Écoles de mode : les plus reconnues pour leur créativité et leur technique

Par Delphine Dauvergne, publié le 31 May 2016
7 min

Derrière les deux références que sont l’IFM et l’école Duperré, d’autres formations aux métiers de la mode jouissent d’une très bonne réputation, pour leur développement international, leurs côtés artistiques ou leur professionnalisme.

“La capitale de la mode, c'est toujours Paris”, assure Jean-Paul Cauvin, directeur de la communication à l'Atelier Chardon-Savard et ancien journaliste spécialisé dans les écoles de mode. L'excellence à la française, résultat d'une créativité et d'un savoir-faire toujours présents, continue d'attirer des étudiants venant du monde entier.

L'IFM une formation complémentaire ancrée auprès des grandes maisons

Premier classé dans notre sondage, l'IFM, ou Institut français de la mode, possède la particularité de ne proposer que des programmes postgraduate, c'est-à-dire qu'il ne recrute ses étudiants qu'à partir d'un bac+4. Fondé en 1986, l'IFM, dès ses débuts, a pour vocation de former au management de la mode, du design et du luxe.

En 2000, l'institut ouvre une filière création de mode comportant trois majeures : accessoire, image et vêtement. Ce cursus, qui dure 16 mois, comprend 6 mois de stage dans une entreprise des secteurs de la mode et du luxe. Il ne recrute chaque année qu'une trentaine d'étudiants dont seulement 20 % sont français : les candidats qui souhaitent compléter leur parcours avec cette formation de haut niveau sont déjà diplômés d'école d'art, de design ou de stylisme. “Notre objectif est de recruter des jeunes talents venant du monde entier. Tout notre programme est d'ailleurs enseigné en langue anglaise”, précise Sylvie Ebel, directrice adjointe de l'école.

Deux autres atouts viennent renforcer le programme : l'existence d'ateliers où les étudiants des filières création et management travaillent ensemble, ainsi que “des partenariats avec les grandes marques de luxe, qui permettent de faire des ateliers chez Chanel, Christian Dior Couture, Louis Vuitton…”, explique Jean-Denis Franoux, styliste indépendant et enseignant au Studio Berçot.

Marianne Castier, responsable RH à Louis-Vuitton Malletier, confirme d'ailleurs qu'elle recrute le plus souvent à l'IFM, car “cette école est déjà très sélective”. Pour Franck Jacquard, responsable du pôle créatif au cabinet de recrutement Sterling International, “l'IFM est la seule école à proposer un bac+5 de cette qualité : dimension internationale, corps professoral reconnu, innovation du programme académique…”.

L'école Duperré : une école publique qui pousse à la création

Avec 107 points cumulés dans notre classement 2016, l'ESAA école Duperré suit de très près l'IFM. “Duperré est l'école artistique de la République. Son statut public lui permet une ouverture à tous les étudiants”, apprécie Franck Jacquard. L'école propose une année de MANAA (mise à niveau en arts appliqués), accessible dès le baccalauréat, un BTS (brevet de technicien supérieur) design de mode, une licence professionnelle (bac+3) métiers de la mode, ainsi qu'un DSAA (diplôme supérieur d'arts appliqués) design, mention mode.

“Cette école a une approche très moderne. Elle sait allier technologie et style : les étudiants apprennent bien l'architecture du vêtement et de la silhouette”, admire Stéphane de Pondt de La Faurie, responsable de la collection femme de la marque américaine JCrew. Duperré est reconnue pour sa créativité autour du textile, son côté artistique et sa capacité à travailler sur des concepts graphiques.

L'ECSCP : sans égale pour la technique

L'École de la chambre syndicale de la couture parisienne, avec sa formation en 4 ans en stylisme et modélisme, prend la troisième place de notre classement. Pour Stéphane de Pondt de la Faurie, “c'est une institution reconnue, où on apprend toutes les bases des métiers de la haute couture”.

Créée en 1927, elle s'est rapidement imposée comme une référence pour ses techniques de modélisme. “L'école a fait évoluer ses formations en fonction des besoins des maisons de prêt-à-porter, en apportant désormais plus de culture générale universelle, pour nourrir leurs choix artistiques”, souligne Marianne Castier, responsable RH chez Louis-Vuitton.

Esmod : un réseau international qui paie

Fondée en 1841, Esmod possède une ancienneté et une stature internationale qui lui procurent une reconnaissance très au-delà de son secteur. “C'est l'école la plus internationale dans son développement”, affirme Sylvie Ebel, directrice adjointe de l'IFM. Avec 23 écoles dans 15 pays, elle s'est constituée un réseau reconnu dans le mond entier, qui donne la possibilité à ses étudiants d'effectuer une partie de leur scolarité à l'étranger. “Cela leur permet de nourrir leur créativité, et aussi de mieux connaître les marchés internationaux de la mode”, argumente Christine Walter-Bonini, directrice générale d'Esmod Paris.

Le même programme, accessible directement après le bac, est délivré dans tous les établissements du réseau français : à Bordeaux, Lyon, Paris, Rennes et Roubaix. Les étudiants sont aussi amenés à travailler en ateliers avec l'ISEM, la filière management du groupe.

L'Atelier Chardon-Savard et le Studio Berçot : créativité et ambiance assurées

Également citées par les responsables de formation, l'Atelier Chardon-Savard et le Studio Berçot sont presque à égalité dans notre classement. Le premier, à Nantes et à Paris, est classé par Anne Balas-Klein, la directrice du pôle mode de LISAA Paris, parmi les meilleurs, avec l'Esmod et l'ECSCP. “Chardon-Savard est réputée pour sa créativité.”

La formation de designer de mode de l'Atelier Chardon-Savard, se déroule sur 3 ans, en se termine par 1 an de professionnalisation, avec un stage de 6 mois, tandis que le cursus du Studio Berçot dure 2 ans. “Les étudiants se tournent vers notre école pour l'ambiance, qui les met dans les conditions réelles de leur futur métier : ils travaillent dans un grand atelier avec un suivi personnalisé des enseignants”, décrit Jean-Denis Franoux, enseignant au Studio Berçot.

Et aussi…

L'ENSAD (ou “les Arts-Déco”) propose une formation en 5 ans, délivrant le grade de master, plus orientée vers le textile “expérimental” que la mode. “On y enseigne une mode hyperconceptuelle ; ce ne sont pas des vêtements que l'on achète…”, commente Jean-Paul Cauvin, responsable de l'Atelier Chardon-Savard. “Nous avons beaucoup d'ateliers techniques mis à disposition de nos étudiants (impression textile, bois, métal…). Ils sont amenés à travailler avec ceux des autres spécialités, ce qui leur apporte une ouverture d'esprit”, décrit Jocelyne Imbert, enseignante dans cette école publique.

Pluridisciplinaire, LISAA Paris est notamment reconnue pour sa filière mode. “Elle a une approche un peu plus industrielle”, précise Jean-Paul Cauvin. L'école privilégie, en effet, la diversité dans ses partenariats, contrairement à d'autres qui se concentrent sur le secteur de la haute couture. “Nous ouvrons le maximum de perspectives à nos étudiants, même si cela leur paraît moins prestigieux”, souligne la directrice du pôle mode de l'école. Des ateliers à l'étranger sont organisés tous les ans pour “favoriser l'émulation entre les étudiants”.

L'Istituto Marangoni est une célèbre école italienne, située à Milan, qui s'est développée aussi à Londres, Paris et Shanghai. “Elle s'imprègne de l'esprit de la mode de chaque ville où elle s'est installée. À Paris, ce sera la haute couture tandis qu'à Milan, l'enseignement sera tourné vers les créateurs de mode masculine”, illustre Jean-Paul Cauvin, qui la place parmi ses trois écoles préférées.

Vous pouvez aussi opter pour le BTS design de mode, textile et environnement, option mode, proposé aussi bien dans le public que dans le privé. “Les BTS des lycées sont souvent peu concrets”, constate cependant Jean-Paul Cauvin. “Cette formation manque de visibilité internationale”, admet Franck Jacquard. Mais cela peut constituer un premier pallier avant d'intégrer une formation à bac+2, comme le DSAA (diplôme supérieur des arts appliqués) design, option mode. Celui-ci est proposé dans 4 établissements en France : à l'ENSAAMA Olivier-de-Serres (Paris), l'ESAA école Duperré (Paris), l'ESAT Roubaix et au lycée La Martinière-Diderot (Lyon, cité deux fois dans notre enquête, voir notre méthodologie).

Retrouvez le détail de notre classement des 75 écoles de stylisme et de modélisme.

Les écoles de mode étrangères les plus citées

• Central Saint Martins, Londres (Royaume-Uni)
• La Cambre, Bruxelles (Belgique)
• L'Académie royale des beaux-arts, Anvers
• Le Royal College of Art, Londres (Royaume-Uni)
• Bunka Gakuen University, Tokyo (Japon)
• London College of Fashion, Londres (Royaume-Uni)
• L'Istituto Marangoni - Milano Fashion School, Milan (Italie)

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