1. Émilien, ingénieur sécurité : “Je m’assure que les normes sont respectées sur le chantier”
Reportage

Émilien, ingénieur sécurité : “Je m’assure que les normes sont respectées sur le chantier”

Envoyer cet article à un ami

Le diplôme d’ingénieur mène à des métiers variés, y compris au sein d’un même secteur d’activité. Reportage sur le chantier de rénovation des Halles de Paris, où s’affairent des entreprises de Vinci Énergies, pour découvrir 5 manières différentes de travailler comme ingénieur dans le BTP.

Contrôler que tous les ouvriers portent leurs équipements de protection, prévenir au maximum les accidents, organiser des briefings sécurité… Sur le chantier de rénovation des Halles de Paris, Émilien, 29 ans, est un peu le M. sécurité du chantier.

 
Son parcours

 
Après son bac S, Émilien se dirige vers les sciences de la matière à l’université de Montpellier 2 où il fait partie d’une association de théâtre. Quelques jours avant la représentation, un ingénieur sécurité de l’université vient inspecter la salle et impose aux étudiants certains réaménagements. Émilien prend conscience de l’importance de respecter des normes de sécurité et, à l’issue de sa deuxième année, il décide de poursuivre ses études à Polytech Grenoble dont l’une des spécialités est la prévention des risques. Après un VIE (volontariat international en entreprise) chez Total en Chine, il revient en France et entre chez Vinci Énergies début 2010.

Émilien, ingénieur sécurité chez Vinci, sur le chantier de réaménagement des Halles de Paris
L'objectif ultime d'Émilien : atteindre le zéro accident. Ce qui passe par un gros travail de sensibilisation auprès des équipes sur le terrain, notamment via des briefings sécurité.

 
Sa mission

 
Davantage que “responsable de la sécurité”, Émilien se définit comme “animateur de sécurité, parce que la sécurité est l’affaire de tous, je n’en suis pas le seul responsable !” Sa principale mission ? Garantir l’intégrité physique et morale des salariés sur le chantier. Avec un objectif ultime : le zéro accident. “Les collaborateurs arrivent le matin en bonne santé. Le but est qu’ils retrouvent le soir leur famille dans le même état, explique-t-il. Ça me fait vraiment mal quand un gars reste bloqué au lit et ne peut plus travailler ni jouer au foot le week-end avec ses enfants”.

D’où l’importance de faire prendre conscience des risques et d’agir sur les comportements individuels, ce qui nécessite un important travail de sensibilisation. “Il faut être là le matin à 7 h avec les gars pour discuter avec eux, leur faire comprendre qu’on est là pour le bien-être des collaborateurs. Une fois qu’on a fait passer ce message, c’est gagné !”

 
Son rôle sur le chantier des Halles

 
Émilien accueille tous les nouveaux arrivants sur le chantier : il leur fait visiter le site, contrôle leurs habilitations à utiliser tel ou tel engin, leur présente les documents officiels de prévention mais sur le terrain, beaucoup de choses passent à l’oral. Ainsi, au fil des semaines, il organise des briefings sécurité : ces “causeries” ont lieu soit le matin à l’embauche, soit après la pause déjeuner.

“Il faut être innovant pour intéresser les collaborateurs, car on se répète beaucoup. Alors on essaie de ne pas toujours rabâcher de la même façon ! sourit-il. On parle de l’échafaudage tombé la veille, d’untel qui a failli recevoir un marteau sur la tête… De tous ces ‘presque accidents’ qui auraient pu faire beaucoup de mal”.

Pour s’assurer que les normes sont respectées, Émilien effectue des visites sur le chantier, prévues… ou non. Là, il contrôle que tous portent leurs EPI (équipements de protection individuelle : casque, blouson jaune, chaussures de sécurité, gants…), ce qui n’est pas toujours évident avec la chaleur… Mais il s’agit aussi de “dépasser l’image du policier sur le chantier : on essaie de comprendre au mieux les conditions de travail pour adapter le matériel si besoin, et vérifier la cohérence de l’analyse des risques préliminaire avec la réalité du terrain”.

Chantier des rénovation des Halles de Paris
L'un des rôles d'Émilien : s'assurer que sur le chantier, ingénieurs et ouvriers portent bien leurs EPI
(équipements de protection individuelle) par tous les temps.

 
Ce qu’il aime le plus

 
Émilien est avant tout attaché au principe même de son métier : ”La sécurité est un bel objectif, dit-il, parce que c’est la vie”. Il aime aussi les relations humaines avec le personnel de chantier qui demandent d’être “un bon communiquant”.

 
Ce qu’il aime moins

 
“Rédiger les compte-rendu de visites ou de réunion, gérer les formations et les habilitations de chacun, faire les présentations mensuelles des indicateurs d’accidentologie et de performance… Tout ce côté administratif me pèse parfois un peu”, confie Émilien.

 
Son conseil

 
“N’ayez pas peur d’aller sur le terrain et de faire de l’opérationnel ! Même si on est ingénieur, il faut s’intéresser au cœur de métier. Car pour être crédible, il faut connaître le vocabulaire des électriciens, monteurs ou manutentionnaires. Sinon, ils n’entendent pas notre message.”
  
Sommaire du dossier
Retour au dossier Mathieu, responsable d’affaires : “Je suis au quotidien l’avancée des travaux des futures Halles de Paris” Vincent, ingénieur bureau d’études : “J'élabore des plans à partir desquels seront effectués les travaux” Émilien, ingénieur sécurité : “Je m’assure que les normes sont respectées sur le chantier” Jean-Romain, ingénieur automaticien : “Je mets au point le process d’exploitation du tunnel des Halles” Kamal, chef de centre d’activité : “Je coordonne l’activité des différents responsables d’affaires du chantier”