1. Comment commencer dans la production ?

Comment commencer dans la production ?

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Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

Elle estime avoir eu du bol, Olivia Baup, d’avoir rencontré et de travailler avec des gens passionnants depuis 20 ans maintenant. Elle a appris son métier de coordinatrice de production dans le cinéma "sur le tas", comme on dit. Avec le recul de son expérience, Olivia estime qu’assistante de production, secrétaire de production ou coordinatrice de production, sont encore des métiers qu’on apprend "en faisant", par le biais de stages notamment. "Je ne vois pas comment on peut enseigner tout ça. C’est tellement de pratique", s’étonne-t-elle.

Créer une société à plusieurs pour commencer

 
DEUG (bac+2)
de lettres modernes en poche, Olivia prend des cours de théâtre au Conservatoire d’art dramatique, où elle se rend vite compte qu’elle n’est pas faite pour être comédienne. Sans piston ni connaissance et sans un sou en poche, elle s’essaie à la production en créant une société avec des copains du cours de théâtre. Benoît Jaubert, qu’elle retrouvera quelques années plus tard chez MNP Entreprise aux côtés de Mathieu Kassovitz, était de cette aventure. Apostrofilms produit alors les 2 premiers courts métrages de Jean-Philippe Écoffey. "Mais la difficulté d’une boîte de courts métrages, c’est qu’il faut tourner tout le temps pour avoir toujours de l’argent qui rentre et qui sort. Et on ne passe pas facilement du court au long, car ce ne sont pas les mêmes interlocuteurs", explique Olivia Baup. La société de production ne survit pas.


Embauchée à la suite d’une candidature spontanée

 
Après une expérience formatrice de secrétaire de direction intérimaire dans l’industrie, où elle apprend la rigueur nécessaire dans ce métier qui a "une fausse image cool et en exige énormément", Olivia tente à nouveau sa chance dans l’univers du cinéma. Une candidature spontanée l’amène à collaborer avec Michelle de Broca, la femme du réalisateur Philippe de Broca. Olivia fait ses armes comme assistante de direction de la productrice à la filmographie impressionnante, dont le très beau film "César et Rosalie" de Claude Sautet, sorti en 1972. "Elle m’a tout appris", reconnaît Olivia. La jeune femme a alors la chance d’être impliquée dans toute la chaîne de production et de toucher à tout. "Plus une boîte est petite, plus on a la chance de faire ce que l’on veut, ce qui n’est pas forcément le cas dans les grosses sociétés où tout le monde a un poste bien défini", constate Olivia Baup.


Secrétaire de production sur Le Vieux qui lisait des romans d’amour

 
Michelle de Broca lui confie même le rôle de secrétaire de production sur l’adaptation du roman de Sepúlveda "Le Vieux qui lisait des romans d’amour", sur les écrans en 2001. Une expérience inoubliable pour Olivia Baup, qui y consacre 4 ans de sa vie professionnelle et continue à apprendre la production sur le tas, de la phase de développement à la réalisation. Achat de droits d’auteur, recherche d’un scénariste, validation du scénario, choix du réalisateur, recherche de financements, casting, tournage, Olivia Baup suit toutes les étapes. De son expérience de secrétaire de production sur le tournage, elle garde le souvenir d’une activité intense. "La secrétaire de production est la 1ère arrivée et la dernière partie. Et elle doit avoir une grande capacité à gérer l’imprévu et le stress, de l’acteur qui annule son billet au car loge pillé en passant par le bateau, fraîchement rénové, qui coule avant d’atteindre le lieu de tournage", se souvient Olivia.


Retour aux sources, l’expérience en plus

 
Après 10 ans de collaboration avec Michelle de Broca, Olivia rejoint Manuel de La Roche, ancien moine tibétain qui s’est improvisé producteur pour "Darshan, L’Étreinte", de Jan Kounen, en sélection officielle hors compétition à Cannes en 2005. Mais la petite boîte est en train de faire faillite, lorsque Benoît Jaubert, un copain de cours de théâtre, devenu producteur au côté de Mathieu Kassovitz chez MNP Entreprise, lui propose de les rejoindre. L’occasion d’une seconde expérience cannoise avec "Johnny Mad Dog", film de Jean-Stéphane Sauvaire projeté en 2008 dans la section "Un certain regard".


De la lecture de scénarios à la distribution chez Kassovitz

 
Chez MNP Entreprise depuis 3 ans et demi, Olivia Baup répertorie, analyse et fait des comptes rendus des scénarios reçus, participe à la correction des scénarios en cours d’écriture, rédige des fiches entières sur des auteurs, contribue à la recherche documentaire nécessaire à la réalisation de différents films, tout en gérant les contrats de droits d’auteur, les dossiers de financements, la coordination des tournages (parfois 3 en même temps partout dans le monde), et la distribution. Elle reconnaît aussi les qualités qui l’ont amenée là. Vive, réactive, rigoureuse, dotée d’une bonne mémoire et d’une envie d’apprendre toujours renouvelée. Sans oublier l’indispensable passion, toujours intacte.


De plus en plus de diplômés d’écoles de commerce

 
Persuadée par ailleurs de la complexité croissante de ce métier, et consciente des difficultés rencontrées par les petites sociétés de production, Olivia Baup ne s’étonne pas de voir apparaître des jeunes diplômés d’écoles de commerce dans la production. À 44 ans, malgré son expérience considérable dans le milieu de la production cinéma, Olivia ne se sent pas capable d’endosser le rôle de productrice.


Une bonne formation initiale et une démarche de formation continue

 
Pas de diplôme étiqueté "production" pour Marc Olla non plus, mais un master gestion des entreprises et des administrations après des études de théâtre, comme Olivia Baup, juste le temps de se rendre compte qu’il ne serait pas comédien. Directeur de production au cinéma depuis 15 ans, il a d’abord exercé cette fonction pour la télé pendant 10 ans, dont 5 passés aux Guignols de l’info sur Canal+. À 48?ans, Marc Olla reconnaît avoir pu s’appuyer sur sa formation en gestion des entreprises et administrations pour créer sa société de production. Pour lui, le temps où l’on commençait par un stage sans diplôme est révolu. "Il y a beaucoup de monde et moins de places à prendre. Alors les gens bien qualifiés trouvent plus facilement une place. Même s’il est aberrant de laisser croire qu’on est producteur, en sortant de la Fémis, par exemple." Pour les métiers de la production, c’est plutôt vers une formation de gestionnaire ou de comptable que Marc Olla conseille de s’orienter. Sans oublier les stages réguliers de remises à niveau sur des processus techniques en perpétuelle évolution. Le directeur de production n’a jamais cessé de se former, sur les financements, les droits, les contrats et les langues aussi. "L’anglais est indispensable pour travailler dans notre village global", assure-t-il. Sachant, bien sûr, que le reste et l’essentiel du métier s’apprennent sur le terrain.

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Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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