1. Quels sont les métiers de l'ombre, dans la production audiovisuelle ?

Quels sont les métiers de l'ombre, dans la production audiovisuelle ?

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Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

Que ce soit la télé, le ciné ou la radio qui vous tente, sachez qu’il n’existe pas de production audiovisuelle sans équipe de production pour accompagner une idée de son développement à sa réalisation. Vous connaissez au moins les animateurs-producteurs très en vue, comme Nagui, Arthur ou Marc-Olivier Fogiel, qui naviguent entre télé et radio. Et côté cinéma, le nom de Luc Besson vous dit forcément quelque chose. À côté de ces quelques figures exposées, d’autres personnes exercent des métiers généralement mal connus dans la production. Ce sont des directeurs, assistants, secrétaires, chargés de production ou régisseur, dont vous ne lirez peut-être jamais le nom, mais qui contribuent à faire naître votre émission de radio ou votre téléfilm préféré, ou encore le prochain long métrage que vous irez voir en salle.


La production, entre création et raison

 
Dans les sociétés de production audiovisuelles comme dans les chaînes de télé, des chargés de production s’emploient à réunir les moyens humains, matériels et techniques nécessaires à la réalisation d’émissions, de documentaires, de séries, etc. Sur un tournage de film, le directeur de production, assisté d’un secrétaire de production, suit le déroulement du tournage. Il veille à ce qu’il s’effectue dans les limites du budget établi à la demande du producteur. Le régisseur général, engagé par le directeur de production, suit les étapes du repérage au rangement du matériel. Un œil sur le budget, l’autre sur le réalisateur, un talkie-walkie greffé dans l’oreille droite, un téléphone mobile dans l’autre, il doit parer à tous les imprévus, avec l’équipe de production dédiée au film.


La déco, ce n’est pas du cinéma

 
Le premier acteur du film, celui qui doit être prêt avant tous les autres, c’est le décor. Construit en studio ou aménagé en extérieur, il est l’œuvre du chef décorateur et du premier assistant décorateur, qui doivent s’imprégner de l’univers du film pour le réaliser au mieux. Avec eux opère une équipe importante. À commencer par le repéreur, qui recherche des lieux adaptés aux besoins du scénario et aux contraintes techniques, puis le chef constructeur, chef d’orchestre d’une habile équipe composée de nombreux artisans, peintres, tapissiers, etc. Et avant que l’on puisse dire "moteur", il aura fallu quelqu’un pour poser les maquillages, réaliser les coiffures, penser et créer les costumes des personnages incarnés par les acteurs. Entre ensuite en scène, dans l’ombre, l’équipe chargée de l’image et du son : premier et deuxième assistant opérateur, opérateur, cadreur, chef opérateur ou directeur de la photo, ingénieur du son et perchiste. Encore faut-il que les électriciens soient là pour alimenter les caméras installées par les machinistes, qui regorgent d’inventivité pour rendre possible les mouvements de caméra nécessaires à la réalisation.


De la boîte à l’écran

 
Après 2 mois de tournage en moyenne pour un long métrage, c’est aux monteurs son et image de jouer. Le chef monteur est le créateur du film que vous verrez sur écran. Celui qui écrit l’histoire avec les images tournées, selon le découpage que le réalisateur a généralement préétabli, plus ou moins fidèlement au scénario original. Une écriture à 4 mains, qui donnera son rythme au film. À ce moment-là, le travail minutieux mené par la scripte pendant le tournage prend tout son sens. Son travail permet que les plans soient "raccord". Pas question par exemple qu’un plan de métro placé dans la poche gauche d’un personnage dépasse de sa poche droite au plan suivant ! Le monteur son intervient ensuite sur la version montée. Son travail dépasse largement la mise en place de musiques, parfois composées pour l’occasion. Au service du réalisateur toujours, il effectue un travail de création sonore, de postsynchronisation et de bruitage, qui nécessite parfois l’intervention d’un bruiteur capable de reproduire ce qui a été mal enregistré lors de la prise de son pendant le tournage. La touche finale est confiée au mixeur, fine oreille, en réglant les différents éléments sonores pour optimiser le rendu final du son tel que vous l’entendrez en salle. Le travail de montage est comparable sur un téléfilm, à moindres moyens. Pour un reportage ou un documentaire, le montage est tout aussi important. Sous l’œil du réalisateur, souvent le journaliste, le monteur assemble l’image et le son, avant l’intervention du mixeur, qui enregistre la voix du commentaire, les bruitages et les musiques.


Pas vu pas pris sans diffuseur

 
Tout est dans la boîte et doit, pour en sortir, être diffusé à la télévision, à la radio, ou distribué dans les salles de cinéma. Les producteurs d’œuvres audiovisuelles s’en assurent généralement en amont de la réalisation. Les magazines d’information télévisés produisent eux-mêmes une partie des reportages qui seront diffusés et en achètent d’autres à des sociétés de production, suite à des propositions. À la radio, les producteurs de magazines soumettent leurs idées de sujets au directeur des programmes, en fonction de l’actualité et des lignes éditoriales des émissions de la grille. Pour les fictions, les documentaires, les programmes culturels, sportifs et de jeunesse à la télévision, les chargés de programmes ou acheteurs de programmes, spécialisés dans un de ces domaines, visionnent, sélectionnent, négocient et achètent des émissions déjà réalisées, qu’ils reçoivent directement ou dont ils prennent connaissance en fréquentant les salons et les festivals. Côté grand écran, le producteur fait appel à un diffuseur qui détermine le nombre de copies du film qui seront diffusées à des réseaux ou à des distributeurs indépendants. Vient alors la promotion, destinée à remplir les salles à coups d’interviews de vos acteurs préférés, d’avant-premières, de rencontres avec l’équipe (visible) du film, de pubs, d’affiches et de diffusions de la bande-annonce.


De la mesure et de l’angoisse avant toute chose

 
Là, c’est le verdict. L’angoisse de la sortie en salle pour l’équipe. Et quelques heures plus tard, une première idée de la manière dont le public accueille le résultat d’un travail de plusieurs années et des personnes associées aux différentes étapes de sa création. L’angoisse de l’"audimat" pour les programmes diffusés à la télé ou en radio. Une mesure de l’institut Médiamétrie qui permet d’évaluer l’audience réalisée par une émission sur la célèbre "ménagère de moins de 50 ans". Une mesure puissante qui débouche parfois sur la relégation de votre programme favori dans une case horaire tardive. Ou signe carrément son arrêt de mort.
 

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


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