1. Y a-t-il des écoles qui ouvrent à coup sûr les portes du monde du cinéma ?

Y a-t-il des écoles qui ouvrent à coup sûr les portes du monde du cinéma ?

Envoyer cet article à un ami

Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

Deux écoles reviennent souvent dans les conversations : la Fémis (École nationale supérieure des métiers de l’image et du son) et l’ENS (École nationale supérieure) Louis-Lumière, que les professionnels surnomment encore souvent "Vaugirard", du nom de la rue où elle était située avant de quitter Paris pour sa banlieue Est. Très sélectives, ces écoles recrutent à bac+2 et délivrent un diplôme de niveau bac+5. Sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Louis-Lumière recrute des profils scientifiques dans ses sections cinéma, son et photographie. Quant à la Fémis, qui dépend du ministère de la Culture et de la Communication, elle propose 3 cycles de formation à des profils plus généralistes amenés à se spécialiser dès le 2e cycle dans l’un des 7 départements : production, scénario, réalisation, image, son, décor et montage. Mais leur bonne réputation suffit-elle à vous lancer dans le cinéma ? Ne vous leurrez pas ! "Le talent ne vient pas avec le diplôme", résume Marc Olla, directeur de production depuis 15 ans.


L’école pour se constituer son premier réseau professionnel

 
Ce qui est sans doute vrai dans tous les milieux l’est plus encore dans le cinéma. "Il faut absolument rencontrer des gens qui vous feront confiance et auront envie de travailler avec vous. Car le milieu du cinéma ne fonctionne que comme ça", poursuit Marc Olla. Si aucune des formations que vous entreprendrez ne vous garantira un travail, elle pourrait bien vous mettre le pied à l’étrier, en vous permettant de rencontrer du monde et de vous constituer un premier réseau professionnel. Et de "prendre le temps de réfléchir", comme l’a éprouvé Mathias Gokalp, satisfait de sa formation à l’INSAS (Institut national des arts du spectacle et des techniques de diffusion) en Belgique. Recalé au concours de la Fémis, l’heureux réalisateur de "Rien de personnel", premier film bien accueilli par la critique et le public en septembre 2009, est persuadé qu’il aurait fait des films même sans diplôme. Difficile à dire. D’autant que c’est à l’INSAS que Mathias Gokalp a rencontré celui qui allait devenir son chef opérateur ainsi que sa chef monteuse attitrée.


Attention : prétention

 
"Il y a plein de stagiaires d’écoles que j’ai pu embaucher sur un film et que je n’ai jamais revus après… Je me souviens notamment de l’un d’eux, arrivé de la Fémis avec beaucoup de prétention", déplore Daniel Szuster, 68 ans, dont 40 dans le cinéma. Celui qui a été directeur de production sur des films réalisés par Roman Polanski, "Jeunet et Caro", André Téchiné, pour ne citer qu’eux, est intervenu comme formateur dans une école qui préparait aux métiers du cinéma. Daniel Szuster en garde le souvenir de classes de 40 à 50?élèves "qui croient au père Noël et se laissent tenter par un monde de paillettes". Et parmi eux, le directeur de production se souvient n’en avoir croisé que "3 ou 4 qui portaient un intérêt sincère au cinéma".


L’école des projets : essentielle

 
Guillaume Quétel, 19 ans, pense être l’un d’eux. Bac littéraire mention très bien en poche, le jeune homme n’a pourtant pas été pris à Ciné-Sup, l’une des classes qui préparent le concours de la Fémis à Nantes (44). Guillaume, qui écrit des histoires et veut être réalisateur depuis l’âge de 10 ans, est sûr de sa vocation. Renonçant à la prestigieuse Fémis, il a finalement fait le choix d’une école privée, "parce qu’aujourd’hui il faut passer par une école pour entrer dans un réseau". Après une année de prépa proposée par l’école, il entame sa première année à l’école 3iS (Institut international de l’image et du son), à Trappes dans les Yvelines (78), Guillaume profite du temps libre que lui laissent ses 35 heures de cours par semaine pour lancer une association et mener des projets personnels comme autant d’expériences professionnelles. À terme, le jeune homme se voit déjà transformer l’association en société de production. Avec 4 copains, Guillaume prévoit de faire "des films d’entreprises, de mariages, avec le matos que l’on peut emprunter à l’école, pour investir ensuite dans des courts métrages qui seront peut être distingués dans des festivals…" D’ici là, cette expérience lui apprend notamment à monter des dossiers de demandes de financements.


Le cinéma reste sa meilleure école

 
D’après Daniel Szuster, le cinéma reste sa meilleure école, reconnaissant et choisissant les siens, par affinités, par sympathie, parce que l’envie de travailler avec quelqu’un est là. Mais la multiplication des formations pose question. "Le problème aujourd’hui, c’est l’afflux totalement disproportionné de gens par rapport à la demande de production. Il y a du monde pour faire 400 ou 500 films par an en France, alors qu’il ne s’en tourne que 200 en moyenne", constate Daniel Szuster. L’essentiel est d’avoir envie de prendre le temps d’apprendre, avec humilité et de se constituer un réseau professionnel solide qui permet de travailler suffisamment pour vivre décemment entre les périodes de contrat en bénéficiant du statut d’intermittent du spectacle. Profil bas, talent et passion sont de mise.

Les métiers de l'audiovisuel // (c)POUR ALLER PLUS LOIN

À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les Métiers de l'Audiovisuel", par Isabelle Maradan.


Sommaire du dossier
Retour au dossier Comment travailler dans les métiers de la télévision, du cinéma et de la radio ? Quels sont les métiers de l'ombre, dans la production audiovisuelle ? Peut-on travailler dans l’audiovisuel sans avoir un statut précaire ? Que va devenir le statut des intermittents du spectacle ? Comment trouver des stages ou un premier job dans l’audiovisuel ? Dans l’audiovisuel, quels sont les métiers en rapport avec le son ? En quoi consiste le métier de producteur d’émissions de radio ? Témoignages de pros : le métier de producteur audiovisuel Comment commencer dans la production ? Peut-on réussir dans le milieu de la télévision si on n'a aucune relation ? Faut-il être journaliste pour présenter une émission de télé ou de radio ? Le témoignage de Mélissa Theuriau Comment devenir reporter ? Le métier de grand reporter n’est-il pas trop dangereux ? Quelle différence entre les métiers d'image à la télévision et au cinéma ? (Partie 1) Quelle différence entre les métiers d'image à la télévision et au cinéma ? (Partie 2) Quelles sont les différences entre un monteur pour la télé et un monteur pour le cinéma ? Un monteur peut-il travailler à la fois pour des pubs, clips, documentaires, reportages, courts et longs métrages ? Monteur, une sorte de réalisateur ? Décorateur, maquilleur, styliste et coiffeur peuvent-ils travailler pour la télé comme pour le cinéma ? Quel est le quotidien d’une maquilleuse pour le ciné et la télé ? Quel est le quotidien d’un décorateur pour le ciné et la télé ? Quel est le quotidien d’un coiffeur pour le ciné et la télé ? Quel est le quotidien d’un habilleur pour le ciné et la télé ? Le piston dans le cinéma : mythe ou réalité ? Comment faire un premier film en tant que réalisateur ? Y a-t-il des écoles qui ouvrent à coup sûr les portes du monde du cinéma ? Cinéma d'animation contre cinéma classique : lequel a plus de débouchés ? Comment choisir sa formation aux métiers de l’animation ? Faut-il avoir suivi l’option cinéma-audiovisuel au bac pour être pris en BTS métiers de l’audiovisuel ? Faut-il un bac S pour entrer en BTS métiers de l’audiovisuel ? L’alternance dans l'audiovisuel : un bon moyen de se constituer un réseau pour trouver un emploi ? BTS métiers de l'audiovisuel : privé ou public ? Quel coût ? Que vaut le diplôme d’une école privée en audiovisuel ? Les formations universitaires d’audiovisuel sont-elles reconnues ?