1. Quelles sont les différences entre un monteur pour la télé et un monteur pour le cinéma ?

Quelles sont les différences entre un monteur pour la télé et un monteur pour le cinéma ?

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Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

Pour Alexis Barbier-Bouvet, s’il y a bien une suprématie du cinéma dans les esprits, elle n’est pas, selon lui, la preuve du plus grand intérêt que pourrait avoir le métier dans ce domaine. Le monteur trouve au contraire un grand intérêt à la polyvalence liée à l’exercice de son métier sur des documentaires pour la télévision. "Cette polyvalence n’existe pas au cinéma, où tout est spécialisé. S’il y a des effets ou des petits trucages à faire, ce n’est pas le monteur qui va s’en charger, mais quelqu’un qui est spécialisé là-dedans. Et c’est pareil pour le son. Au cinéma, un monteur son passe derrière toi", explique Alexis.


Plusieurs casquettes possibles dans le documentaire

 
Celui qui a monté de nombreux documentaires pour Arte, Canal+, et pour le magazine Ushuaïa, ne se lasse pas de la très grande part de créativité et de la liberté de réalisation dont il dispose lors du montage. "Contrairement au film ou téléfilm de fiction où l’histoire est écrite, quand tu montes un doc, tu peux changer l’histoire", se réjouit Alexis. Et le monteur de 35 ans travaille aussi comme réalisateur et ingénieur du son de documentaires. Cette autre casquette lui a permis de quitter la salle de montage pour vivre chaque année de belles expériences de tournages. "Un doc, c’est 3 ou 4 semaines de tournage avec des gens passionnés et passionnants, dont tu partages le quotidien. Tu vis des choses auxquelles tu n’as généralement pas accès en tant que touriste et que le monteur ne vit jamais", ajoute-t-il. Un goût du terrain qu’il n’aurait sans doute pas pu assouvir en se destinant au montage dans le cinéma, où les parcours très spécialisés permettent rarement de porter de multiples casquettes.


L’œil du monteur se forme en allant au cinéma

 
C’est dans cet univers qu’a commencé Stéphane Elmadjian. "Je suis un enfant de la balle. Et j’ai su que je voulais travailler dans le cinéma, presque malgré moi, vers l’âge de 10-12?ans", se souvient-il. C’était sans doute l’un de ces mercredis sans école où il avait le droit de venir voir sa mère, monteuse pour le cinéma, en plein travail. À 43 ans, Stéphane semble sentir encore les odeurs et la texture des matières qu’il évoque. Et revoit le premier plan que sa mère lui a laissé monter. Il devait avoir 10 ans. "Un grand souvenir. J’avais monté tout un bout à l’envers", s’amuse Stéphane. À cet âge-là, le gamin s’imagine plutôt réalisateur et voit au moins deux films par semaine dans les salles obscures. Des films du répertoire. Ce sera son école de cinéma. "Trop gonflé par le système scolaire pour continuer", Stéphane apprendra le reste sur le tas. Dans les pas de sa mère.


Apprendre partout, monter tout le temps

 
Pour devenir polyvalent, monter des clips, des pubs, des documentaires pour la télévision, des courts et des longs métrages, Stéphane n’a pas arrêté "d’apprendre, partout et de monter de tout, tout le temps". D’abord stagiaire labo en 1985, il a ensuite été assistant pendant dix ans. L’occasion d’apprendre en observant les monteurs, de se confronter à la gestion physique de l’image sur pellicule… Et à sa motivation aussi. "Lorsque j’étais stagiaire sur George Dandin de Roger Planchon, j’ai passé au moins un mois à numéroter des kilomètres de pellicule, raconte Stéphane. C’était avant la machine qui numérote automatiquement. Maintenant, on n’a plus ce problème avec le numérique mais à l’époque, j’ai vu plus d’un stagiaire pleurer !"


L’époque où montage rimait avec apprentissage

 
C’est aussi pendant ces 10 années que Stéphane Elmadjian estime avoir appris l’essentiel de son métier. "Un stagiaire sur un film avait un boulot, un statut, était payé et se trouvait vraiment derrière un monteur. Le montage se transmettait plus qu’il ne s’apprenait. C’était comme un apprenti, qui se forme avec un bon maître", compare le chef monteur. À l’époque, on faisait 3 longs métrages comme stagiaire, puis 3 comme assistant, jusqu’à devenir monteur puis chef monteur. En télé, certains camarades de BTS d’Alexis Barbier-Bouvet ont dû attendre plus d’une dizaine d’années avant de commencer à travailler comme monteurs dans le cinéma.


Intermittent dès la première année après le BTS

 
La route a été bien moins longue pour Alexis, qui a endossé son costume de monteur de documentaire trois mois à peine après avoir décroché son BTS métiers de l’audiovisuel, option montage en 1997. À cette époque, le montage virtuel n’en est qu’à ses débuts, sur Avid, logiciel que le jeune homme maîtrise. Rapidement, le courant passe mieux entre l’assistant et le réalisateur qu’entre ce dernier et le monteur, moins habile que l’assistant avec le nouvel outil. Pour son documentaire suivant, le réalisateur, Luc Marescot, choisit Alexis comme monteur. La collaboration sur ce film de 26 minutes se passe au mieux et la société de production, Gédéon, propose au jeune monteur de travailler avec Bernard Guerrini, réalisateur régulier de documentaires pour Ushuaïa, émission présentée par Nicolas Hulot. Dès sa première année d’activité professionnelle, Alexis enchaîne les montages et parvient à obtenir le nombre d’heures nécessaires pour bénéficier des indemnités prévues pour les intermittents du spectacle. Il ne regrette pas d’avoir refusé le poste qui lui a été proposé à sa sortie d’école. "J’aurais eu un CDI et 5 semaines de congés payés mais il s’agissait de m’occuper de la maintenance de machines", note-t-il, sans regrets.


L’accroissement exponentiel du réseau professionnel

 
Depuis le début de son activité professionnelle, Alexis a toujours eu du travail. De manière irrégulière, mais l’intermittence lui a toujours permis de gagner très bien sa vie et de continuer. Il estime avoir la chance de travailler avec des gens qui sont souvent devenus des copains. Dans ce milieu, un premier contact et une bonne expérience permettent de mettre un pied dans une société de production, qui vous propose de monter d’autres documentaires, vous met en contact avec de nouveaux réalisateurs, qui vous emmènent vers d’autres sociétés de production et ainsi de suite. Le réseau se construit ainsi et s’accroît de manière exponentielle. C’est un cercle vertueux.
 

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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