1. Ma vie d’étudiant en école d'ingénieurs : Greg, de la Martinique à Télécom Saint-Étienne
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Ma vie d’étudiant en école d'ingénieurs : Greg, de la Martinique à Télécom Saint-Étienne

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Greg, étudiant à Télécom Saint-Étienne, est président d'Inspire, la Junior-Entreprise de l'école. // © C. Authemayou
Greg, étudiant à Télécom Saint-Étienne, est président d'Inspire, la Junior-Entreprise de l'école. // © C. Authemayou

Avant de rejoindre Télécom Saint-Étienne en 2014, Greg vivait en Martinique. Le jeune homme, passé par une prépa scientifique, a choisi de quitter son île natale pour se former aux métiers du numérique. Avec un objectif : devenir ingénieur-manager.

Enfant, lorsqu'il imaginait son métier futur, Greg se voyait bien porter un casque de chantier. "C'est peut-être un peu court comme choix d'orientation, rigole le jeune homme de 21 ans, né en Martinique. Quoi qu'il en soit, cette envie de travailler sur le terrain, à la tête d'une équipe, était bien réelle."

Greg choisit d'intégrer une CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) après son bac scientifique. "Je n'étais pas prêt à prendre mon envol et à quitter le cocon familial, concède l'étudiant. Je ne savais pas vraiment quoi faire et la prépa me permettait de me laisser un peu de temps pour choisir une orientation plus spécifique." Un internat de la réussite s'ouvre alors en Martinique, à Fort-de-France. Ce dispositif, soutenu par l'État, permet à des étudiants issus de milieu modeste de bénéficier d'un accompagnement personnalisé et de conditions de formation privilégiées. "Grâce à l'internat, j'ai commencé à couper le cordon avec ma famille, raconte Greg. Je ne rentrais plus qu'une fois par mois, j'ai gagné en maturité."

Des oraux en métropole

Après ses 2 années de prépa au lycée Bellevue, le jeune homme prépare plusieurs concours menant à des écoles d'ingénieurs. "Je n'avais pas d'idée bien précise quant à mes envies, mais je voyais émerger les nouvelles technologies", souligne-t-il. Il présente donc les écrits des concours Télécom INT et les concours communs polytechniques. Admissible aux deux, il rejoint la métropole pour passer les oraux. "C'est très compliqué de choisir son école en ne se basant que sur des plaquettes, concède Greg. À la Martinique, il n'y a pas de salons, de forums et on ne peut pas se permettre de venir visiter tous les établissements qui nous intéressent. Mon choix s'est porté sur Télécom Saint-Étienne car l'école offre un parcours généraliste dans le domaine du numérique."

Dans les locaux de Télécom ParisTech, il discute donc avec des étudiants, des directeurs d'école et passe son oral... avec le directeur de Télécom Saint-Étienne. "L'échange était très intéressant et je n'ai su qu'après que mon jury était le directeur de ma future école !" se souvient Greg.

Saint-Étienne et son ambiance familiale

Accepté à Télécom Saint-Étienne, le Martiniquais quitte son île à la rentrée 2014 et arrive à Saint-Étienne (42) la veille des cours ! "J'avoue m'être dit les premiers jours : 'Qu'est-ce-que je fais là ?'" sourit le jeune homme. Logé dans une résidence étudiante, il appréhende très vite son nouvel environnement. "Ici, les promos sont de petite taille - environ 130 élèves -, ce qui offre l'avantage non négligeable de nous connaître tous, de discuter en petit groupe. L'ambiance au sein de l'école est très familiale."

Du fait de la taille réduite de la ville, malgré un nombre important d'étudiants (25.000), les déplacements se font à pied ou à vélo. Quant aux loyers, ils sont parmi les moins chers de France. Aujourd'hui, Greg a quitté sa résidence étudiante pour louer un appartement en colocation. Pour 90 m², lui et son colocataire, également étudiant à Télécom Saint-Étienne, payent chacun 360 € par mois et sont situés à 10 minutes à pied de l'école.

Du temps pour façonner son parcours

En première année, les cours sont généralistes et offrent une remise à niveau à tous les élèves. Greg découvre également de nouvelles matières scientifiques, comme le traitement du signal, et commence à construire son parcours en fonction de ses envies. "Cette année de découvertes m'a permis de toucher à toutes les spécialités de l'ingénierie numérique, explique l'étudiant. C'était essentiel pour m'aider à choisir ma voie." Greg suit aujourd'hui la spécialité télécom et réseaux.

En plein dans la vie associative

Parallèlement à ses études, Greg prend la tête d'Inspire, la Junior-Entreprise de l'école, en mars 2015. Avec 17 camarades, il gère l'activité de cette association étudiante et découvre la gestion d'équipe, le management, la prise de parole en public. "C'est une excellente formation", note le jeune homme, qui souhaite, en plus de ses études d'ingénieur, suivre une formation en management.

Objectif : un double diplôme ingénieur-manager

En effet, Greg nourrit un projet : celui d'être admis en cursus double diplômant à Télécom École de management. L'établissement dispose d'un partenariat avec son école d'ingénieurs permettant à quelques étudiants de mener un double cursus et d'obtenir, à condition d'effectuer une année d'études supplémentaire, 2 diplômes. Actuellement en deuxième année du cycle ingénieur, il espère intégrer ce cursus l'année prochaine. "Certes, cette formation me fera perdre, entre guillemets, une année. Mais je suis persuadé que cela vaut le coup pour la valorisation de mon CV, analyse l'étudiant. Une année, ce n'est pas grand-chose à l'échelle d'une vie. Plus jeune, ma plus grande crainte était d'être bloqué par mon orientation, de faire des choix qui allaient conditionner le reste de ma vie. En réalité, il faut se laisser du temps, ne pas se précipiter. Rien n'est vraiment figé, surtout en école d'ingénieurs où nous apprenons à être agiles et adaptables."