1. Écoles d’audiovisuel : la Fémis et Louis-Lumière au top
Bancs d’essai

Écoles d’audiovisuel : la Fémis et Louis-Lumière au top

Envoyer cet article à un ami
À la Fémis, gagnante incontestée de notre classement, les étudiants choisissent majoritairement la spécialité “réalisation”. // © Myr Muratet/Divergence pour l'Etudiant
À la Fémis, gagnante incontestée de notre classement, les étudiants choisissent majoritairement la spécialité “réalisation”. // © Myr Muratet/Divergence pour l'Etudiant

La Fémis en pole position, Louis-Lumière dans son sillage : parmi les formations en audiovisuel, ces deux écoles publiques s'imposent en tête de notre classement et devancent très largement les établissements privés.

La Fémis : la plus renommée et… la plus sélective

Créée en 1986 pour prendre la suite de l’IDHEC, la Fémis est une école publique parisienne qui dépend du ministère de la Culture et de la Communication. Elle figure largement en tête de notre classement des formations en audiovisuel.

Avec seulement 5 % d'admis, la Fémis s'affiche comme ultrasélective. Les candidats devront choisir dès le concours la spécialité qu'ils suivront pendant 4 ans : scénario, réalisation, production, image, son, montage ou décor.

C'est la section "réalisation" qui attire le plus de candidats : 403 en 2015, contre 62 pour la section son. Mais, au final, les étudiants seront seulement entre 3 et 12 par spécialité, ce qui leur permet de bénéficier d'un accompagnement privilégié.

L'accès à la Fémis est théoriquement possible avec un bac+2, mais la plupart des candidats sont titulaires dans les faits d'un diplôme supérieur : selon le bilan du concours 2015, ils étaient 70 % à posséder un bac+3 ou plus au moment de l'inscription.

Louis-Lumière : cinéma, son, photographie

Également publique, Louis-Lumière, deuxième dans notre classement, recrute dans des sections un peu plus techniques qu'à la Fémis en cinéma, son et photographie. L'accès est possible dès bac+2, la majorité des admis ayant suivi une classe préparatoire scientifique ou audiovisuel, selon le bilan du concours 2015.

L'établissement, situé à la Cité du cinéma, à Saint-Denis (93), propose, depuis 2013, une classe "égalité des chances" pour la préparation de son concours. On peut la suivre en parallèle de sa première, deuxième ou troisième année d'études supérieures.

Des objectifs différents

Ces deux établissements à l'excellente réputation ont cependant un objectif différent : “La Fémis s'adresse à des profils littéraires, artistiques. On y forme des auteurs ; tandis que Louis-Lumière est reconnue pour ses techniciens et produit surtout des chefs-opérateurs”, résume Jean-François Bourrel, fondateur de la société de production Eddy. “Nous formons aux métiers de l'image et du son au sens large, pas seulement au cinéma”, souligne Mehdi Ait-Kacimi, directeur de la communication de Louis-Lumière.

Un point commun néanmoins : les moyens mis à disposition des étudiants pour leurs projets. Avec 8.000 m2 de locaux pour Louis-Lumière et près de 10.000 m2 pour la Fémis, ces écoles peuvent installer des studios d'un niveau professionnel. “Je collabore beaucoup avec des réalisateurs issus de ces deux établissements, très professionnels grâce aux courts-métrages qu'ils ont réalisés pendant leur formation”, reconnaît Christophe Baudoin, producteur chez Mia Productions.

“La Fémis et Louis-Lumière sont des écoles difficiles d'accès, mais elles ouvrent ensuite beaucoup de portes, grâce notamment à leur réseau des anciens”, souligne quant à lui Vincent Magnier, chef-opérateur du son et secrétaire à l'AFSI (Association française du son à l'image). Un atout primordial dans ce métier de contacts.

Du côté des écoles privées

À la troisième place dans notre classement, l'ESRA (Nice, Paris, Rennes) est l'établissement privé le plus cité par ses pairs. L'école compte environ 200 élèves par promotion sur son campus parisien, et une soixantaine pour chacun des deux autres. En recrutant directement après le bac, “la moyenne d'âge des élèves – entre 18 et 20 ans – est moins élevée que dans les autres établissements, ce qui permet d'avoir des jeunes motivés avec une soif d'apprendre importante”, constate Max Azoulay, président du groupe ESRA.
Après deux années d'enseignement généraliste en audiovisuel, les étudiants sont amenés à choisir plusieurs options pour leur dernière année, selon qu'ils souhaitent devenir réalisateurs, scénaristes, monteurs ou producteurs. La moitié des étudiants se tourne vers la télévision à la sortie de l'école. Sa localisation à Paris, dans le XVe arrondissement, à proximité des sociétés de production et des grands médias télévisés, permet à ses étudiants de faire des mini-stages tout au long de l'année.
L'ESRA propose par ailleurs à ses élèves de suivre une année supplémentaire (non diplômante) à New York, “pour étudier une vision plus pragmatique du scénario et une autre culture des métiers de l'audiovisuel”, explique Max Azoulay.
À noter enfin que le groupe ESRA possède aussi une école spécialisée dans le son, l'ISTS (Nice, Paris, Rennes), qui forme des ingénieurs du son.

Le Conservatoire libre du cinéma français, fondé en 1963, est quatrième dans notre classement. C'est la plus ancienne école de cinéma privée d'Europe. Avec des petites promotions (entre 24 et 35 étudiants), l'école est à taille humaine. “La force du CLCF est d'inciter les étudiants à faire le plus de tournages possible, chaque élève réalise entre 20 et 30 projets pendant ses 3 années d'études”, décrit Juliette Leïby, directrice générale du CLCF et de Cifacom, qui appartiennent au réseau Studialis. Cifacom propose un BTS métiers de l'audiovisuel, ainsi que deux Bachelors (monteur truquiste et audiovisuel).

À la cinquième place, 3IS dispose de 12.000 m2 de plateaux et studios à Élancourt (78). “Quand les jeunes viennent voir nos locaux, ils ont souvent l'impression de visiter Disneyland…”, sourit Emmanuel Carre, directeur pédagogique et développement de l'établissement. L'école propose, comme l'ESRA, des formations à la fois artistiques et techniques portant sur les métiers de l'image et du son. Son cursus postbac en 3 ans accueille environ 200 étudiants en cinéma et audiovisuel.

Eicar, à La Plaine-Saint-Denis (93), est sixième de notre classement. L'école prépare ses étudiants aux différents métiers du cinéma, de la télévision et du spectacle vivant via un BTS métiers de l'audiovisuel (options gestion de production, métiers de l'image, métiers du son et montage et postproduction) et de nombreuses formations en 2 ou 3 ans après le bac ou un bac+2 : réalisation, son, télévision, écriture scénaristique, production audiovisuelle…
Pour Jean-François Bourrel, fondateur de la société de production Eddy, qui travaille régulièrement pour des films publicitaires avec des réalisateurs issus d'Eicar, “ses diplômés ont une capacité à avoir une vraie réflexion en direction artistique et en structuration narrative”.

À égalité avec Eicar, l'INA Sup, à Bry-sur-Marne (94), école des archives audiovisuelles liée au prestigieux INA (Institut national de l'audiovisuel), propose des formations reconnues par les professionnels allant du BTS au master (production audiovisuelle, gestion de patrimoines audiovisuels, etc.). Pour le producteur de Mia Productions, Christophe Baudoin, c'est “une bonne formation en culture numérique, qui complète la théorie par des stages de qualité et de bons intervenants”.

Enfin, les deux dernières écoles de notre podium ont chacune leurs particularités. L'ESEC, à Paris, recrute à bac+2 ou à l'issue d'une année préparatoire, pour des cursus de 2 ans. “Depuis mon arrivée, j'ai essayé d'apporter un côté plus créatif à cette école, qui avait une tradition technique”, décrit Jérôme Enrico, son directeur. Quant au Fresnoy, à Tourcoing (59), qui recrute à bac+5 pour 2 ans, “il est plus orienté vers les arts plastiques, dans un objectif de performance créative avant-gardiste”, estime Martin Grosdidier, responsable de la licence audiovisuelle à l'Esav de Toulouse (31).

Les prépas "audiovisuel"
Pour aider les candidats à réussir les concours, une dizaine de formations publiques ou privées proposent une année de préparation aux écoles de cinéma. La plus connue est la classe Ciné Sup du lycée Guist'hau, à Nantes (44), qui place régulièrement des étudiants à la Fémis.

Les formations en école les plus citées

Voici les établissements cités au moins trois fois dans notre enquête (voir notre méthodologie).

École Nombre de points Nombre de citations
La Fémis, Paris 319 39
ENS Louis-Lumière, Saint-Denis 230 32
ESRA Nice, Paris, Rennes 84 15
CLCF - Conservatoire libre du cinéma français, Paris 36 7
3IS, Élancourt 33 6
EICAR Bordeaux, La Plaine-Saint-Denis 21 5
INA Sup, Bry-sur-Marne 21 4
CIFACOM, Montreuil 19 4
ESEC, Paris 18 6
Le Fresnoy, Tourcoing 17 5

Retrouvez le détail des formations avec 173 filières audiovisuelles en école.

Sommaire du dossier
Retour au dossier Écoles d’audiovisuel : la Fémis et Louis-Lumière au top Formations en audiovisuel : l'université plus orientée vers la théorie Le BTS métiers de l’audiovisuel : pas assez de pratique Classement 2016 des formations en audiovisuel : notre méthodologie Formations en audiovisuel : 173 filières en école Formations en audiovisuel : 89 filières à l'université