Retour en présentiel : un soulagement pour les étudiants ingénieurs

Par Maïa Casimir-Favrot, publié le 24 Février 2021
5 min

À l'Institut national des sciences appliquées de Rennes, les étudiants ont enfin pu retrouver un jour par semaine de présentiel pour effectuer les travaux pratiques, clé de voûte de leur enseignement. Rencontre avec Marine Soubigou et Loïc Sandras, représentants de l'Amicale des élèves et ambassadeurs Covid.

C'est un campus presque désert et appliquant des règles sanitaires strictes que Marine, élève en 4e année science et génie des matériaux, et Loïc, en 4e année génie mécanique et automatique, sont malgré tout heureux de retrouver. "Ça fait maintenant un an qu'on est à l'écart", déplore Loïc. Au début, la découverte d'un nouveau mode d'enseignement, la nouveauté et le temps d'adaptation ont fait passer le temps mais "de mars jusqu'à la fin de l'année, c'était long".

S'organiser pour les cours pratiques

L'INSA applique les directives ministérielles intégrées dans son protocole sanitaire interne. Les étudiants de première année ont ainsi pu revenir dès mi-janvier pour suivre leur travaux pratiques (TP). Ils ont aussi pu passer leurs examens du premier cycle la semaine suivant les vacances de Noël.

Le retour s'est donc fait par vagues, avec la généralisation tout récemment d’une journée de présence hebdomadaire pour l'ensemble des étudiants.

Le campus désert de l'INSA.
Le campus désert de l'INSA. // © Maia Casimir Favrot

La priorité a été donnée aux TP des spécialités les plus manuelles comme génie des matériaux ou génie civil. Une organisation complexe à mettre en place et impliquant des protocoles sanitaires lourds, par exemple pour la désinfection du matériel des classes de physique-chimie et d'électrique.

Car dans une école spécialisées dans les sciences appliquées, difficile de suivre les cours sans leur application, justement. Ainsi, même si certains départements, comme celui de l'informatique, ont pu facilement s'adapter grâce à un VPN d'accès à l'intranet et aux logiciels, pour les spécialités comme celles de Marine et Loïc, "c'était compromis".

"Dans mon département, certains enseignements, dont les TP devaient se faire en présentiel, ont été repoussés jusqu'à ce qu'on puisse revenir sur le campus. On s’est donc retrouvés à finir le semestre avec un mois et demi de retard, ça oblige à faire des compromis", explique le jeune homme. A contrario, dans le département de Marine les cours ont repris selon la suite logique du programme sans que les manipulations ne soient reprogrammées.

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Ambiance en demi-teinte

C'est pourquoi quand on leur demande s'ils sont heureux de retrouver le campus, les étudiants n'hésitent pas. C'est avec soulagement qu'ils lancent en cœur : "Ça fait du bien !" Revoir leurs amis mais aussi revoir les professeurs. "Eux aussi sont contents qu'on revienne, ça se voit !" insiste Marine.

Mais malgré la joie des retrouvailles, l'ambiance reste pesante. "Il n'y a personne dans l'école, c'est tout vide… On a cours mais quand on vient, on ne croise personne. Tout le monde se connaît. Avant on était contents de se retrouver… Là on ne rencontre que les personnes de notre groupe. Et, même si c'est déjà ça, l’ambiance est un peu plus glauque", réagit Loïc. Marine acquiesce en regardant les tables vides de la cafétéria.

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Doutes et projections

Les deux étudiants, également ambassadeurs Covid, évoquent aussi leurs doutes par rapport à l'avenir, notamment en ce qui concerne la valeur d'un diplôme basé sur des compétences techniques alors qu'ils n'ont pu effectuer quasiment aucune manipulation eux-mêmes. "On a l'impression de rater une partie de notre enseignement, une partie de pourquoi on est venus ici, et de manquer un apprentissage malgré tout".

Dans la semaine, Marine et Loïc ont aussi prévu d'assister à une réunion des ambassadeurs Covid du projet UNIR qui rassemble plusieurs établissements rennais – les universités de Rennes 1, Rennes 2, Sciences po Rennes, l'INSA Rennes, l’École nationale supérieure de chimie et l’École des hautes études de santé publique de Rennes et l' École des hautes études en santé publique. L'objectif de cette réunion : planifier l'avenir et répondre aux besoins des étudiants afin de tirer le maximum de cette fin d'année qu'on peut espérer meilleure.

Stéphanie Lasquellec, directrice générale des services et Patrice Leguesdon, directeur des formations, sont chargés d'organiser au mieux le retour en présentiel et le suivi des élèves.
Stéphanie Lasquellec, directrice générale des services et Patrice Leguesdon, directeur des formations, sont chargés d'organiser au mieux le retour en présentiel et le suivi des élèves. // © Maia Casimir Favrot

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