1. Ma vie d’étudiante au CUEJ : Romane, étudiante en journalisme pour l'adrénaline
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Ma vie d’étudiante au CUEJ : Romane, étudiante en journalisme pour l'adrénaline

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Romane apprécie la localisation de son école, hébergée au sein de l'un des bâtiments du campus universitaire de Strasbourg. // © Delphine Dauvergne
Romane apprécie la localisation de son école, hébergée au sein de l'un des bâtiments du campus universitaire de Strasbourg. // © Delphine Dauvergne

En première année du CUEJ (Centre universitaire d'enseignement du journalisme) de Strasbourg, Romane, 21 ans, adore l'adrénaline du métier de journaliste. Après une licence d'histoire, l'étudiante a réussi à intégrer sur concours cette école reconnue par la profession.

Après un bac ES, Romane choisit d'aller en classe préparatoire littéraire au lycée Notre-Dame-de-la-Paix, à Lille. "Je ne savais pas trop quoi faire après le bac. J'étais déjà intéressée par le journalisme, mais comme il n'existe pas vraiment de voie royale…", se souvient-elle. Ses envies : "écrire, rencontrer, partager, voyager".

Les étudiants du CUEJ travaillent par groupes de 15 personnes.

Après deux années de prépa, l'étudiante choisit de ne pas "cuber" (tripler) par "peur de ne pas pouvoir gérer une troisième année de prépa en plus des concours des écoles de journalisme". Elle préfère rejoindre l'université Lille 3, en troisième année de licence d'histoire. "J'appréhendais d'être noyée dans un flot d'étudiants. En prépa, comme en école de journalisme, il y a un esprit de promo, une cohésion de groupe. On vit quelque chose d'intense pendant 2 ans, et on en sort plus fort."

Le marathon des concours

Bilan des courses : Romane est mise sur liste d'attente au CUEJ. Comme plan B, elle s'inscrit dans le programme Erasmus pour suivre un master d'histoire aux Iles Baléares, en Espagne. "Si j'échouais au CUEJ, je ne souhaitais pas refaire une année à Lille. Je voulais vivre une nouvelle expérience qui m'apporte aussi du réconfort", confie-t-elle. Finalement admise dans l'école de journalisme, sa soif de l'international ne restera pas inassouvie. En effet, les étudiants de deuxième année partent six semaines en reportage à l'étranger, en "délocalisation".

Le rush pendant les ateliers

Sa promotion se compose d'une quarantaine d'élèves, divisés en trois groupes de 15 pour les travaux pratiques. "Au début de l'année, nous suivions beaucoup de cours théoriques en commun, avec des horaires fixes (souvent 9h00-17h00). À présent, lorsque nous travaillons sur des projets en petit groupe, cela nous arrive de finir très tard… C'est le rush", raconte-t-elle. Les cours théoriques s'étendent du droit de la presse à l'histoire de l'Europe, en passant par de l'économie. Les ateliers pratiques peuvent être de radio, de télévision, mais surtout de presse écrite pour la première année.

 Avec ses camarades, Romane a travaillé une semaine, en février 2015, pour publier un journal destiné aux kiosques strasbourgeois. Après deux semaines consacrées à de l'enquête, chaque étudiant a écrit un ou deux articles d'une page. C'est maintenant le temps de la relecture et de la mise en page. "Je relis l'article d'un autre étudiant. Je dois tout réajuster car je viens d'apprendre que les citations doivent être mises en italique", explique-t-elle. Elle doit également s'occuper de son exposé sur Le Canard enchaîné pour le lendemain. "C'est difficile d'avoir plusieurs choses à faire à la fois, mais j'aime cette adrénaline."

Le permis de conduire, un atout essentiel

Au lieu d'effectuer un stage en janvier, Romane a préféré passer son permis de conduire. "C'est essentiel dans notre travail. Et si je ne voulais pas faire du secrétariat de rédaction cet été, lors de mon stage en presse quotidienne régionale, il était primordial que je l'obtienne", insiste-t-elle. La future journaliste passera ainsi 2 mois au sein de la rédaction lilloise de La Voix du Nord.

Pour l'heure, l'étudiante marche une vingtaine de minutes pour venir à l'école. "J'habite un studio dans le centre-ville, à proximité de tout : la gare, les musées, le CUEJ…", décrit-elle. Ce logement lui coûte 300 € grâce aux APL. Non boursière, Romane réussit à joindre les deux bouts grâce à son choix d'une école publique, qui lui épargne des frais d'inscription trop élevés, mais également grâce à son petit job dans la distribution de flyers, qui lui rapporte un peu plus d'une centaine d'euros par mois. Pour déjeuner, elle a le choix entre le restaurant universitaire du campus, la cafeteria du bâtiment ou la boulangerie voisine. "Tout dépend si nous sommes en période de rush ou pas…".

Une passion pour la radio

Une fois diplômée, Romane souhaite pour l'instant se spécialiser en radio. Elle a déjà travaillé une année dans une radio locale, RPL99F, lorsqu'elle était à Lille. "Je m'occupais d'une émission de cinéma. J'avais saisi cette opportunité alors que je n'avais jamais fait de radio et ne connaissais pas grand-chose non plus au cinéma !", se souvient-elle.

Ce qui l'attire dans la radio : "le côté dynamique, l'écriture différente de celle en presse écrite. Il y a une ambiance bon enfant et à la fois très sérieuse". Des acteurs sont intervenus dans un cours pour apprendre aux étudiants à bien respirer. "J'ai retrouvé du théâtre au sein de ma formation, moi qui en fait pendant plus de dix ans… J'ai même monté une pièce pendant ma classe prépa", confie-t-elle. L'étudiante envisage de rejoindre une troupe de théâtre l'année prochaine.

 Romane conseille aux futurs journalistes de "privilégier les stages dans les médias moins connus, où on nous confie plus de responsabilités". Elle avait déjà effectué un stage de trois mois à L'Express, mais en tant que chargée de communication. "On me l'a beaucoup reproché lorsque j'ai passé mon oral au concours, mais c'était un premier pas pour connaître ce milieu", argumente-t-elle. Pour la suite, Romane aimerait idéalement faire des reportages, de l'enquête de longue durée. "Mais j'ai envie de goûter à tout…".