Accroître le potentiel académique des écoles d'ingénieurs

Par Sylvie Lecherbonnier, Marie-Aline Desvignes, publié le 27 Novembre 2008
3 min

Sélectivité, potentiel académique, relations entreprises, international…, notre classement des écoles d’ingénieurs scrute les différents volets d’une formation d’ingénieur. Résultat ? Parmi les quelque 160 écoles après bac ou après prépa classées, celles qui s’appuient sur un réseau dynamique font la différence. Aujourd’hui plus que jamais, l’union fait la force.

Sur le front académique, les écoles d’ingénieurs doivent se démultiplier : attirer les meilleurs enseignants, accroître les travaux de recherche, former de plus en plus de doctorants. Pour ce faire, une trentaine d’établissements se sont investis dans les structures labellisées par l’État, comme les instituts Carnot ou les RTRA (réseaux thématiques de recherche avancée). Une implication que nous valorisons avec notre critère "performance de la recherche".

Plus largement, la quasi-totalité des écoles se sont impliquées dans les pôles de compétitivité. Des pôles qui font le lien entre enseignement, recherche et industrie. Car, même sur le volet académique, les écoles d’ingénieurs tirent profit de leurs liens avec les industriels. Paradoxal, a priori ! Mais, les écoles d’ingénieurs entreprennent des travaux de recherche souvent tournés vers les besoins des industriels, et les contrats de recherche qu’elles signent sont révélateurs à la fois du potentiel et des marges dont elles disposent. Dans ce domaine, l’École des mines de Paris reste à la pointe avec un chiffre d’affaires qui dépasse les 25 millions d’euros. Derrière, avec des chiffres d’affaires qui tournent autour de 10 millions d’euros, Télécom ParisTech, AgroParisTech, l’ISAE ou les Arts et métiers peinent à la rejoindre. Dans le bas des tableaux, en revanche, ce chiffre d’affaires dépasse rarement les 100 000 €.

Dans la compétition internationale, cette force académique devient essentielle. Le nec plus ultra : réussir à lier recherche et international. Une gageure ! L’école centrale de Lyon et l’INSA de Lyon y sont parvenues. Elles ont créé deux laboratoires internationaux en 2008, l’un avec l’université de Sherbrooke au Canada sur les nanotechnologies, l’autre avec l’université de Tohoku au Japon sur les matériaux et l’ingénierie. Des initiatives qui accroissent sans conteste leur aura internationale.


L’École des mines de Douai initie ses étudiants à la recherche
L’École des mines de Douai (après prépa) tire profit de ses bons résultats en recherche pour introduire un tout nouvel exercice pédagogique au sein de son cursus ingénieur : les projets découverte de la recherche, dits PDR. Une initiation à la recherche d’autant plus motivante que les sujets répondent à une demande exprimée par des industriels ou des organismes publics (suivi d’un doctorant, étude de type R & D, développement de produit…). "L’objectif est de développer chez tous les élèves ingénieurs le sens de la créativité et de l’innovation. Des qualités indispensables pour créer des emplois et doper l’activité économique", précise René Guillermo, directeur des études et de la formation. Mis en place depuis la rentrée 2008, les PDR se déroulent en troisième année et ont lieu sur 22 demi-journées. Tous les élèves se positionnent en binôme sur les problématiques proposées dans le cadre de leur option. Puis ils définissent le matériel et la bibliographie utiles, avant de se lancer dans leur expérimentation, encadrés par un tuteur (enseignant-chercheur, doctorant et/ou entreprise partenaire du sujet).

Articles les plus lus

Contenus supplémentaires

A la Une écoles d'ingénieurs

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !