BTS métiers de l'audiovisuel : privé ou public ? Quel coût ?

Par Isabelle Maradan, publié le 20 Avril 2011
5 min

Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

Lorsque vous choisissez la voie du privé pour préparer un BTS (brevet de technicien supérieur) métiers de l’audiovisuel, ce qui compte, pour vous, c’est l’obtention de ce diplôme d’État. À l’EICAR, le directeur annonce un taux de réussite situé autour de 60-65 % toutes options confondues, avec des pics à 85 % pour l’option métiers de l’image et à 75 % pour la gestion de production, selon les années. Les résultats officiels de la session 2009 donnent l’avantage à l’enseignement public dans toutes les options sauf celle qui est consacrée aux techniques d’ingénierie et exploitation des équipements. Là, le secteur privé affiche un taux de réussite de près de 90 % contre 80 % dans le public, selon les données de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.


Des écarts dans les taux de réussite entre le public et le privé

 
D’après la DEPP toujours, 92,6 % des étudiants dans le public ont décroché leur BTS avec l’option gestion de production, contre 55,9 % pour ceux du privé. Pour l’option?C, montage et postproduction, le taux de réussite du public est de 91,5 % et de 70 % dans les établissements privés. En option métiers du son, l’enseignement public affiche 83,3 % de réussite là où le privé n’est qu’à 53,2 %. Et l’option D, métiers de l’image, est celle où l’écart est le plus creusé. Avec un taux de réussite au BTS de 89,3 % dans le public, contre seulement 36,6 % dans le privé.


Combien coûte la formation au BTS dans le privé et est-ce plus facile d’y entrer que dans le public ?

 
Dans les écoles privées, il y a une première sélection financière évidente, avec un coût minimal autour de 5.000€ par an. À l’EICAR (École internationale de création audiovisuelle et de réalisation), une année d’études entraîne une dépense de 6.900 à 7.300€, selon les options. "C’est trop lourd pour les parents. Mais 7.000€ ce n’est pas grand-chose, quand on sait qu’un étudiant de BTS dans le public coûte 30.000€ par élève et par an à l’État", compare Georges Touati, directeur de cette école privée hors contrat, qui prépare au BTS métiers de l’audiovisuel en formation initiale, située à La Plaine-Saint-Denis (93).


Des bourses financées par la taxe d’apprentissage versée par les entreprises

 
Il est possible de décrocher une bourse dont le CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), qui établit le dossier de l’étudiant, aura fixé le niveau. Parmi les 100 étudiants en 1e année et 90 en 2e année de BTS métiers de l’audiovisuel à l’EICAR, une vingtaine d’élèves en bénéficient. L’école s’active pour trouver des moyens financiers. En février, le directeur tente de convaincre les entreprises de choisir son école pour reverser la taxe d’apprentissage. "Une partie de l’argent ainsi récolté sert à financer les bourses des étudiants", précise-t-il. Et si, par le plus grand des hasards, vous habitez Aubervilliers, sachez que l’école accueille également de jeunes talents distingués par un prix, décerné en partenariat avec la ville d’Aubervilliers pour "contribuer à l’intégration professionnelle des jeunes de la ville dionysienne dans le monde de l’audiovisuel". Pour eux, la scolarité est gratuite.

> Pour en savoir plus sur les bourses, consultez le portail étudiant et renseignez-vous auprès du CROUS de votre académie.


Une sélection sur dossier aussi

 
Quel qu’en soit le prix, votre entrée dans une école privée n’est pas automatique. Le plus souvent, un dossier, avec une lettre de motivation et la présentation des expériences des candidats, est également pris en compte. Et les bacheliers passent un entretien. L’EICAR reçoit environ 500 demandes d’intégration en BTS et retient une centaine de candidats?: 20 % d’heureux élus, alors qu’ils ne sont que 8 % à obtenir satisfaction au lycée public Jacques-Prévert de Boulogne-Billancourt, par exemple.


Un mois de remise à niveau scientifique

 
Pour les choisir, 2 sessions d’examen de sélection sont organisées chaque année à l’EICAR afin de départager les bacheliers qui postulent. Il s’agit de QCM (questionnaires à choix multiples) dans les domaines techniques et culturels. Une session de rattrapage de niveau d’un mois est prévue pour les jeunes bacheliers des séries L, ES, et STG, qui ont été reçus aux tests d’entrée mais n’ont pas les bases scientifiques requises pour préparer le BTS. Elle se déroule pendant le mois de septembre, avant la rentrée du BTS. Elle ne s’accompagne pas de frais de scolarité supplémentaires. 

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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