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Métiers des jeux vidéo : quel est le profil idéal pour devenir game designer ?

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Sur les épaules du game designer, en général seul sur un projet, pèsent de lourdes responsabilités, pouvant aller jusqu’à la gestion de budget. Le point sur ses fonctions avec Jean-Michel Oullion, auteur du guide Les métiers des jeux vidéo et de l’animation, publié aux éditions L’Etudiant (extraits).

Xavier Spinat, qui fut game designer avant de devenir producer chez Ubisoft, rappelle qu'il s'agit "d'un métier exigeant. Il faut en même temps être un bon créatif, un grand communicant et un pragmatique capable d'improviser."

Développer une bonne culture du jeu

Peu de formations spécifiques permettent d'apprendre vraiment. "L'idéal est d'avoir une excellente culture du jeu en général – et pas seulement du jeu vidéo – et une spécialité solide : graphisme, informatique, gestion de projet, etc. Le passage par le testing permet d'acquérir une bonne vision de la chaîne de production d'un jeu, mais aussi ce souci du consommateur final qui manque hélas à beaucoup de game designers trop passionnés", complète Xavier Spinat.

Avoir une grande pratique des jeux vidéo

Passionné, créatif, imaginatif mais aussi méthodique et rigoureux, telles sont les qualités citées le plus souvent par les professionnels du game design.

"Il faut évidemment jouer à un grand nombre de jeux et essayer de voir pour chacun d'eux quels sont les mécanismes qui font que le jeu plaît, ou quels sont les défauts qui le rendent moins agréable, souligne David Jeanne, game designer et cofondateur de Brain Candy. Il faut également être attentif à la communication : savoir expliquer ses idées, être ouvert aux critiques et s'adapter rapidement permet d'éviter de nombreuses heures de production perdues à cause d'une incompréhension."

Aimer travailler en équipe

"Pour être game designer, il est indéniable qu'il faut avoir le sens du travail en équipe, insiste Nicolas Snieg, game designer chez Ubisoft. Un game designer ne travaille jamais seul, il est au coeur du projet."

"Un game designer se doit d'avoir une vision globale d'un projet, un recul objectif et une réflexion sur ce qui développe le fun factor chez un joueur, explique Gilles Benois directeur pédagogique du pôle 3D & Entertainment de Bellecour Écoles d'Art. En effet, la moyenne d'âge des joueurs étant de plus de 35 ans, il doit posséder une bonne culture générale et un esprit d'analyse permettant de satisfaire tous les types de gamers, de 7 à 77 ans. La conception des règles d'un jeu demande donc avant tout une grande ouverture d'esprit."

Être capable de se diversifier

Les débouchés s'étendent au-delà du jeu vidéo proprement dit, vers tous les processus de "gamification" (serious games, mais aussi robotique, domotique...). Pour Gilles Benois, "la demande pressante des usagers fait en sorte que tout projet audiovisuel se doit aujourd'hui d'avoir une dimension transmédia, donc interactive. La multiplication des écrans allumés simultanément dans les foyers a obligé les grandes chaînes de télévision à engager des game designers pour imaginer un développement transmédia. Le téléspectateur ne veut plus être 'consommateur', mais 'acteur' devant son ou ses écran(s). Et ce n'est qu'un début... Un game designer peut envisager de faire carrière à l'étranger, mais l'étendue des nouveaux besoins fait que la demande de spécialistes en conception interactive croît tous les jours sur notre territoire."

Autant dire qu'on ne s'improvise pas game designer, à moins peut-être d'avoir suivi des études dans une formation spécialisée dans ce domaine – encore rares (lire le dossier Quelles sont les écoles uniquement dédiées au jeu vidéo ?). C'est plutôt le genre de fonction où l'on attend quelqu'un ayant "les épaules carrées", autrement dit de l'expérience.

Le plus souvent, les débutants sont d'abord level designers, responsables d'un niveau de jeu, avant d'être intronisés game designers, même si certains peuvent le devenir très vite.

Faire d'abord ses preuves

Pour David Jeanne, qui n'a pas suivi de filière "officielle dans le game design, l'important, c'est avant tout de se renseigner sur un maximum de domaines et d'expérimenter de nombreuses choses, de pratiquer quelques sports pour en déterminer les règles, les plaisirs et les addictions qu'ils génèrent, d'observer son environnement, de s'intéresser aux sciences, à la physique, à l'économie, à la sociologie, au cinéma, etc. Car toutes ces disciplines peuvent devenir des outils pour aider le game designer à renforcer son jeu".

Défendre sa personnalité

"Il faut d'abord savoir rester humble, résume Xavier Spinat, car tout le monde entend donner des leçons aux game designers : tous les participants d'un projet (graphiste, programmeur, chef de projet) trouvent naturel de mettre leur 'grain de sel' dans le game design. Il faut savoir les écouter pour se nourrir de leurs suggestions et enrichir ainsi la vision qui porte le jeu."

"Ensuite, avoir la foi. Les places sont chères et tout le monde croit pouvoir s'improviser game designer. Pour s'imposer dans le métier, il faut du culot et ne pas trop douter de soi. C'est un peu contradictoire avec le point précédent, mais il ne suffit pas d'écouter tout le monde et d'acquiescer : il faut être inspiré, remanier, convaincre. Se battre pour faire une synthèse de tout ce qu'on reçoit."

"Enfin, expérimenter. Pas la peine d'attendre pour faire du game design : les occasions ne manquent pas. Il y a des projets amateurs, des jeux de rôle, de carte ou de plateau avec des règles à adapter ou à tester, des projets amateurs, des forums. Et pour ceux qui en veulent encore, il existe des ouvrages de référence qui commencent à s'imposer. Alors, n'attendez pas pour apprendre."

Savoir s'expatrier

Les sociétés recherchent des personnes ayant au minimum une formation de niveau bac+2, bac+3 en graphisme, création multimédia en informatique.

Une précision importante : quoi qu'en pensent certains responsables de formations, l'industrie française n'a pas la capacité d'absorber une légion de game designers, soyez donc prêt à aller exercer vos talents à l'étranger.

L'anglais est alors indispensable !

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