1. Quelle différence entre les métiers d'image à la télévision et au cinéma ? (Partie 1)

Quelle différence entre les métiers d'image à la télévision et au cinéma ? (Partie 1)

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Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

Un chef opérateur de cinéma qui le souhaite peut travailler assez facilement sur un documentaire pour la télévision tourné en vidéo, alors qu’un chef opérateur de télévision, qui tourne en vidéo, ne sera pas légitime au cinéma. Surtout sur pellicule. "Parce que la plupart du temps, dans le cinéma d’auteurs en France, on tourne encore les films en pellicule", affirme Céline Bozon. Pour la chef opératrice, au cinéma, il n’y a pas de meilleure formation que la pellicule. "C’est comme en photographie. Il faut savoir exposer la pellicule, faire de la lumière… Il y a des questions de sensibilité, de tirage, de labo… Ce n’est pas la même formation avec une caméra vidéo. Apprendre la vidéo après la pellicule, c’est facile !" Pas étonnant que le goût de Céline pour la photographie l’ait menée vers l’univers de la lumière et de l’image pour le septième art.


De la photo à l’image pour le cinéma

 
Céline Bozon n’avait pas 13 ans lorsqu’elle a rêvé d’être photographe. À l’heure du choix des études postbac, la jeune fille ambitionne de suivre une formation photo à l’École nationale supérieure Louis-Lumière, près de Paris, ou à l’ENS d’Arles. À l’époque, un conseiller d’orientation n’hésite pas à lui dire que c’est de la folie. Heureusement, ses parents, grands cinéphiles, sont trop amoureux de l’art pour que domine l’inquiétude relative à la précarité du métier envisagé par leur fille. Comme il n’existe pas de prépa spécifique au concours des filières photo des écoles qu’elle vise, Céline se décide à suivre une prépa au concours des grandes écoles de cinéma, Ciné-Sup, qui a déjà permis à une ou deux personnes de réussir au concours des filières photo qu’elle vise.
Pour en savoir plus sur les écoles de photographie, consultez l’Annuaire des formations de l’Etudiant.


Ciné-Sup au lycée Guist’hau à Nantes

 
Titulaire d’un bac A1 (littéraire), Céline est sélectionnée sur dossier. Elle suit donc 2 années de classe préparatoire au lycée Gabriel-Guist’hau à Nantes (44), "où tout est axé sur les concours à partir du mois de mars de la deuxième année", explique Céline. À Ciné-Sup, les places sont très chères. "Il n’y en a que 24 pour 300 ou 400 candidats aux deux prépas chaque année, prévient-on au secrétariat de la prépa du lycée. La priorité est donnée aux bacheliers scientifiques pour la préparation au concours Louis-Lumière, très axé sur la physique et les sciences, et aux bacs littéraires pour la Fémis." À Guist’hau, les élèves de la prépa tournent beaucoup. Et Céline découvre qu’elle préfère le travail d’équipe auquel le chef opérateur prend part sur un tournage à la solitude du photographe.


La Fémis, le talent et la baraka

 
Reçue au concours de la Fémis, elle entame 5 années d’une formation qu’elle qualifie d’un mot : géniale. En 1999, elle sort de l’école et tout va très vite pour elle. "Le réalisateur Jean-Paul Civeyrac a été le premier à m’avoir fait confiance, en 2000. Il avait vu mon travail à l’école où il intervenait", se souvient la chef opératrice. À moins de 25 ans, un an à peine après sa sortie d’école, Céline est déjà dans la peau du chef opérateur sur Fantômes, un long métrage tourné en vidéo avec une petite équipe. Céline est mal payée, mais ce film est important pour elle. "J’ai eu beaucoup de chance. Cette expérience m’a lancée. J’ai des copains qui sont toujours assistants, galèrent, ou font autre chose… Et parmi eux, des gens très talentueux, qui étaient avec moi à la Fémis", déplore Céline.


De Civeyrac à Gatlif

 
Avec environ 10.000 spectateurs, le film de Civeyrac n’est pas ce que l’on appelle un "succès public", mais le travail de la chef opératrice sur l’image et la lumière est remarqué dans le petit milieu du cinéma. "Untel, qui connaît untel… Cela ne marche que comme ça dans le cinéma, affirme Céline Bozon. Les choses s’enclenchent grâce à la chance et aux connaissances. Et depuis Fantômes, je ne fais que du long métrage." C’est une rencontre qui met Céline sur la route de Tony Gatlif. La décoratrice sur un film de Jean-Paul Civeyrac lui a parlé d’elle. La jeune femme le rencontre. Il la choisit comme directrice de la photographie (l’autre dénomination pour chef opératrice) sur Exils. Le film est tourné en 35?mm. Romain Duris est à l’affiche. Exils attire autour de 250.000 spectateurs.


Chef opératrice et intermittente un an à peine après sa sortie d’école

 
Un an à peine après sa sortie de la Fémis, Céline compte un nombre d’heures suffisant pour être intermittente du spectacle. Depuis, la jeune femme l’est restée. Elle n’a jamais eu besoin de s’intéresser à d’autres options que le cinéma, qui lui permet de vivre. "C’est plus facile pour les techniciens que pour les réalisateurs. Moi, je peux faire 3 films en un an, un réalisateur met au moins 3 ans pour faire un film. Et à part des gens comme Tony Gatlif, je ne connais personne autour de moi qui vive uniquement de la réalisation. La plupart d’entre eux galèrent", observe la chef opératrice. Même à l’image, le parcours de Céline est plutôt rare. Généralement, dans le cinéma, vous ne commencez pas comme chef opérateur, vous êtes d’abord stagiaire, second puis premier assistant caméra
 

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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