1. Cinéma d'animation contre cinéma classique : lequel a plus de débouchés ?

Cinéma d'animation contre cinéma classique : lequel a plus de débouchés ?

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Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

"Dans le domaine de l’animation comme ailleurs, on voit les effets de la crise depuis 2 ans", observe René Broca, auteur d’une étude réalisée en janvier 2009 sur la formation et l’emploi dans le secteur de l’animation. Pour autant, le consultant spécialisé dans l’audiovisuel croit aux potentialités de développement du secteur. Et ce n’est pas la récente performance planétaire d’Avatar, plus grand succès commercial de tous les temps, qui le contredira. La superproduction de James Cameron constitue une percée dans les technologies du cinéma, pour son développement 3D.


Des métiers dont tous les cinémas ont besoin

 
"Il y a de plus en plus d’écrans, et, crise ou pas, les gens ne vont pas arrêter de regarder des images", note René Broca. D’après le spécialiste, le cinéma d’animation aurait même une marge de progression plus grande que le cinéma "en vue réelle", comme il appelle le cinéma "classique". Principalement, parce que la frontière entre les 2 a tendance à devenir de plus en plus floue. Pour preuve : les savoir-faire de l’animation intéressent aussi le cinéma en vue réelle, qui recourt notamment de plus en plus aux effets spéciaux. "Si vous êtes capable de modéliser une personne en 3D ou de réaliser des éclairages pour des scènes 3D par exemple, vous êtes susceptible de travailler sur les effets visuels qui sont largement utilisés par l’ensemble du cinéma, des films “classiques” aux séries ou films réalisés pour la télévision", affirme René Broca.


Des débouchés, sur trois marchés

 
Les perspectives de développement du secteur sont donc objectivement importantes. Les débouchés ne se limitent pas au cinéma d’animation. René Broca distingue 3 marchés. Celui du cinéma d’animation, où vont évoluer des spécialistes de l’image de synthèse tridimensionnelle. Le marché du cinéma "en vue réelle", qui utilise des effets visuels nécessitant la maîtrise des mêmes logiciels que dans l’animation et, donc, les mêmes formations que dans l’animation. Et celui de la télévision, un peu moins exigeant sur les effets visuels, mais qui a également besoin de ce type de compétences pour des émissions, des séries ou des téléfilms.


La fuite des meilleurs vers Londres ou la Californie

 
"Même en temps de crise, ceux qui sont forts trouvent toujours du boulot dans ce secteur", note René Broca. Les talents diplômés de l’une des 3 écoles françaises de renommée internationale dans le secteur de l’animation, que sont les Gobelins, Supinfocom à Valenciennes et Supinfocom à Arles, ont tendance à traverser l’Atlantique ou la Manche. Il faut dire qu’ils sont convoités. Les studios californiens, comme Pixar, viennent directement dénicher les meilleurs animateurs et spécialistes d’effets visuels dans les écoles françaises. Quant aux studios de postproduction londoniens, ils s’intéressent également aux frenchies fraîchement diplômés, pour des postes où l’animation n’est pas centrale, comme ceux de lighter ou technical director. En 2006-2007, 1/3 des effectifs des promotions des 3 écoles de renommée internationale était concerné par ces embauches. Un pourcentage atténué en 2008-2009 sous l’effet de la crise.


Votre réseau se constituera autour de vos compétences

 
Côté français, vous serez embauché la plupart du temps en tant qu’intermittent du spectacle, pour la durée d’une production particulière. Le bouche-à-oreille participera à vous construire un réseau professionnel. "C’est parce que vous aurez donné satisfaction, tant au plan des compétences professionnelles que de votre personnalité et de la sympathie que vous aurez su attirer, qu’on vous proposera d’autres contrats", affirme René Broca. Pour le consultant, "dans ces boulots artistico-techniques, les embauches ne se font jamais uniquement par copinage, à la différence du cinéma en vue réelle, où il suffit de regarder les noms du générique pour y repérer des filiations". De quoi rassurer ceux qui veulent se lancer, sans avoir un tonton d’Amérique dans la profession ou Brad Bird (réalisateur entre autres de "Ratatouille" en 2007) dans sa famille. "Un jeune qui fait de bonnes études dans l’animation trouvera du boulot s’il est bon et prêt à bosser", conclut René Broca.


Le talent artistique est nécessaire

 
"La 3D, c’est de la sculpture sur des ordinateurs", définit René Broca. Aussi, pour avoir ses chances d’y faire carrière, il est indispensable de posséder un réel talent artistique. Car l’animateur est quelqu’un qui a la capacité d’exprimer le mouvement par le dessin. Il lui faut donc avoir un œil, une capacité à exprimer des émotions par des moyens graphiques, ce qu’a généralement une personne qui dessine très bien. Et il lui faut également une solide culture artistique, de la bande dessinée, du cinéma, et du cinéma d’animation… Ce bagage culturel est le résultat de votre intérêt pour le secteur et en témoigne. Avec du talent et cette culture, vous multipliez vos chances d’intégrer une école reconnue par la profession pour recevoir la formation artistico-technique nécessaire.

> Pour en savoir plus sur la formation et l’emploi dans le secteur de l’animation, lisez l’étude de René Broca pour la CPNEF (Commission paritaire nationale pour l’emploi et la formation).


Faire évaluer son talent

 
Mais comment évaluer son talent ? Pas si simple… Entre l’avis d’un professeur de dessin, celui d’un parent, forcément admiratif de votre talent, il est parfois difficile de savoir si le vôtre confine suffisamment à l’excellence pour vous permettre de réussir le concours de l’école que vous visez. René Broca suggère de prendre conseil auprès de professionnels susceptibles de vous évaluer avec une plus grande objectivité. Alors, n’hésitez pas à vous adresser aux bonnes écoles, dont celle que vous avez peut-être déjà choisie, pour obtenir un rendez-vous et montrer ce que vous savez faire. Les exigences y sont très élevées, mais seule cette démarche peut vous permettre de savoir si vous avez de vraies dispositions pour suivre un tel cursus.


Artiste, mais pas seul

 
Mais attention, le talent artistique ne suffit pas non plus. "Le talent individuel ou le génie personnel doit s’accompagner d’une capacité psychologique et technique à s’adapter à un travail collectif. Il faut être capable de situer son travail dans une chaîne. Savoir qui fait quoi avant et ce que devront faire d’autres personnes après." Une compétence que vérifiera forcément un directeur de studio avant de vous embaucher. Alors si vous excellez en dessin, en animation ou dans la maîtrise de logiciels graphiques qui vous permettront d’apprendre des tâches complexes, vous êtes sur la bonne voie, à condition de sentir en vous de réelles compétences pour le travail d’équipe.


Pas forcément un bac S

 
La plupart des écoles proposent un concours affiché au niveau bac. Leur reconnaissance les oblige d’ailleurs à ne pas recruter en deçà de ce niveau. Étant donné la dimension artistique du métier, un bac littéraire peut très bien convenir. Mais le niveau bac est très théorique et il est rare de réussir le concours avec seulement son bac en poche. À moins d’être un petit génie de l’animation. C’est donc par une préparation que les jeunes parviennent à décrocher ce type de concours. Et là encore, la difficulté consiste à se repérer dans la jungle des formations proposées. Pour René Broca, il existe des dizaines d’écoles qui font miroiter la réussite aux concours et des carrières internationales tout en proposant des formations inintéressantes. "Dans certains cas, on entasse les mômes avec un objet et on les laisse dessiner, sans réel accompagnement", ajoute-t-il. Raison de plus pour bien vous renseigner sur ces écoles avant de vous engager. Les principales écoles qui proposent des formations à l’animation savent d’où viennent ceux qui ont réussi aux concours et peuvent vous aider à mettre toutes vos chances de votre côté. Contactez-les !

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


Sommaire du dossier
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