Ecoles d'ingénieurs 2009 : une course aux financements

Par Sylvie Lecherbonnier, Marie-Aline Desvignes, publié le 27 Novembre 2008
3 min

Sélectivité, potentiel académique, relations entreprises, international…, notre classement des écoles d’ingénieurs scrute les différents volets d’une formation d’ingénieur. Résultat ? Parmi les quelque 160 écoles après bac ou après prépa classées, celles qui s’appuient sur un réseau dynamique font la différence. Aujourd’hui plus que jamais, l’union fait la force.

Le resserrement des relations écoles-entreprises ne sert pas seulement l’insertion professionnelle des diplômés. Il donne aussi la possibilité aux écoles de dégager des marges financières et d’augmenter leurs ressources propres. La subvention de l’État pour les écoles publiques ou les frais de scolarité pour les écoles privées ne suffisent plus à répondre à la montée en puissance continue des exigences. Les établissements qui savent capter d’autres ressources font la différence. Notre critère "taxe d’apprentissage" le prouve. Vingt-cinquième de notre palmarès des écoles après prépa, l’ENAC à Toulouse a fait progresser sa taxe de 380 000 à 505 000 € en un an. Une hausse qui ne doit rien au hasard. L’établissement a davantage ciblé les entreprises auxquelles il a fait appel et actionné plus largement son réseau d’anciens élèves.

Ces derniers deviennent la pierre angulaire de toute stratégie de rapprochement avec les industriels. Ils sont les premiers sollicités pour soutenir leur établissement d’origine. À titre professionnel pour mobiliser leur entreprise, mais aussi à titre personnel pour faire un don. Les campagnes de levée de fonds se multiplient. Chacun lance sa fondation. Dernières en date : HEI Lille et l’UTC.
Autre stratégie (souvent complémentaire) : les chaires d’entreprise. L’École polytechnique en compte aujourd’hui 17 sur des thèmes aussi divers que le développement durable avec EDF ou l’assurance et les risques financiers avec la Société Générale.
  

L’INSA de Lyon à la recherche de mécènes

 
Dopée par la loi d’août 2007 sur l’autonomie des universités, la méthode du fundraising (collecte de fonds) pratiquée dans les universités anglo-saxonnes fait des émules en France. Après un travail en amont d’un an et demi, l’INSA de Lyon (après bac) se lancera dans l’aventure début 2009. Les objectifs ? Pérenniser les activités existantes, consolider le capital et renforcer la visibilité de l’école sur la scène internationale pour être bien située dans la compétition mondiale. "Nous souhaitons collecter 15 millions d’euros de dons d’ici à trois ans", précise Pierre Fleishmann, directeur des relations entreprises. Deux catégories de mécènes sont visées : les particuliers (anciens élèves, parents d’élèves) et les entreprises. L’école espère annoncer, dès le début de l’année 2009, 5 millions d’euros de promesses de dons de la part de ces dernières. Au rang des futures donatrices figurent pour l’instant surtout les entreprises déjà en lien avec l’école (contrats de recherche, recrutement des diplômés…). Quoi qu’il en soit, pour l’INSA de Lyon, les retombées de la campagne-test se font sentir : "Le fait d’entrer dans cette stratégie a déjà des répercussions en termes d’image, de connaissance de l’établissement et pour la collecte de la taxe d’apprentissage." Affaire à suivre…

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