Études de journalisme : en immersion dans un cours de télé

Par Pauline Bluteau, Jade Dupuy, publié le 29 Mars 2022
8 min

#SPME2022. Pour la semaine de la presse et des médias à l'école, l'Etudiant a accueilli trois étudiantes de l'ISCPA. Dans ce quatrième article, immersion à l’Institut pratique du journalisme Paris-Dauphine où des étudiants en master 1 en journalisme ont suivi un atelier dont l'objectif était de réaliser un journal télévisé.

Au sous-sol de l’IPJ (Institut pratique du journalisme Paris-Dauphine), ils ne sont que 12 étudiants présents, ce mercredi 23 mars, mais ils s'agitent comme une vraie fourmilière. Dans les différentes salles de l'école, chacun s’attèle à sa tâche dans des conditions presque réelles. Ils n’ont en effet que deux heures pour réaliser deux journaux télévisés de huit minutes.

Pendant trois jours, ces étudiants en master 1 journalisme participent à un atelier télé pour réaliser un JT dans des conditions proches du réel. Un exercice stressant et un petit exploit pour ces futurs journalistes qui ne sont pourtant pas tous spécialisés en télé.

Des apprentis journalistes organisés comme dans une vraie rédaction

Habitués, Aurélie Tessier, référente TV des étudiants en master 1 alternance, et Adrien Borne, journaliste-présentateur sur LCI, venu diriger l’atelier pendant trois jours, les aident et les conseillent. "Il n’y a qu’une seule infographie de prête, donc ce sera mieux si tu es assise", recommande Aurélie sur le plateau.

Pour ce JT, la classe a été répartie en deux groupes de six. Comme dans une vraie rédaction, l'équipe est dirigée par un rédacteur en chef qui organise le JT et contribue à son bon déroulement. Edgar, qui occupe cette fonction, semble d'ailleurs un peu perdu à l'idée de répondre à toutes les demandes de ses camarades.

À ses côtés, Clara occupe le poste de cheffe d'édition. "Je préfère le duplex parce que tu racontes une histoire mais il faut être polyvalent", explique l'étudiante de 22 ans. Son rôle : préparer le JT et surtout rassembler tous ceux qui sont en retard pour qu’elle puisse faire son travail d’organisation en régie avec Aurélie Tessier et Adrien Borne pendant le direct. Elle avoue : "C’est un peu de pression, c’est vrai". Pourtant, même débordés et guettés par leurs superviseurs, les apprentis journalistes restent de bonne humeur.

Les étudiants en master 1 à l'IPJ ont deux heures pour préparer un JT de 7 minutes.
Les étudiants en master 1 à l'IPJ ont deux heures pour préparer un JT de 7 minutes. // © Pauline Bluteau

Un JT étudiant dans les conditions du réel

Pendant ce temps-là, Leititia, 21 ans, présentatrice débutante, s’est installée sur le plateau avec Khadija, 26 ans, la chroniqueuse, pour répéter son texte. Sous les spots, très nerveuse, la jeune femme touche ses cheveux, ses lèvres murmurent les phrases qu’elle va dire dans les minutes qui suivent. "J’ai perdu une feuille ! Ah non, c’est bon…" Elle adresse un grand sourire à Khadija, et la pression redescend.

Aurélie Tessier, l’enseignante, les équipe de micro et leur donne des indications sur les caméras : "Pour toi Leititia, c’est la un, juste là, et toi Khadija, c’est la trois, ici. C’est bon, tu es prête ?" L’étudiante doit présenter quelques chiffres dans sa chronique mais n’a pas eu le temps de créer son deuxième élément pour illustrer ses propos. Il ne reste que quatre minutes avant la prise d’antenne. La référente insiste : "Il faut que tu la fasses !"

Nicolas, 22 ans, se concentre, casque sur les oreilles, pour terminer son sujet. Il s'occupe du "desk" : il doit monter des images, créer différentes séquences vidéos et construire une voix off et un commentaire qui viendront expliquer au téléspectateur ce qu'il voit.

De son côté, Flavien, 21 ans, sera le journaliste en duplex. Il part s’installer à l’extérieur, dans la cour. Il a écrit son texte, l’a appris par cœur et s'entraîne maintenant à voix haute devant la caméra avant que le journal commence. Dans quelques minutes, son duplex sera retransmis en direct sur le plateau comme lors d’un vrai journal télé.

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Une course contre la montre

Il est maintenant 15h30 et le journal doit débuter. Adrien Borne est contrarié. "Ça ne va pas être le JT de 15h30 mais celui de 15h34 !" scande-t-il. Les minutes passent et la tension monte. "Leititia, ne touche plus à ton oreillette et mets-toi dans ta bulle maintenant ! Il faut que tu trouves l'énergie !" lance l'encadrant dans l’oreillette de la présentatrice depuis la régie.

Les journalistes finalisent leurs sujets et envoient leurs travaux à la régie où Aurélie Tessier et Clara, la cheffe d’édition, s’agitent entre des écrans de toutes les couleurs et des plateaux remplis de boutons et de micros à actionner. Tous les sujets ne sont pas prêts, mais il est temps de passer à l'action….

"Cinq, quatre, trois, deux, un, top générique !" annonce Aurélie Tessier. Tout le monde se tait et observe. Le JT est lancé, les sujets s'enchaînent : le discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky au Parlement français, l’enquête autour de la mort du rugbyman argentin Federico Aramburu, les jeunes et Internet, la campagne présidentielle, le patinage artistique…

Vient le tour de Flavien. Il apparaît en duplex à l’écran et récite son texte. Un quasi sans faute. Enfin, Leititia prononce sa phrase de fin et les lumières s’éteignent. "Allez, on enchaîne !" lance Aurélie Tessier. Les présentateurs et chroniqueurs du deuxième groupe entrent sur le plateau pendant que leurs camarades se détendent enfin.

La présentatrice et sa chroniqueuse se préparent pour le premier JT de l'après-midi à l'IPJ.
La présentatrice et sa chroniqueuse se préparent pour le premier JT de l'après-midi à l'IPJ. // © Pauline Bluteau

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Une exigence nécessaire pour les futurs journalistes

Une fois le deuxième groupe passé, le stress redescend mais les commentaires fusent déjà. L’heure est au débriefing. Un moment qu’appréhendent certains étudiants. Pendant trois quarts d’heure, les élèves regardent leurs journaux : "Flavien, tu es meilleur en duplex !" se ravit Adrien Borne. "Leititia, il faut que tu informes, tu es présentatrice !" remarque-t-il.

Ferme mais sur le ton de la plaisanterie, Adrien Borne reste intransigeant, aucune erreur ne passe. Plus tard, il avouera : "Ils ont un bon niveau. D’ailleurs, il y avait des choses diffusables." Il insiste sur l’importance de la polyvalence dans le JT. "Ça leur permet de voir ce qu’ils aiment ou pas, ce qu'il est possible de faire. En télé, il y a plein de métiers possibles."

Malgré tous les commentaires, les étudiants ne semblent pas découragés. "Est-ce que vous avez pris du plaisir ?" questionne le journaliste à la fin du débriefing. Les étudiants répondent tous en cœur : "Ah oui !" Après trois jours intenses à comprendre les coulisses d’un JT, les futurs journalistes ont tout de même besoin de souffler. "C’était bien fatiguant, je suis crevé", murmure Bastien, l'un des deux rédacteurs en chef du jour. Bonne nouvelle, la journée consacrée à la télé se termine, les étudiants rentrent chez eux pour entamer, le lendemain, un cours de photographie.

La journée se termine par un debriefing du journaliste Adrien Borne qui supervise l'atelier télé.
La journée se termine par un debriefing du journaliste Adrien Borne qui supervise l'atelier télé. // © Pauline Bluteau

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