ingénieurs expatriés se déclarent satisfaits de leur condition d’expatrié en raison de meilleures conditions de vie et de salaires plus élevés.

Articles les plus lus

Contenus supplémentaires

A la Une écoles d'ingénieurs

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !