Quel est le quotidien d’un décorateur pour le ciné et la télé ?

Par Isabelle Maradan, publié le 20 Avril 2011
4 min

Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

La lumière, la décoratrice y porte également une attention particulière. Pour celle qui fera partie d’un décor, elle travaille en amont avec le chef opérateur, notamment. Et côté couleurs, Brigitte Brassart fait la paire avec la costumière. Et quand on lui demande où elle a appris tout ça, Brigitte raconte comment elle est "arrivée à la déco par hasard". Un hasard principalement provoqué par sa connaissance des langues étrangères. Après un bac B (série économique et sociale), la jeune fille intègre l‘École internationale de mimodrame de Paris Marcel Marceau pour trois ans d’études. Parmi ses camarades à l’école de mime, beaucoup sont anglais et espagnols. L’étudiante apprend rapidement à parler les 2 langues. Elle sort de l’école à 22 ans. Un copain accessoiriste la choisit comme stagiaire parce qu’il a besoin de quelqu’un qui parle anglais sur un tournage de série télé canadienne. Cette expérience d’accessoiriste lui donne l’occasion de découvrir la décoration. "L’accessoiriste est le relais entre le décorateur et le réalisateur. Il se charge de la décoration sur le tournage quand la décoratrice, ou le décorateur, n’est pas là. Ce qui est souvent le cas, parce qu’on prépare les décors au fur et à mesure pendant le tournage", explique Brigitte. Aujourd’hui décoratrice, elle travaille avec le même accessoiriste depuis 6 films.


La déco : débrouillardise et bain de culture

 
Pour Brigitte Brassart, il est important d’être très débrouillard pour travailler dans la décoration : "Il faut savoir faire ce que tu vas être amené à faire exécuter au peintre, au constructeur…". Et savoir adapter son équipe à l’esprit du film. Pour "Versailles" de Pierre Schoeller, avec Guillaume Depardieu dans le rôle d’un homme qui vit dans les bois, Brigitte Brassart a constitué son équipe avec "des gens capables de travailler dehors, de monter des cabanes avec des trucs récupérés à la Déchetterie, dans la rue, dans les chantiers, comme le font vraiment les gens qui vivent dehors". Pour "Des filles en noir" de Jean-Paul Civeyrac, dans lequel il fallait créer 2 chambres de jeunes filles, la décoratrice a choisi une stagiaire de 20 ans, étudiante dans une école d’art d’Orléans, la région du tournage. Ne travaillant que sur des films réalistes, elle avoue être satisfaite de son travail quand les décors ne se voient pas. Avant un film, Brigitte se prépare en s’imprégnant de différents univers culturels, en lisant, en regardant des films, des œuvres d’art, des photographies, des peintures, des sculptures… Le tout en lien étroit avec le réalisateur avec lequel elle doit accorder ses violons.


Les langues étrangères et l’envie, deux sésames pour le cinéma

 
La chef déco, qui sait tout faire, n’a pas hésité à donner un coup de main sur un tournage de Tony Gatlif en Camargue, région de sa grand-mère. Une rencontre qui l’a menée à faire ensuite 6 films avec lui. Forte de son expérience, Brigitte Brassart conseille même aux jeunes qui veulent aller vers la décoration d’étudier les langues, "parce que je n’ai jamais croisé de gens qui aient fait des études spécialisées dans ce domaine dans la déco et que les langues, ça sert toujours". Pour le reste, Brigitte conseille de se montrer et de parler de ses envies aux sociétés de production, aux connaissances dans le cinéma ou aux gens qui gravitent autour de ce milieu. Au départ, elle incite les débutants à travailler sur des courts et des moyens métrages, comme elle l’a fait avant d’arriver sur des longs. Sachant qu’il s’agit toujours d’une rencontre et d’une complicité avec un réalisateur. Et d’une histoire de création aussi. Comme cela peut être le cas pour Alice Bonetto, chef décoratrice des films de Jean-Pierre Jeunet, qui a sa part dans l’univers singulier du réalisateur de "Delicatessen", "La Cité des enfants perdus" ou encore "Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain".

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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