Faut-il un bac S pour entrer en BTS métiers de l’audiovisuel ?

Par Isabelle Maradan, publié le 20 Avril 2011
5 min

Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

"Les bacs S rentrent partout", affirme Denis Aboulin, responsable des formations BTS (brevet de technicien supérieur) en audiovisuel au Greta du Velay (43). Les profils plus scientifiques qu’artistiques auraient donc un sérieux avantage pour préparer un BTS métiers de l’audiovisuel. "Les bacheliers S sont préférés pour les options son, image, techniques d’ingénierie et exploitation des équipements", explique-t-on au lycée public Jacques-Prévert de Boulogne-Billancourt (92).


Majorité de S en son, image et techniques d’ingénierie et exploitation des équipements

 
Si l’on regarde le bac d’origine des élèves en première année de BTS métiers de l’audiovisuel pour l’année 2009-2010, les chiffres de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche confirment la prédominance des bacs S mis à part en montage et postproduction (option C) et en gestion de production (option A). Près de 60 % des effectifs de l’option E, métiers du son, ont un bac?S. Ils représentent plus de 55 % des élèves en option D, métiers de l’image, et un peu moins de la moitié des élèves inscrits en techniques d’ingénierie et exploitation des équipements (option B). La plupart des bacheliers S retenus dans ces trois options ont une spécialité sciences de la vie et de la terre.


Les bacheliers non scientifiques ont leurs chances

 
Mais le bac scientifique n’est pas obligatoire pour toutes les options. Et le BTS métiers de l’audiovisuel en propose 5 : image, son, gestion de production, montage, techniques d’ingénierie et exploitation des équipements audiovisuels. Dans l’option B, techniques d’ingénierie et exploitation des équipements, selon les données de la DEPP, les élèves ayant un bac STI (sciences et technologies industrielles), sont presque aussi nombreux en première année de BTS à la rentrée 2009 que les bacheliers S. À la rentrée toujours, près de la moitié des élèves admis en 1e année en option C, montage et postproduction, étaient titulaires d’un bac littéraire. Le montage étant souvent comparé à une écriture narrative avec des images. Et les bacheliers ES ne sont pas en reste. Ils représentent 1/3 des premières années qui préparent le BTS avec l’option A, gestion de production, dans une filière où un peu plus du quart des élèves ont un bac L. Dans cette option, seuls 10 % des élèves actuellement en première année ont un bac S.


Des candidatures comme s’il en pleuvait

 
La porte n’est donc pas fermée à ceux qui n’ont pas décroché le bac S. Mais la concurrence reste rude. Il y a moins de 30 établissements, publics ou privés hors et sous contrat susceptibles de vous accueillir. Et pour des raisons financières la plupart des candidats commencent par postuler dans les lycées publics qui préparent à ce diplôme d’État de niveau bac+2. L’an dernier, le lycée public Jacques-Prévert de Boulogne-Billancourt a reçu pas moins de 4.800 demandes d’intégration pour les 5 options du BTS métiers de l’audiovisuel et le BTS communication visuelle option multimédia. Une première présélection a permis de retenir sur dossier 400 candidats, soit 80 pour chacune des options proposées en audiovisuel. Après entretien, seuls 60 bacheliers ont obtenu une place dans une des classes qui préparent ce diplôme. À Boulogne, plus de 98 % des candidats sont donc repartis bredouilles. Pour les autres, la réussite au BTS frôle chaque année les 100 % au lycée Prévert. Et la majorité des titulaires du brevet de technicien supérieur au lycée l’an dernier poursuivent actuellement leurs études en licence professionnelle de cinéma à l’université.


Peaufiner son projet et persévérer

 
Si votre première tentative pour entrer en BTS métiers de l’audiovisuel n’aboutit pas et qu’il n’est pas envisageable de vous retourner vers la solution, coûteuse, du privé, ne vous découragez surtout pas ! Alexis Barbier-Bouvet, monteur depuis un peu plus de 10 ans maintenant, n’a pas été accepté du premier coup en BTS au lycée Jacques-Prévert à Boulogne-Billancourt (92). Refusé en option montage parce qu’il avait un bac B (actuel bac ES), alors qu’un bac scientifique ou littéraire était préféré, Alexis a fait un détour d'1 an en fac de cinéma, tout en exerçant son premier job dans l’audiovisuel. Le jeune homme passait ses nuits à digitaliser des cassettes dans des sociétés de production audiovisuelle. De quoi mettre un pied dans l’univers auquel il se destinait tout en ajoutant une expérience qui confirmait sa motivation à son dossier. L’année suivante, Alexis a postulé à nouveau. Avec succès. 
 

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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