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Nouvelles écoles de l'Internet : avis aux futurs pros du Web

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Après la rentrée 2011, qui a vu naître 3 écoles centrées sur les métiers de l’Internet (l’EEMI, SUP’Internet et l’ESCEN), 2012 a connu le lancement de 3 autres écoles spécialisées : la Web School Factory, SupdeWeb et l’ECITV. La plupart d’entre elles ont des points communs. Tout d’abord, elles proposent les mêmes débouchés : community manager, consultant e-commerce ou e-marketing, responsable référencement, chef de projet Web… Leur objectif ? Former les futurs cadres du Net.

Ensuite, elles sont jeunes et en développement : si, en 2012, elles n’étaient que 2 à mener jusqu’à bac + 5, elles seront 4 à la rentrée prochaine, via de nouveaux cycles mastère (à ne pas confondre avec les masters universitaires ou les grades de master). De plus, leurs formations coûtent relativement cher – de 5.650 à 8.300 € l’année  –, vu les longues périodes en entreprise proposées par certaines.

La procédure de sélection se limite souvent à un dossier et à un entretien, voire à un QCM (questionnaire à choix multiple). Enfin, elles affichent clairement une orientation professionnelle, avec beaucoup de stages ou d’études de cas.

3 de ces écoles annoncent délivrer un titre certifié RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles), en ajoutant parfois que ce titre est "reconnu par l’État". Ce titre, délivré par le ministère du Travail, garantit non pas un niveau de qualité académique, mais le niveau de qualification professionnelle des diplômés de l’établissement.

Ces écoles n’ayant pas encore diplômé d’élèves, elles ne peuvent pas délivrer de titre RNCP en leur nom propre…Et le font donc au nom d’une autre école de leur groupe ayant déjà des diplômés dans une spécialité proche. Ce titre ne doit pas être confondu avec la reconnaissance d’une école par l’État, qui assure un certain niveau académique et permet d’accueillir des élèves boursiers.

Des collaborateurs qualifiés très attendus

Ces lancements rapprochés ne sont pas le fruit du hasard. De vrais besoins en recrutement se font sentir dans les métiers du Web, chez les "pure players" (Cdiscount, PriceMinister, Dailymotion…), comme dans des entreprises traditionnelles qui développent des activités sur Internet (dans le jargon, les "click & mortar"). "On recrute en permanence des consultants e-commerce, confie Olivier Mathiot, cofondateur de PriceMinister. Mais il est très difficile de trouver de bons profils." Les recruteurs s’arrachent donc les quelques candidats opérationnels… et disponibles.

Cécile Golfier-Salles, du cabinet de recrutement digital Elaee, pointe d’ailleurs la multiplication des offres d’emploi, à laquelle il devient difficile de répondre, et attend donc avec impatience la sortie des premiers diplômés de ces nouvelles écoles de l’Internet.

Des profils polyvalents polyvalents pour travailler en PME

Dans le secteur du Web, le profil des recruteurs a lui aussi évolué. C'est aussi le constat de François Adoue, directeur de l'Observatoire international des métiers de l'Internet : "Il y a encore 3 ans, les principaux employeurs étaient des SSII [sociétés de services d'ingénierie informatique, NDLR] ou des webagencies, spécialisées dans la conception de sites Internet pour les entreprises. Aujourd'hui, Internet est entré dans les PME de tous les secteurs d'activité, qui l'utilisent pour le marketing, la communication et la vente."


Dans les PME, qui représentent "près de 80 % des emplois du Web", selon François Adoue, l'équipe Internet est souvent réduite à 1 ou 2 personnes. Le mot d'ordre est donc "polyvalence" ! "Aujour­d'hui, ces entreprises recherchent toutes des profils multifacettes, poursuit le directeur de l'Observatoire. Le candidat idéal doit être webdesigner, webmestre, community manager et webmarketer." En d'autres termes, il doit être capable de créer un site Internet, de l'animer, d'assurer sa communication et de le vendre.

Avantage des nouvelles écoles du Web : développer une vraie expertise

Des formations aux métiers du Net existent depuis le début des années 2000. Le problème, selon les recruteurs interrogés, est qu’elles ne sont pas toujours en adéquation avec les attentes des entreprises. "À l’université, les cours sont souvent dispensés par des profs d’informatique ou des professionnels de SSII, et les étudiants ne sont pas formés aux compétences requises", explique François Adoue.

Alors, que manque-t-il à ces formations ? Réponse unanime des recruteurs : les notions d’orientation client, de marketing et de communication. "Les entreprises ne veulent pas recruter des informaticiens, mais des professionnels de la communication et du marketing sachant utiliser des outils techniques", conclut le directeur de l’Observatoire international des métiers de l’Internet.

Une chose est sûre : les nouvelles écoles de l’Internet sont les seules à proposer une formation uniquement axée sur des problématiques "pur Web". Pour être certaines de toucher au plus près les attentes des entreprises, elles vont même jusqu’à les intégrer dans leur comité de pilotage. C’est le cas de celui de SupdeWeb, qui compte, entre autres, Google, Lagardère ou encore Canal + dans ses rangs. Ou de l’EEMI, créée par des pontes du Web : Jacques-Antoine Granjon, le fondateur de vente-privee.com, Marc Simoncini, le créateur de Meetic, et Xavier Niel, le patron de Free.

Constituent-elles pour autant une meilleure stratégie d’études qu’une formation en gestion classique, avec une spécialisation e-commerce ou e-marketing en fin de parcours ? "Probablement", selon Cécile Golfier-Salles, qui compte aussi sur ces nouvelles écoles pour clarifier les métiers "un peu fourre-tout" du secteur. En revanche, Olivier Mathiot se montre plus réservé : "En toute franchise, cela me paraît plus pertinent de développer des spécialisations Web au sein des écoles de commerce, où il est possible de développer une expertise sectorielle, plutôt que de les marginaliser dans des écoles spécifiques." À chacun sa stratégie, donc…

Quels profils sont les plus prisés dans le Net ? L'avis en vidéo de deux recruteuses

Quels profils ont la cote auprès des recruteurs du Web ? Ont-ils des écoles préférées ? Quelles compétences sont recherchées ? Comment postuler pour un premier job ? FrenchWeb, le magazine des professionnels du Net, a demandé leur avis à Stéphanie Pelaprat, fondatrice de Restopolitan et à Hymane Ben Aoun, directrice générale de Aravati.

Stéphanie Pelaprat, fondatrice de Restopolitan


l'etudiant-Stephanie Pelaprat FINAL par frenchweb


Hymane Ben Aoun, directrice générale de Aravati


Hymane Ben Aoun, DG de Aravati par frenchweb

À la recherche de cadres généralistes

Les écoles du Web l’affirment haut et fort : elles connaissent 100 % d’embauches à la sortie. Qui sont les recruteurs de nos futurs cadres du Net ? Des pure players, des agences de communication, des start-up, des groupes de presse, des entreprises de luxe… les débouchés sont très divers.

Les attentes également, qui varient en fonction du type d’entreprise. Les grands groupes qui s’ouvrent au numérique vont quelquefois rester dans un recrutement classique, type écoles de commerce. "On va plutôt aller chercher des profils généralistes qui se sont intéressés au Web grâce à une première expérience, un stage par exemple, précise Sophie Guénebaut, DRH du groupe SEB. Les profils proposés par les écoles du Web sont très pointus, ils nous intéressent moins. Par rapport à des grandes écoles de commerce, c’est le jour et la nuit."

À consulter aussi

Que valent les nouvelles écoles du Web ?

– Nouvelles écoles de l'Internet : avis aux futurs pros du Web
– L’EEMI : l’école fondée par des stars du Web

– SUP’Internet : 3 filières pour 3 familles de métiers
– L’ESCEN : une école de commerce purement Web
– La Web School Factory : le fruit de 3 écoles 
– ECITV : pour allier Web et audiovisuel
– SupdeWeb  : pour un cursus en anglais 
– Bachelor TEM : la petite sœur high tech de Telecom école de management

Les métiers du Web
Les nouveaux métiers du Web.
Community manager, un nouveau métier pour le web 2.0.
Les fiches métiers sur le secteur Web/informatique/télécom.
Le community management : un nouvel eldorado pour les jeunes diplômés ?
Informatique high tech : le banc d’essai des sites d’emploi.
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Entretien de recrutement : postuler dans le web-marketing.
Le métier de chef de projet Web.
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