1. Enquête : que se passe-t-il à SUPINFO ?

Enquête : que se passe-t-il à SUPINFO ?

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SUPINFO, école pionnière dans la formation de bac + 5 en informatique, connaîtrait-elle de sérieux bugs ? 2 de ses 32 sites régionaux, en conflit avec la direction de l’école, conseillent aux étudiants de ne plus s’inscrire sur le portail centralisé. La mise en place à la rentrée 2009 du e-learning à une large échelle, sans tutorat, est vivement critiquée par des étudiants sur plusieurs forums. Le président de Supinfo est par ailleurs en procès pour des contentieux financiers et sur l’utilisation abusive de la marque avec 3 des 6 franchises signées récemment. Que se passe-t-il exactement à SUPINFO ? Pour vous aider à y voir plus clair, l’Etudiant a enquêté.

Les sites, comptes Twitter, blogs, critiquant, voire dénonçant la politique menée à Supinfo, se sont multipliés ces derniers mois. Derrière ces façades virtuelles, certains s’affichent ouvertement, comme le site rassemblant les propriétaires des campus franchisés de Toulouse, Bordeaux et du Maroc. Le site entend dénoncer ce qu’il qualifie de "système Alick Mouriesse" [le président de Supinfo] et ses "dérives" pédagogiques ("cours on line non préparés", "inscriptions sans véritable validation du niveau d’entrée", "pré-inscriptions 9 mois en avance", étudiants "bêta-testeurs"…). D’autres, anonymes, se présentent comme ceux d’étudiants ou d’anciens étudiants.

Contacté par l’Etudiant, Alick Mouriesse, le président de l’école, dénonce pêle-mêle "une association de malfaiteurs", "des gens cachés derrière un bad buzz", "des attaques sévères qui n’ont que l’objectif de nuire en interne et en externe [à l’école]". Des attaques qui, selon lui, se multiplient à mesure que l’école s’agrandit : en 10 ans, elle est en effet passée de 200 à 6.900 étudiants. Alick Mouriesse a engagé plusieurs procédures en justice.

Il y voit également en sous-main la patte d’une concurrence déloyale de la part du Groupe Ionis, qui, selon lui, aurait débauché 3 de ses anciens directeurs régionaux (Strasbourg, Bordeaux, Toulouse). Un procès pour concurrence déloyale est en cours contre l’un d’eux. Le vice-président exécutif de Ionis Education Group, Fabrice Bardèche, trouve l’accusation facile : "Il s’agit plutôt de salariés de Supinfo qui ont fait acte de candidature chez nous".

Notre enquête a donc cherché à en savoir plus, en donnant la parole aux détracteurs de SUPINFO et à son directeur, Alick Mouriesse.

Droit de réponse de Supinfo

A la suite de la publication de notre dossier « Que se passe-t-il à Supinfo ? », Supinfo nous a adressé le droit de réponse qui suit.

« Supinfo est un établissement d’enseignement supérieur privé fondé en 1965. L’école reconnue par l’Etat français depuis 1972, délivre un titre d’expert en informatique et systèmes d’information. Monsieur Alick Mouriesse, ancien élève de Supinfo, en est devenu le président en 1999.

Supinfo est devenue la première école d’informatique en France, à la fois par le nombre d’étudiants qu’elle forme et sa couverture nationale.

Elle innove en matière de pédagogie et d’enseignement, à travers ses laboratoires pédagogiques, son corps professoral et ses solutions technologiques comme Campus-Booster.

Nous nous développons à l’international et avons ouvert des écoles notamment en Chine, au Royaume-Uni et au Canada. L’école encourage en effet la mobilité internationale.

Une enquête TNS-Sofres d’août 2007 classe Supinfo à la troisième place des écoles d’informatique préférées des recruteurs et dans le top 20 national de toutes les écoles d’ingénieurs. Suprinfo jouit d’une excellente image auprès des entreprises, comme en témoigne le président de Microsoft France, parrain de la promotion 2006, qui la qualifie d’ « école prestigieuse ».

Depuis 2009, les établissements sont gérés en France par des entreprises franchisées, selon une répartition géographique. Si nous sommes effectivement en procès avec certains franchisés, nous démentons avoir tenu à leur égard les propos qui nous sont imputés dans cet article. »

La réponse de l’Etudiant

Letudiant.fr a bien contacté Monsieur Alick Mouriesse, président de Supinfo, avant publication de son enquête, et confirme la totalité de son enquête ainsi que les propos qui lui sont imputés.

Si nous laissons à M. Mouriesse la responsabilité de la présentation de son école au sein de ce « droit de réponse », nous devons néanmoins préciser que Supinfo n’est pas une école d’ingénieurs habilitée par la CTI (Commission des titres d’ingénieur).

Fabienne Guimont, avec Sylvie Lecherbonnier
Février 2010


Pour en savoir plus
En complément de notre dossier, l'enquête d'Educpros sur Supinfo et ses franchises. 
Sommaire du dossier
Inscriptions à SUPINFO : à qui se fier ? E-learning : une expérience pédagogique à haut risque Teaching assistants : les limites d’un système ? Diplôme, labos, recrutement… Les promesses de Supinfo Supinfo Bordeaux et Toulouse : où s’inscrire pour la rentrée 2010 ?