Ma vie d’étudiante à l’X : Sophie Monnier, en 2e année à Polytechnique

Par Sylvie Lecherbonnier, publié le 11 Juillet 2011
4 min

Non seulement c’est une fille, mais elle est aussi boursière et n’a pas fait de prépa parisienne… Sophie Monnier n’avait rien du profil type du Polytechnicien. Aujourd’hui, elle est pourtant en 2e année de l’X et a même défilé sur les Champs-Élysées pour le 14 juillet. Elle nous raconte sa vie dans l’une des meilleures écoles de France.

Une mère professeure de danse de salon, un père informaticien. Rien ne prédestinait Sophie Monnier à entrer à Polytechnique… si ce n’est un parcours scolaire exemplaire. La jeune femme a la modestie des bons élèves qui ne veulent pas trop se mettre en avant de peur de se faire mal voir, mais ses bulletins parlent pour elle. Au lycée Notre-Dame de la paix à Lille, elle enchaîne les bonnes notes et signe une performance exceptionnelle au bac avec 20,13/20. Une moyenne obtenue grâce à l’option latin.

Rester dans le cocon familial pendant la prépa

Avec un tel dossier scolaire, Sophie aurait pu intégrer n’importe quelle classe préparatoire parisienne. Mais les rumeurs de compétition à outrance et de mauvaise ambiance la dissuadent de postuler. Elle préfère entrer au lycée Faidherbe, l’un des meilleurs de Lille, pour rester dans le cocon familial. "Je ne regrette pas ce choix. Ma mère m’a beaucoup soutenue pendant ces deux ans de prépa. J’étais bien mieux qu’en internat."

Sophie suit une première année en PCSI (Physique-chimie-sciences de l’ingénieur) puis une deuxième année en PC*. Cette bonne élève avoue "s’en être bien sortie" mais "au prix de beaucoup de travail". "Je n’ai rien fait d’autre pendant deux ans, excepté de la course à pied plusieurs heures par semaine pour me vider la tête." Avec du recul, elle estime désormais : "Il fallait le faire. On prend une décision et on y va. C’est un investissement pendant deux ans, un investissement utile mais pas facile."

Admissible à tout

Ambiance sympa, enseignants chevronnés… Sophie se sent à son aise dans cet environnement studieux. En maths spé, elle travaille beaucoup avec deux copains, Xavier et Emmanuel. Un trio de choc : le premier intègre Polytechnique comme Sophie, le second l’ENS Ulm. "Nous étions une bonne promo", confie la jeune fille.

A l’issue des concours, Sophie est admissible partout. Elle hésite alors entre l’Ecole polytechnique et les Mines de Paris, mais elle opte pour l’X en raison du prestige de l’institution et de la rémunération pendant les études. Pour cette boursière (échelon 1), cet argument financier pèse dans la balance.

La jeune femme comprend qu’elle est admise lorsqu’elle est convoquée à la visite médicale. "La convocation arrive avant les résultats officiels. Tout le monde sait que c’est plutôt bon signe. C’est la toute dernière étape avant l’admission". Première de sa famille à intégrer l’X, elle n’en revient toujours pas deux ans plus tard…


Le profil type du Polytechnicien :
Bien qu’étudiante à l’X, Sophie n’a pas le profil type du Polytechnicien. Ce dernier est plutôt un garçon (plus de 80% d’une promotion), non boursier (on compte 12,3% de boursiers en 2010), issu de prépa. Actuellement, seuls 2,5% des étudiants français sont issus de l’université (après un bac+3). Les candidats au concours d’entrée après une ‘maths spé’ ont 9% de chances d’y être admis et plus d’un tiers des étudiants français sont issus de deux prépas : Louis-le-Grand à Paris et Sainte-Geneviève à Versailles. Au total, une promotion compte 500 élèves dont 100 étudiants étrangers.

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