Les formations universitaires d’audiovisuel sont-elles reconnues ?

Par Isabelle Maradan, publié le 20 Avril 2011
4 min

Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

"À l’université, nous ne formons pas à un métier. Notre qualité c’est d’ouvrir à une culture, un goût du cinéma et de l’audiovisuel", prévient Charles Tesson. Enseignant au département cinéma de l’université de Paris 3, Sorbonne nouvelle, le professeur d’université affirme que les formations de Paris 1, Paris 3, Lyon, Montpellier, Lille, et d’autres encore en province, sont aujourd’hui reconnues dans le milieu universitaire et "un peu par les professionnels". L’avantage parisien étant lié principalement à la proximité géographique des professionnels de l’audiovisuel.


L’obsession n’est plus de former des thésards

 
Et si l’ambition de l’université n’est surtout pas de former des techniciens, "l’obsession n’est plus de former des théoriciens", explique Charles Tesson. Les choses ont changé depuis ses débuts dans l’enseignement. "J’ai commencé comme chargé de cours en 1981. À l’époque, les cours étaient théoriques. On formait des super-thésards et des super-profs", s’amuse-t-il. Depuis, la formation est devenue pluridisciplinaire. Des cours de télévision, de droit et d’économie du cinéma et de sociologie des métiers du cinéma se sont ajoutés à ceux, classiques, d’histoire d’esthétique du cinéma. Et l’université accueille aujourd’hui un grand nombre de techniciens. La moitié des 350 étudiants en 3e année de licence viennent de l’extérieur. La plupart d’entre eux ont un BTS (brevet de technicien supérieur) métiers de l’audiovisuel, option métiers de l’image, métiers du son ou montage et postproduction. "Alors que l’université avait un a priori plutôt négatif sur les détenteurs d’un BTS, nous constatons qu’ils sont souvent très motivés pour étudier le cinéma", note l’enseignant.


L’université s’améliore

 
"L’avantage d’une formation universitaire, c’est que le diplôme obtenu est un diplôme d’État, qui a de la valeur et permet de se reconvertir si cela ne marche pas comme on veut dans le cinéma", explique Didier Zyserman, de l’association Vidéadoc, missionnée par le CNC pour informer sur les dispositifs d’aide à la création et les formations dans le domaine de l’audiovisuel. Le directeur de l’association, Frédéric Goldbronn, ajoute que l’université s’améliore. "Elle péchait par la faiblesse de la pratique et se distinguait par la qualité des intervenants. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de licences et de masters professionnels."


Des enseignements qui servent énormément

 
Charles Tesson déplore que l’université n’ait pas les moyens de suivre ses anciens étudiants pour pouvoir répondre précisément à la question de leur devenir professionnel. Alors il s’appuie sur ses rencontres, lors des festivals et autres manifestations qu’il fréquente, pour dire qu’un certain nombre d’entre eux travaillent dans le monde du cinéma ou de la télévision. "Ceux qui font ensuite du cinéma disent souvent à quel point une partie de ce qu’ils ont appris à l’université n’avait a priori pas d’utilité et leur sert pourtant énormément, comme point d’appui pour la pratique", rapporte le critique et ancien rédacteur en chef de la revue "Les Cahiers du cinéma". Avant d’ajouter que le reste, c’est de la débrouillardise. Et de se souvenir de deux anciens étudiants de Paris 3 : Cédric Kahn et Sandrine Kiberlain. Y a du monde, dans ce beau monde !

> En savoir plus sur les formations de l’université Paris 3 – Sorbonne nouvelle.
 

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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